25 janvier 2016

Ville de Genève : la droite élargie déjà larguée?

En décembre dernier, lors du débat budgétaire 2016, la droite élargie PDC-PLR-MCG-UDC a imposé « son » budget réduisant quelque peu les dépenses de la Ville de Genève. La gauche a mal vécu ce vote : deux référendums ont été déposés. Parmi les coupes contestées, la réduction des fonds généraux destinés à la culture a été prise comme un véritable crime de lèse-majesté. Durant tout le débat, le PDC a été la cible principal de l’Alternative et de l’extrême-gauche, dénonçant à qui mieux-mieux le dangereux rapprochement du parti centriste avec la droite, l’extrême-droite voire même l’ultra-droite. Le PDC n’a pas tremblé, sachant qu’au final il récoltait le vote des partis de droite pour revoir à la baisse les tarifs des places en crèche. Un dossier qui figure dans une lettre du 1er juin 2015 adressée par ces mêmes partis de droite au conseil administratif. Jusqu’au budget, la droite du municipal a été conséquente avec le programme tel qu’annoncé.

Aujourd’hui, le PDC revient sur la coupe concernant les fonds généraux et demande un audit pour, selon les résultats, revenir sur le vote budgétaire. A la lecture d’un article signé par Anna Vaucher (voir La Tribune du 23 janvier), le PLR et le MCG suivraient la démarche du PDC. Pour moi, à titre personnel, il n’en est pas question.

Revenir sur une décision de cette importance (-700’000F), c’est admettre l’amateurisme des propositions de la droite. Ainsi, selon le résultat d’un audit fait par un service de M. Kanaan sur les fonds généraux mis à disposition de ce même M. Kanaan, trois partis sur quatre reviendraient sur leur décision. Il y aurait donc eu erreur d’appréciation. La droite n’a pas compris que l’entier de la somme dévolue aux fonds généraux est nécessaire. Elle coupe, elle coupe, la droite, sans être certaine de ses choix. Pareil tête-à-queue politique prouve que notre attelage ne tient pas la route. La confiance disait Marcel Pagnol, c’est comme les allumettes qui ne servent qu’une fois. Les budgets 2017, 2018 et 2019 sont-ils déjà joués ?

Plutôt qu’un simple audit intra-départemental, je propose que la Cour des comptes mette son nez dans ces fonds généraux – et même dans tout le département de la culture - et analyse la pertinence des dépenses. Voilà qui aurait l’avantage d’éclaircir les débats budgétaires, loin des cris hystériques des milieux culturels.

De plus, un vote est prévu (vraisemblablement en juin) suite aux référendums déposés contre les coupes budgétaires. Il permettra à la population d’exprimer son opinion. Comment se positionneront le PDC, le PLR et le MCG alors qu’ils annoncent ce week-end être prêts à revoir leur position sur l’un des deux référendums déposés? Je constate avec tristesse que cette posture tarabiscotée s’annonce d’ores et déjà catastrophique pour l'union des partis de droite. Sérieux s’abstenir.

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18 janvier 2016

EURO 2016 : une Fan Zone, ou pas ?

Puisqu'il le faut... j'interpelle par écrit le Conseil administratif de la Ville de Genève.

Dans le cadre de la Coupe du monde de football 2014, la diffusion des matchs sur grand écran, de nombreux concerts ainsi qu’une trentaine de stands, bars et restaurants ont fait de la « Fan Zone » des Vernets un succès populaire à moindres frais pour la Ville.

Du 10 juin au 10 juillet 2016, aura lieu cette fois l’UEFA EURO 2016.

C’est ainsi non sans étonnement que l’on a pu entendre que l’esplanade des Vernets ne serait pas retenue comme « Fan Zone » pour l’EURO 2016 au motif que cela occasionnerait trop de nuisances sonores et de problèmes de sécurité.

Il semblerait que le Conseil administratif ait des vues sur Palexpo (très excentré) ou encore l’ « Open-Air Cinéma Salt » du Port-Noir (aux bordures du Quai Gustave-Ador). La plaine de Plainpalais ne serait quant à elle pas appropriée en termes logistiques.

A moins de 5 mois de l’EURO 2016, le Conseil administratif peut-il indiquer :
- Quelles sont ses intentions exactes quant à l’organisation d’une « Fan Zone » et à la sélection du lieu?

 

 

 

 

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13 janvier 2016

MAH : Le dernier coup de bluff de MM. Kanaan et Gandur?

En avril 2015, l’UDC-Ville de Genève a demandé par courrier à M. Sami Kanaan, en vain, des précisions sur plusieurs problèmes liés à la convention signée entre la Ville de Genève et la Fondation Gandur (FGA), à savoir :

- une donation qui aurait dû être approuvée par le Conseil municipal, car assortie de charges et conditions excessives et inégales avec un impact sur les finances communales, et une condition sine qua non : la réalisation du projet Nouvel ;
- une intrusion de la FGA dans la politique culturelle et la planification des expositions du MAH ;
- des frais d’exploitation, de conservation et d’assurances intégralement à la charge de la Ville de Genève ;
- une hausse considérable des coûts.

Force est de constater que dans la mouture du 12 janvier 2016, aucun des problèmes de fond soulevés par l’UDC ne sont résolus et les précisions apportées procèdent d’un simple «toilettage».

Ainsi, par exemple, «les revenus provenant des expositions seront acquis à la FGA en fonction de la répartition des coûts financiers nécessaires à la réalisation des expositions concernées» (art. 4.3) devient «les revenus provenant des expositions seront répartis au pro rata de l’apport de chacune des institutions».

Ou encore, «le MAH mettra à disposition de la FGA ses collaborateurs pour la mise en place des objets et la surveillance dans les salles où se déroulera l’exposition. Cette prestation gratuite sera chiffrée et devra être enregistrée par la FGA à ce titre» (art. 4.4) devient «le MAH mettra à disposition de la FGA ses collaborateurs-trices pour la mise en place des objets et la surveillance dans les salles où se déroulera l’exposition. Cette prestation qui ne fera pas l’objet d’un paiement sera néanmoins chiffrée et enregistrée comme apport financier pour le calcul de la répartition des revenus».

Pour l’assurance «Tous risques expositions», on reste bien sûr dans le même esprit. Ainsi, bien que M. Sami Kanaan ait annoncé que la FGA prendrait seule à sa charge toute extension de couverture, l’art.7.5 de la Convention modifiée est absolument identique à l’art. 8.6 de la Convention initiale : «(…). La FGA s’engage à transmettre toute extension de la couverture qu’elle pourrait contracter!»

Il reste toujours «entendu que la FGA ne participera pas aux frais de fonctionnement du MAH et réciproquement» (art. 5.6). Les charges d’exploitation restent donc en mains de la Ville de Genève qui n’est toujours pas parvenue à les chiffrer et nous sommes rassurés d’apprendre que nous ne devrons pas prendre en charge les frais de fonctionnement de la FGA !

En outre, le Conseil administratif ne met toujours pas en avant - et c’est pourtant fondamental - le fait que, malgré l’évolution importante des coûts (80 mios frs à 140 mios frs), la FGA maintient sa participation conditionnelle et maximale de 40 mios frs pour l’extension seule alors que la Convention révisée fait état d’un coût de 53 mios frs pour la création même de l’ « Espace FGA ».

C’est bien sûr sans compter sur le résultat de la votation du 28 février prochain qui rendra nulles à la fois le projet et cette nouvelle et insatisfaisante convention si le peuple refuse le crédit de 132 mios frs pour la réalisation du projet Nouvel, véritable folie des grandeurs de la Ville de Genève.

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03 janvier 2016

2016, l’UDC, l’actualité

Yvan Perrin m’expliquait récemment qu’un regard dans le rétroviseur prouvait la clairvoyance de l’UDC. Autant de dossiers défendus par ce parti depuis 20 ans (la sécurité, les frontières, la souveraineté, l’islam, l’immigration, etc.) et combattus par l’ensemble de la classe dirigeante, autant de dossiers en lien avec le quotidien des Suisses. Il en est ainsi de l’initiative contre l’immigration de masse qui a ouvert les yeux à de nombreux acteurs politiques et économiques, à commencer par M. Schneider-Ammann.

Dans un entretien accordé ce jour au Matin Dimanche, notre tout nouveau président de la Confédération « attend que l’économie s’investisse pour mieux intégrer le potentiel de main-d’œuvre indigène dans le marché du travail ». Plus qu’un vœu (que l’on souhaite autrement que pieux!), c’est un aveu. Et qui va loin puisque M. Schneider-Ammann reconnait même que « L’Etat doit réduire sa main-d’œuvre dans les domaines de la santé, de l’administration et de la formation. Qui aurait tenu de pareils propos avant le 9 février 2014 ?

C’est une évidence, particulièrement dans les cantons proches des frontières, que celle d’une économie qui ne fait pas tous les efforts qu’il faudrait pour employer les travailleurs locaux et profite un maximum de la libre circulation. Une bonne partie des « spécialistes », introuvables sur le marché suisse, pourraient donc se trouver à portée de main.

Les déclarations de M. Schnerider-Ammann marquerait-elle un tournant dans l’embauche massive de travailleurs étrangers ? On l’espérait au printemps 2014, en écoutant Rolf Dörig, président du conseil d'administration de l'assureur Swiss Life et spécialiste du travail temporaire Adecco. Il voyait dans l'initiative sur l'immigration de masse une chance: "Nous autres dirigeants de l'économie avons trop longtemps suivi exclusivement les intérêts des entreprises", déclare-t-il dans la Schweiz am Sonntag. "Trop longtemps, nous n'avons pas perçu ce qui se passe dans la société", a-t-il ajouté. Le partenariat social, le contrat entre les générations et la cohésion sociale sont au bord de basculer. "Personnellement, je suis heureux de la décision du peuple car elle nous conduit à discuter des thèmes importants".

On l’espérait encore fin janvier 2015, lorsque economiesuisse a présenté un plan pour valoriser les femmes ou les plus de 50 ans pour anticiper la pénurie de personnel qualifié, se tournant ainsi vers la main-d’œuvre indigène. L’association patronale tenait un langage nouveau, un brin surprenant après les déclarations de son président, Heinz Karrer, pour qui « réduire la venue en Suisse d'une main-d’œuvre hautement qualifiée de l'étranger influencera négativement la place économique helvétique ».

On l’espère toujours, mais en faisant preuve de beaucoup de patience, en lisant les propos de M. Schneider-Ammann, toujours dans Le Matin Dimanche, qui poursuit sa réflexion sur la main-d’œuvre local en reprenant son bouquet de mesures lancé en 2011 par son département et qui vise à encourager le recours au potentiel offert par la main-d'œuvre indigène. Mais prévient-il, elle ne donnera des résultats qu’en… 2018.

L’initiative de l’UDC a donc provoqué un débat en profondeur. Un débat de valeurs: la place des Suisses en Suisse, celle de l’étranger, de l’accès au travail et de la concurrence induite par la libre-circulation, de l’égalité de traitement, du droit de s’installer où l’on veut, de l’économie et du profit, du protectionnisme. De notre avenir. Yvan Perrin a raison : l’UDC est bel et bien le seul parti qui suscite des débats en lien avec les préoccupations quotidiennes des citoyens.

 

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02 janvier 2016

Allocution du président de la Confédération : banal à mourir

Il n'est pas étonnant de constater que la presse helvétique a consacré plus de temps à commenter la photo du Conseil fédéral qu'à décortiquer l'allocution de M. Schneider-Ammann, président de la Confédération. Une allocution sans surprise au contenu politique habituel. 1er août ou 31 décembre, ce sont les mêmes formules qui sont rabâchées. Formules toutes faites qui ne sont plus chocs à force de redites caricaturales d'un personnel politique au pouvoir depuis trop longtemps. Formules étonnantes de ringardise qu'aucune critique ne vient jamais contester alors que les temps sont de plus en plus durs, que les citoyens sont ballotés par des vents mondialistes furieux, que les lendemains sont incertains pour la plupart des Suisses. Pour la presse, aucune remise en question ne vient ponctuer un exercice du pouvoir vieilli, aux recettes éculées. Aucun débat de fond, aucune question dérangeante n’a suivi cette allocution. Seule la détermination à combattre l’UDC est perceptible dans les propos d’un président interchangeable.

Dans ce discours creux, retenons une formule citée par Le Temps: "Nous devons assurer la voie bilatérale et préserver ainsi notre souveraineté. L’ouverture au monde a toujours été notre devise. Elle a fait notre succès." Qui répondra, poliment, au président de la Confédération que l'ouverture au monde n'est une devise que pour celles et ceux qui nous gouvernent, que la voie bilatérale n'est pas un gage de souveraineté et que notre succès n'est pas la résultante de ces deux politiques qui n'ont jamais fait l'objet d'une votation populaire? Il ne manque que le couplet sur les droits de l'homme pour n'oublier aucun des dogmes républicains qui nous sont imposés depuis l'après-guerre.

Dans un contexte de politique extérieure d'une rare violence, immigration imposée et djihadistes en prime, de valeurs traditionnelles explosées et d'une politique intérieure fragile (assurances sociales et emplois), pouvait-on attendre un discours à la fois rassurant, volontaire et patriotique? Le discours d'un président de la Confédération qui entend défendre les siens pris dans le tourbillon d'une actualité dramatique et en perpétuelle accélération, qui remette en question les valeurs dont on nous rabat les oreilles à chaque occasion? La réponse est évidemment non. Ainsi personne n'est déçu, personne n'est dupe. 2016 s’annonce pénible avant même que d’avoir commencé.

 

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