23 mai 2016

Autriche : l’ascension du FPÖ n’est pas résistible mais bel et bien irrésistible

Quelles conclusions tirer de la victoire des vieux partis autrichiens à la présidentielle ? Que l’audience du Parti de la liberté (FPÖ)​ de Norbert Hoffer ne cesse de progresser. 15% des voix en 2010, 21% aux législatives de 2013, ​le FPÖ obtient 36,4% au premier tour et 49,7% au second tour de l’élection à la présidence. Qu’il a fallu que tous les forces politiques au pouvoir depuis 1945 s’allient pour faire barrage au FPÖ.

Mais surtout, l’Autriche nous prouve que la défiance de la population vis-à-vis de ses gouvernants et de l’Union européenne est irréversible. Preuve en est la volte-face récente du gouvernement autrichien sur la question de l’asile. Avec, à la clé, des mesures plutôt radicales telles que l’obligation faite aux migrants de prouver qu’ils sont persécutés dans le pays par lequel ils sont arrivés, de rentrer chez eux une fois la guerre terminée, de passer un examen tous les trois ans et une limitation du regroupement familial.

Malgré ces mesures dignes de figurer dans le programme de tout parti « d’extrême droite » qui se respecte, ce durcissement subitement décidé par les vieux partis n’a pas convaincu la population. Elle a plébiscité le FPÖ au premier tour de l’élection présidentielle, larguant le candidat vert à seulement 20%. Au second tour, un Autrichien sur deux a apporté son soutien à Norbert Hoffer.

Contrairement aux dires d’un ancien président du PDC, cette ascension n’est pas « résistible » mais bel et bien irrésistible.

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20 mai 2016

N'ayez pas la trouille : ce sont des coupes bien modestes !

Coucou, qui voilà ? Manuel Tornare, évidemment! Dans une lettre distribuée à tous les ménages genevois, l’ancien maire de Genève dit tout le mal qu’il pense des coupes financières, pourtant modestes, que la droite du municipal a décidé lors des débats budgétaires en décembre dernier et qui sont soumises à votations le 5 juin prochain.

Ce populaire politicien socialiste nous la joue en version catastrophe, nous promettant la fin de la Ville solidaire, l’isolement pour les personnes âgées, les difficultés inouïes pour les associations, les bibliothèques municipales, la propreté de nos parcs publics, etc. Seule la météo ne semble pas touchée par ces coupes financières.

Il n’est donc pas inutile de rappeler qu’il s’agit de coupes linéaires minimes de 2,5% dans les « biens, services et marchandises » (groupe 31) et de 2% dans les subventions monétaires accordées (groupe 36).

Il ne s’agit donc pas de supprimer l’intégralité des subventions accordées aux centaines d’associations, comme le laisse croire abusivement la missive de Manuel Tornare avec ses arguments catastrophistes, mais de leur demander un effort, minime.

Prenons un exemple : le Fonds chômage. Celui-ci fait l’objet d’un projet de délibération (PRD-109) « Stop au subventionnement du business de la précarité: modification du règlement pour une politique active en matière d'intégration sociale et professionnelle du 9 septembre 2003 » déposée en Ville de Genève par l’extrême gauche elle-même. Elle y dénonce des critères d’attribution insuffisamment ciblés et ne permettant pas à la Ville de Genève de mesurer véritablement le taux de réinsertion sociale et professionnelle des bénéficiaires des mesures subventionnées. Et d’ajouter : « il est aujourd’hui permis de penser que certaines subventions octroyées à des associations par la Ville servent surtout à financer la structure elle-même et certains salaires de manageurs, déviant ainsi le Fonds chômage de son but premier ».

Cela laisse songeur et rappelle l’audit accablant mené sur les UAC, dénonçant un manque de pilotage, de cadre de référence, de cibles définies et d’une vraie politique de l’action communautaire.

Si les coupes sont balayées le 5 juin prochain, nous ne manquerons pas de demander des audits sur tout le secteur subventionné.

Contrairement à Manuel Tornare, l’UDC se demande - question rhétorique – si « Genève, sa gueule » ou « La Ville est à vous », par exemple, constituent des prestations essentielles à la population et si la cohésion sociale serait menacée par des coupes infimes dans ces évènements ou dans les subventions accordées à la fédération genevoise des associations LGBT.

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