31 août 2016

RIE III : Au fond, cette réforme je la déteste !

On en entend parler depuis longtemps, au point que le sujet nous semble familier. C’est peut-être là que se situe le piège. La réforme des entreprises, telle que nous l’a présenté le Conseil d’Etat, semble ne devoir être discuté que par quelques initiés à cet acronyme. Même le référendum promis par la gauche posera problème, puisque l’on ne votera pas sur la réforme elle-même mais sur certains aspects nécessitant sans doute plusieurs référendums. En fait de piège, c’est une piège à cons.

C’est aussi un gag. Et coûteux avec ça !

- Salut les terriens, on va réformer l’impôt sur la fortune des entreprises et canton et communes vont perdre 500 millions de francs ! Quelques mesures d’accompagnement, que l’on nous dit passagères, suffiront-elles à compenser les centaines de millions qui s’envolent tel un dessin de Folon ? Non, du moins pas tout de suite. Notre responsable des finances nous explique sans rire qu’il faudra soit des coupes budgétaires (en entend grincer les dents de la fonction publique), soit on augmente la dette durant un minimum de cinq ans (là, vous entendez le grincement de mes dents). On évoque un montant d’un milliard. Des peanuts pour les Genevois. Connaissant le puissant lobby des fonctionnaires, je vous laisse deviner la solution qui sera retenue…

Incapable de boucler un budget, de tenir ses engagements, de respecter la loi (il faudra geler pour cinq ans le mécanisme de frein aux déficits), gravement endetté, avec un budget 2017 certainement déficitaire, le Conseil d’Etat perd les pédales avec un projet mal ficelé, pas sérieux, qui ne plaît pas plus à la gauche qu’à la droite. Jusqu’à quand, va-t-on se satisfaire de propositions farfelues, type RIE III à la sauce genevoise ? Qui donc va siffler la fin du match ? Devant les milieux économiques, Pierre Maudet a défendu énergétiquement ce projet, allant jusqu’à une déclaration d’amour : - Au fond, cette réforme je l’aime. Eh bien moi, au fond cette réforme je la déteste. Je sais d’expérience qu’elle sera coûteuse pour tous les Genevois et objet de hausse d’impôts et autres taxes de tout genre. C’est perdant-perdant. Oui vraiment, cette réforme je la déteste !

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Commentaires

Et tout ça pourquoi ? Pour permettre à tous ces messieurs-dames de payer ses services et ses biens le moins cher possible.
Ben oui, on appelle ça le libre marché, la concurrence internationale et tout son lot de règles qui vont avec.
Nous sommes tous responsables du monde dans lequel nous vivons. Personne ne semble d'accord, mais personne n'est prêt à faire le moindre geste pour que ça change et surtout pas être le premier con qui s'y colle.

Écrit par : Pierre Jenni | 31 août 2016

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