25 novembre 2016

La présidentielle française et ses sacrosaintes valeurs républicaines

J’ai écouté avec plaisir le débat que nous a offert le parti Républicain français et ses deux candidats d’une égale et excellente qualité. Voilà qui nous change de l’Amérique. Mais enfin, derrière ce vernis soyeux, comment ne pas voir que le support est vieilli.

A part quelques divergences, ces deux politiciens tiennent un discours poli mais en grande partie déconnecté des préoccupations des Français. Ainsi n’y a-t’il pas été question d’immigration, d’islamisation (et de territoires français occupés et hors de contrôle du pouvoir) pas plus que d’Union européenne. Pressés de se distancer de Vladimir Poutine, ces deux candidats n’ont pas trouvé judicieux d’évoquer la perte de souveraineté de la France au sein de l'Union européenne, la perte de son leadership au Proche-Orient, ni de sa relation avec l’Allemagne ? C’est soit ne pas les voir, c’est soit ne pas vouloir les voir.

Il n'est donc pas étonnant de constater que François Fillon et Alain Juppé partagent la même approche du voile (ou presque) qu’ils ne veulent pas interdire, ils restent immuablement favorable pour conserver le droit du sol et sont contre l’internement des individus fichés « S ».

Je pensais, au soir du premier tour, en observant le score monumental de François Fillon qu’il allait se positionner clairement à droite, s'assurant ainsi un électorat qui se balance entre Front National et parti Républicain, qui par dépit choisi le FN mais qu’aurait pu revigorer un François Fillon moins bourgeois, moins XXe siècle, moins démocrate-chrétien. Et un catholique plus catholique. La distance qu’il a pris avec la question de l'avortement démontre qu'il est républicain avant d'être catholique. Quel évêque lui rappelera que L’Église est contre l’avortement car elle est toujours pour la vie et la protège inconditionnellement, surtout là où elle est la plus vulnérable ?

Nos deux républicains ont donc ignoré superbement les thèmes liés aux flux migratoires que l’Europe de l’Est, l’Autriche, l’Angleterre, les Etat-Unis, la Suisse, débattent depuis longtemps. L’Italie élira le mois prochain son gouvernement. En cas de victoire, le M5S, grand favori, a annoncé la tenue d’un référendum sur l’Union européenne. Croyez-vous que la question migratoire n’y sera pas mêlée ? Après le Brexit et Donald Trump? Voilà deux candidats à la présidence d'un pays déchiré sur ces questions qui n’ont rien à dire malgré leur tour de France de la rencontre et de la proximité. Je vous laisse deviner avec quelle force Marine Le Pen va entrer en campagne sur ces thèmes contre l’un de ces deux ex-premier ministre.

J’ai trouvé finalement Alain Juppé plus sincère dans ses positions, plus humain aussi et fidèle à sa place de centriste. La claque qu'il a reçu dimanche l’a forcé à passer de leader à celui d’outsider. Il a bien réagi et nous a offert le visage de l’homme qui n’a plus rien à perdre, donc qui laisse mieux voir ses forces mais aussi ses faiblesses. Plus sincère, plus structuré, plus cohérent aussi et plus concret dans son rôle de défenseur des valeurs républicaines. Tout n’est peut-être pas encore joué. Car c’est cela la politique et c’est pour cela que l’on l’aime. Parce que c'est une histoire d’hommes et de femmes où tout n'est pas écrit avant l'heure.

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