10 janvier 2017

Le MCG dribble autour du foot communautaire

Il suffit que l’on évoque les migrants et les clandestins pour que l’on sombre dans le sentimentalisme et le flou juridique. Ana Roch, discrète présidente du MCG et conseillère municipale à Vernier, n’y échappe pas lorsqu’elle dénonce «une injustice criante» dans La Tribune de Genève, soit la faute sans doute morale à ses yeux que l’Association suisse de football (ASF) commet en ne délivrant pas à des « sans papiers reconnus » (qu’est-ce que ce charabia ?) un passeport leurs permettant de jouer dans les championnats officiels.

Ana Roch évoque les « requérants mineurs » (une autre catégorie de clandestins ?) qui, dans nos clubs sportifs, ne peuvent pas participer aux matches pour des raisons légales. «On pourrait inventer une licence pour ces situations spéciales qui se multiplient», estime l’élue MCG. On attendait la gauche dans ce type d’acrobaties juridiques mais c’est, cette fois, le MCG qui s’y prête.

Pour être bien certaine de faire mouche au sein du délibératif de sa commune, la présidente du MCG a invoqué l’intégration par le football pour une catégorie de migrants qui n’ont pas vocation à rester sur notre sol, du moins tant qu’ils ne répondront pas aux lois suisses sauf à les contourner évidemment. Mais est-ce que le foot est un remède à l’intégration ? Ou est-ce, qu’au contraire, le foot est une cause supplémentaire conduisant au communautarisme, voire un support à la propagande musulmane ?

La question est assurément honteuse. La réponse va de soi : vive le football à l’image de la France et de son équipe black-blanc-beur ! Le mensuel « Causeur » de ce mois a néanmoins l’outrecuidance de poser cette vilaine question dans un article intitulé « Foot, banlieue, violence : le stade critique ».

Si la Fédération Française de Football (FFF) refuse d’admettre la violence du foot, à l’image de l’enseignement public, d’autres institutions dénoncent les nombreuses dérives observées dans ce sport telle l’Union national des arbitres de football (Unaf) qui a enregistré 68 agressions contre des arbitres depuis le début de la saison 2016-2017 alors que l'observatoire de la FFF en a enregistré... 5. « La spirale qui nous menace est de perdre les licenciés paisibles pour devenir un sport de voyous. (…) Voir ses enfants se faire caillasser pendant un match, ce n’est pas possible » déclare le secrétaire général de l’Unaf. Violences clairement ethniques, insultes et tentatives d’intimidation jalonnent les matches de foot, quand ce n’est pas le prosélytisme islamique qui s’installe dans cette discipline sportive, le croissant et l’étoile coranique apparaissant depuis quelques années dans les blasons des clubs français. Mais évidemment, pas d’amalgame ni de discrimination.

Ainsi que le relève le journaliste : « Le malentendu initial est peut-être d’en avoir fait (du football) un vecteur d’intégration sociale. (…) Il ne s’agit plus de comprendre comment le foot crée du lien, mais de mesurer à quel point il élargit les fractures ». Le club Avanchet-Sport, qu’Ana Roch préside, n’est pas plus à l’abri que les clubs français de la dérive du « ballon sur bitume » (1) où se retrouvent de nombreux jeunes issus de l'immigration se comportant chez nous comme chez eux. Sans réelles mesures éducatives, le football suisse ne fera pas mieux qui celui de nos voisins. Si ce n'est pas déjà le cas. Déroger aux règles reste encore la règle pour Ana Roch et le municipal de Vernier. L'intégration n'étant qu'un prétexte, une coquille vide, que l'on invoque mais que l'on applique pas. Un dribble sémantique autour du foot communautaire.

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(1) « Ballon sur bitume » : documentaire de foot des cités, sorti en novembre 2016 et subventionné par Nike.

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Commentaires

Excellent !

Écrit par : norbert maendly | 10 janvier 2017

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