12 janvier 2017

Arithmétique carougeoise

Théâtre de Carouge or not Théâtre de Carouge ? Lors du prochain Conseil municipal (17 janvier), la Ville de Genève pourrait s’opposer par voie de résolution à l’une des décisions prises par l’association des communes genevoises, à savoir la demande par la Ville de Carouge d’un crédit de 7 millions (initialement fixé à 5 millions) pour compléter le montage financier de la reconstruction de son Théâtre d’un coût total de 54 millions. Dans sa décision D-30.44, les explications de l'ACG sur ce fameux montage restent toujours aussi fumeuses que celles données en 2014 par les autorités carougeoises, un montage financier qui fut contesté à l’époque par l’UDC-Carouge. Les chiffres ont changé, les incertitudes demeurent.

On apprend ainsi que le Conseil d’Etat propose de ne verser que 10 millions sur les 15 millions réclamés pour cet investissement. Une demande de crédit a été déposée en décembre 2016 sur le bureau du Gd Conseil. Il n’y a donc à ce jour aucune certitude quant au versement de cette somme. Pour rappel, le Conseil d'Etat a confirmé au Conseil administratif de la Ville de Carouge, en date du 4 février 2015, son intention d'inscrire au plan décennal des investissements (PDI) un montant de 5 millions pour ce projet. Dans la réponse à la question 310-A, déposée en avril 2015 par le député et conseiller municipal carougeois Bertand Buchs, le Conseil d’Etat rappelait l’importance à ses yeux de la Nouvelle Comédie et son coût important pour les finances cantonales (45 millions), comme pour signifier que son aide ne pourra pas être celle imaginée par l’exécutif carougeois.

De son côté la commune engagera un montant de construction de 21 millions, ce qui est énorme pour cette commune. Il est à présent question de la porter à 24 millions pour éponger théoriquement la différence, ce qui permettrait de réunir les 54 millions de ce projet.

« Le Conseil de fondation du théâtre va également tenter de trouver 16 millions, au lieu de 13, en provenance du secteur privé, qui serait en sa possession » explique crânement Stéphanie Lammar, conseillère administrative carougeoise et responsable des affaires culturelles. « Tenter », « serait » : voilà des verbes qui manifestent l’espérance des aficionados de ce projet mais qui laisse songeur tout financier un peu sérieux.

Alors, ce projet, si balaise que cela ?

Pas tant que cela : le Gd Conseil ne s’est pas encore prononcé sur la subvention qu’il entend attribuer à Carouge.

Pas tant que cela : la commune de Carouge n’a pas encore voté une nouvelle augmentation de sa participation.

Pas tant que cela : le Conseil de fondation « va tenter » de trouver de son côté 3 millions pour boucler le plan financier.

Pas tant que cela : l’association des communes nous propose une décision peu sérieuse, précisant que c’est « pour combler partiellement cette différence » qu’il porte de 5 à 7 millions sa contribution.

L’UDC Ville de Genève pourrait bien s’opposer à ce montage financier fantaisiste imaginé par le Conseil administratif de la Ville de Carouge avec l’aide des pouvoirs publics et les promesses du Conseil de fondation du Théâtre de Carouge, à coup de millions promis ou en attente d’acceptation par les autorités. Mais me direz-vous, c’est ainsi que travaillent les politiciens. Eh bien il est grand temps d’être plus exigeant !

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