20 mars 2017

L’UDC veut la création d’une fondation d’intérêt public communal dédiée au réseau des musées MAH

​Malgré les moyens importants déployés par le magistrat en charge de la culture et du sport et le lobby MAH+ pour «vendre» le projet Nouvel aux Genevois, ceux-ci ont refusé dans les urnes, le 28 février 2016, de passer à la caisse. Et pour cause ! Ce projet, outre son coût faramineux et sous-évalué à CHF​ ​132 ​millions, était truffé d’irrégularités dès sa naissance : procédure d’attribution du marché public au bureau Jucker-Nouvel non respectée, partenariat inégal équivalant à une mainmise d’un privé sur un musée public, coûts pour la collectivité non chiffrés, absence de politique muséale au profit d’un projet architectural portant de surcroît atteinte à un bâtiment classé à l’inventaire fédéral, forcing du processus décisionnel et mise à l’écart dès le départ de toutes les parties intéressées, notamment les associations de protection du patrimoine.

Au final, la Ville aura dépensé CHF 7​ millions​ ​de crédits pour des études qui ne seront pas réutilisables. Un projet de motion signé par la quasi-totalité des commissaires aux finances a été déposé, exigeant de l’exécutif qu’il fournisse tous les documents qui permettraient de dissiper ses doutes quant au respect des règles d’attribution des marchés publics. Pour couronner le tout, la Genferei 2016 a été décernée à M. Sami Kanaan pour cette affaire du MAH.

Malgré tous ces messages pourtant clairs, les magistrats Kanaan et Pagani ont persisté vouloir lier la rénovation du bâtiment Camoletti à son agrandissement, tandis que M. Sami Kanaan n’a rien trouvé de mieux, pour élaborer un projet culturel, que de mettre sur pieds une commission externe qui, comme sa dénomination l’indique, est composée de membres venus de l’étranger et d’autres cantons, à l’exclusion des partis politiques représentés au Conseil municipal, de l’autorité scientifique de l’Université,  des associations de protection du patrimoine et des importants partenaires du MAH, comme par exemple la Société des Amis du Musée d’art et d’histoire (SAMAH), qui compte quelque 1400 membres, ou encore Hellas et Roma.

Il est d’ailleurs affligeant de constater que le MAH attend une véritable politique muséale depuis 1998 et que le directeur actuel engagé dans un contexte explosif n’y ait pas travaillé, se contentant, selon ses propres termes (TdG, 04.01.12), «de préparer la restauration et l’agrandissement du musée». En parallèle, les effectifs ont doublé en 15 ans, avec notamment l’engagement de médiateurs culturels, sans apporter aucune plus-value en termes d’attractivité. 

A noter encore la politique d’engagement dans le réseau MAH qui a suscité de nombreux questionnements et interventions au Conseil municipal. Pour l’UDC-Ville de Genève, il est impensable que le réseau MAH, avec un budget de CHF 34 ​millions par an, ne soit chapeauté que par un directeur et un magistrat, alors que toutes les autres institutions culturelles de la Ville de Genève sont organisées en fondations d’intérêt public communal.

C’est pour cette raison, et au vu du bilan déplorable du MAH décrit plus haut, que les élus municipaux UDC en Ville de Genève ont décidé de déposer un PRD pour la création d’une fondation d’intérêt public communal dédiée au réseau des musées MAH (voir pièce jointe)​.

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