18 avril 2017

La Ville est-elle intéressée par le bâtiment de l’Ecole des beaux-arts ?

La générosité de la Fondation Hans Wilsdorf va permettre la concentration des principales activités de la Haute Ecole d’art et de design (HEAD) aux Charmilles. Ainsi, comme cela était prévu depuis des décennies, la HEAD pourra libérer divers bâtiments dont celui qu’elle occupe au boulevard Helvétique fin 2019. Ce bâtiment, adjacent au Musée d’art et d’histoire pourrait offrir des surfaces d’exposition supplémentaires à un musée dont une infime partie seulement des collections est exposée au public.

Avec le déménagement de la HEAD s’éloigne le spectre d’une extension irréfléchie, telle celle imaginée par Jean Nouvel et refusée par les électeurs de la Ville de Genève parce que défigurant l’œuvre originelle de Marc Camoletti. Avec cette opportunité, s’éloigne aussi le besoin de réaliser des travaux de terrassement onéreux sous la cour du bâtiment pour loger les équipements qui avaient été prévus sous la cour.

Question déposée au Conseil municipal de la Ville de Genève :

Quelles démarches le Conseil administratif de la Ville de Genève a-t-il entrepris en vue de récupérer du canton le bâtiment de l’Ecole des beaux-arts situé au boulevard Helvétique ?

 

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12 avril 2017

Une loi sur l’énergie prise dans la nasse européenne

Doris Leuthard répond dans Le Temps  du 31 mars à d’intéressantes questions posées par le journaliste Bernard Wuthrich. Au détour de l’une d’elles, surgit la question européenne peu abordée jusqu'à présent. Un aspect de la loi qui est pourtant loin d’être superficiel.

Le 21 mai prochain, nous voterons sur la loi sur l’énergie (LEne). La conseillère fédérale Doris Leuthard, ministre de l’énergie, pose les bases de la campagne qui commence ces jours dans un entretien qu’elle a accordé au Temps. La consommation doit diminuer affirme-t-elle. Pour ce faire, plusieurs buts sont visés. Parmi ceux-ci, l’actuelle présidente de la Confédération souhaite intégrer la production et la consommation d’énergie de la Suisse dans le marché européen. Elle pense évidemment aux problèmes liés à l’approvisionnement électrique durant les mois d’hiver.

Si, en 2007, la Suisse et l’UE négociaient l’accès mutuel au marché de l’électricité, le dossier s’est élargi au cours des années. L’accord sur l’électricité originel est devenu un accord sur l’énergie qui comprend d’autres domaines tels que l’efficacité énergétique et la promotion des énergies renouvelables.

Le marché européen de l’énergie franchira une nouvelle étape en 2021-2022 en lien avec les accords de Paris sur le climat. Pour Doris Leuthard, ce marché a « une grande signification pour la Suisse ». Il ne faut donc pas s’étonner que tous les standards mentionnés dans la loi sur l’énergie par le Conseil fédéral correspondent à la feuille de route européenne en matière énergétique, l’un comme l’autre aspirant à une mutation profonde de l’approvisionnement.

Ainsi en est-il de la consommation d’énergie moyenne par personne devant être réduite d’ici à 2020, idem pour la consommation d’électricité, de la part obligatoire d’énergie non renouvelable pour le chauffage et l’eau chaude ou encore l’abaissement des émissions de CO2. Tous ces chiffres se trouvent dans les différentes directives sur l’écoconception de l’UE ou autres réglementations européennes. On comprend mieux les standards élevés et non négociables de cette loi défendus par le Conseil fédéral.

C’est pourquoi notre « énergique » ministre espère obtenir un accord bilatéral sur l’électricité avec l’Union européenne. Or les négociations sont à l’arrêt depuis leurs débuts en 2007. Et les problèmes n’ont cessé d’augmenter depuis lors. On pense évidemment à l’initiative de l’UDC (encore elle !) contre l’immigration de masse qui a refroidi les discussions entre notre pays et l’UE. On pense également à la reprise obligatoire du droit européen ou à des nouvelles règles nécessaires à la surveillance de ces mêmes accords qui n’ont toujours pas abouti.

Toutes ces questions devaient tourner dans la tête de Doris Leuthard lors de sa récente rencontre avec Jean-Claude Juncker, président de la commission européenne. Une visite à Bruxelles, soit dit en passant, qui n’a guère fait avancer les dossiers, malgré des déclarations de circonstance et le désir clairement exprimé par le Conseil fédéral de reprendre les négociations avec l’UE et d’aboutir à un accord d’ici la fin de cette année. Le Conseil fédéral va donc rouler plus vite sur ces dossiers en souffrance et va donc passer par-dessus les récentes déclarations des partis bourgeois soudainement opposés à l’accord-cadre. Le dossier énergétique, en cas d’accord du peuple le 21 mai prochain, sera prêt à l’usage puisqu’euro-compatible.

Seule l’UDC dénonce cette loi catastrophique pour l’avenir de la Suisse. Nous étions assurés d’un approvisionnement énergétique d’un coût acceptable. Cela ne sera plus le cas si le peuple suisse accepte la loi sur l’énergie. C’est toute notre prospérité qui est mise en jeu par cette loi qui aborde de façon dogmatique (propre à plaire à l’UE) notre approvisionnement énergétique. C’est le prix habituel à payer pour entrer dans le marché européen de l’énergie. A ses conditions, évidemment.

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03 avril 2017

Exposons les trésors des Ports Francs

Sans titre 1.jpgL’exposition qui se tient du 14 mars au 30 septembre au Musée d’art et d’histoire est passionnante à plus d’un égard. Tout d’abord pour la beauté des neufs œuvres présentées. Ensuite pour les raisons qui ont conduits ces biens archéologiques à être exposés au MAH. C’est grâce au Ministère public qui les a confisqués à la suite à un contrôle de l’Administration fédérale des douanes aux Ports Francs. Dans l’attente d’une restitution à leurs pays d’origine, le MAH s’est vu confier ces pièces, à titre temporaire, pour en assurer la conservation et les présenter au public.

Les Ports Francs genevois sont l’un des lieux sous douane les plus importants du monde. Un quotidien zurichois a estimé à 100 milliards de francs la valeur des dépôts réunis à Genève.  L’on parle de plus d’un million d’œuvres d’art qui seraient conservées en bas de la route du Gd-Lancy, dont la moitié "sous douanes", un trésor dont le caractère exceptionnel et remarquable va du vase étrusque au Modigliani.

Ainsi, en 1939, Genève a accueilli 1’868 caisses contenant les trésors du Musée du Prado, évacuées de Madrid bombardée à la veille de la prise de pouvoir par Franco et réceptionnée par le Secrétaire de la SDN Joseph Avenol. Le Musée d’art et d’histoire a exposé pendant la Seconde Guerre mondiale 174 toiles issues de ce dépôt.

Ou plus récemment, l'histoire de "La Belle Princesse", ce portrait sur vélin, à la craie, au crayon et à l’encre, estimé à 150 millions de francs et déposé aux Ports Francs et qui, comme l’a révélé la Tribune de Genève, est attribué à Léonard de Vinci, malgré les réticences de certains milieux.

En partant du principe que beaucoup de ces dépôts ne relèvent pas d’activités secrètes, je dépose une motion pour demander au Conseil administratif de renforcer la collaboration avec les ports francs en vue de permettre des expositions régulières de pièces dans les musées de l’ensemble muséal de la Ville de Genève et d’entamer une discussion avec la gouvernance des Ports Francs en vue d’informer et de proposer aux déposants intéressés de présenter leurs œuvres au public genevois par l’intermédiaire des musées de la Ville de Genève.

Pièce jointe : motion

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