06 mai 2018

Pas de « bad boy » au Conseil d’Etat genevois

Soir d’élection. Fallait-il sauver le soldat Barthassat pour maintenir la majorité de droite au Conseil d’Etat ? Les Genevois ont répondu très clairement par la négative. Ce qui est curieux si l’on prend en compte que les Genevois ont majoritairement voté à droite pour cette dernière législature (législatif et exécutif). Pas de tickets gagnants pour tous les sortants. Mais il faut avouer que ces Conseillers d’Etat n’ont pas su - ou pu - capitaliser leur action plus que modeste. A leur décharge, un législatif fragmenté au gré des dossiers en a brouillé la lisibilité, si tant est qu’elle eût existé.

Au fil d’une campagne sans saveur, les Genevois n’ont pas pu saisir clairement les enjeux. D’autant plus que les magistrats sortants, de droite comme de gauche, se sont bien gardés de les aider dans cette analyse. Et pourtant, outre le développement  insensé de notre canton et les problèmes liés à l’arrivée importante de musulmans, l’un des gros dossiers est sans conteste la gestion de la fonction publique et de la dette.

Si l’on reste sur cette dernière (la dette), l’actualite économique n’est pas bonne Le FMI pointe du doigt une accélération de l’inflation qui conduirait la Réserve fédérale américaine (la Fed) à relever plus fortement que prévu ses taux d’intérêts. Son nouveau président a prévenu le 21 mars dernier qu’il pourrait procéder, après avoir augmenter le taux directeur d’un quart de point en début d’année, à trois autres relèvements d’ici la fin de l’année. Tout cela sur fond de remontée des cours de pétrole, ce qui alimente la spirale de l’inflation aux États-Unis mais aussi en Europe et en Asie.

Pour revenir à Genève, fallait-il sauver la majorité de droite ? Évidemment non si l’on retrouve les mêmes magistrats. L’incapacité de la droite bourgeoise à imaginer une autre composition gouvernementale pour maîtriser fonction et dette publiques a conduit à remplacer un Conseiller d’Etat de droite par un Conseiller d’Etat de gauche. Exit Luc Barthassat, bonjour Thierry Apothéloz. L’imagination mais aussi l’envie de maîtriser fonction et dette publiques aurait pu conduire la droite bourgeoise à soutenir Yves Nidegger et ainsi sauver une majorité de droite digne de ce nom. La droite avait en main son « bad boy » pour rétablir une politique de droite, diminuer l’importance de la fonction publique et de sa dette abyssale. Mais voilà, personne au PLR, au PDC ou à la FER n’en avait réellement envie. 

On continuera donc à « faire de la politique » entre élus de bonne compagnie.

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Commentaires

Les dealers remercient tous les électeurs genevois!

Écrit par : Dominique Degoumois | 06 mai 2018

Et après on s'étonne que deux électeurs sur trois s'abstiennent. Notre démocratie est moribonde.

Écrit par : Pierre Jenni | 07 mai 2018

Votre exposé est assez convaincant à l'exception d'un chapitre ou vous divaguez avec "les problèmes liés à l’arrivée importante de musulmans" ... Et c'est là où je comprends que vous n'avez rien compris à la politique inclusive participative populiste. Nous n'avons jamais eu de problème avec les musulmans, citoyens suisses ou résidents genevois. C'est une minorité qui englobe plus de 40'000 voix électorales direct et plus de 20'000 voix indirect. Il ne faut pas vous laisser influencer par la politique française envers les musulmans de France. C'est une très mauvaise stratégie politique de combattre les musulmans suisses !

Écrit par : SwisSlub | 09 mai 2018

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