• La politique avant l'économie

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    Avez-vous remarqué la campagne menée par les associations patronales ? Les associations patronales sont totalement satisfaites des performances de la place économique suisse qui sont, selon elles, prospères et compétitives notamment grâce au droit international. Une Suisse soumise juridiquement à Bruxelles ne leur pose pas de problème, bien au contraire. Tant que l’économie va, tout va ! C’est pourquoi, elle ne craigne rien tant que d’être isolée sur la scène international si l’initiative de l’UDC sur l’autodétermination était acceptée le 25 novembre prochain.
     
    Le patronat tient son rôle : l’économie d’abord ! Il ne peut offrir plus à la population. La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a. Mais se borner à mener politique sur la seule donne économique de l’ouverture des frontières et de la libre circulation a atteint ses limites. Cette réflexion, certifiée par de multiples diplômés tout droit sortis de nos universités, ne conduit qu’à la fracture sociale qui se dessine lentement devant nos yeux. A Genève, la place économique prospère et compétitive notamment grâce au droit international déverse des centaines de travailleurs dans les Centres d’action sociales de l’Hospice général.

    Depuis 10 ans, le nombre de personnes ayant recours à l'aide sociale en Suisse est en augmentation constante et notre canton n'échappe pas à cet état de fait. Si on peut constater que l'augmentation est actuellement légèrement dégressive, il n'en reste pas moins que sur 10 ans, la progression demeure ininterrompue, passant de 6’882 dossiers financiers en 2008 à 13’035 en 2017 (+89,4%), alors que l'environnement économique est demeuré stable et que le chômage enregistre actuellement même une baisse. Ces chiffres témoignent de la difficulté grandissante des bénéficiaires de l’aide sociale à trouver un emploi dans un marché du travail offrant peu d'opportunités d'insertion professionnelle.

    La Suisse a été conçu pour que la démocratie directe se confonde avec la souveraineté du pays et la souveraineté du peuple. Dans les mains du Conseil fédéral qui a renoncé à faire prévaloir la politique sur l’économie, et qui a admis dans son for intérieur que la volonté du peuple ne s’exercerait plus que dans le cadre consenti par l’idéologie néolibérale et la dota bruxelloise, la prédominance de l’économie sur la politique devient une trappe pour notre démocratie et notre indépendance. Pris au piège, il n’exerce déjà plus tout à fait le pouvoir. Les ridicules discussions qui se déroulent actuellement entre Berne et Bruxelles sont un vaudeville au scénario médiocre. 

    Au contraire, si le politique décide de reprendre la main, de ne pas se soumettre aux diktats de l’économie et au spectacle médiatique, il peut à nouveau parler aux Suisses. Mais devant l’avachissement de notre gouvernement, pour l’instant, il faut voter oui à l’initiative de l’UDC sur l’autodétermination. Pour que celles et ceux qui leurs succéderont aient devant eux une situation saine avec une Constitution qui prime clairement sur le droit international ce qui facilitera les choix politiques à venir. Des choix destinés à défendre la Suisse et les Suisses et non pas à plaire à Bruxelles.

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  • Les vieilles cicatrices du PLR

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    Ce sont bien plus que les « cagnottes de Pierre Maudet » que l’on découvre aujourd’hui. C’est un complot, bien radical, canal historique. C’est l’expression d’une volonté de garder de la monnaie pour privilégier ses propres candidats au sein d’une nouvelle formation et conserver le pouvoir. C’est aussi de la défiance vis-à-vis des libéraux. Il n’y eu donc pas fusion mais test. Il n’y eu pas la confiance nécessaire, totale, entre ces deux vieux partis qui nous ont fait croire à un mariage d’amours, avec tout le tralala, les invités, y compris les ancêtres, les cadeaux et le bal avec grand orchestre.

    Non, plus prosaïquement, il y a eu alliance par obligation, une alliance sous contrôle radical. Ces cousins sournois, n’ont pas tout mis dans la dote nuptiale. Des rusés façon 19e siècle. Un consentement de tordus dès l’origine où l’on cache le magot pour que seule sa famille politique en profite. Il y a eu un tordu, il y a eu un cocu.

    Dans ce laboratoire de fréquentations malsaines, la déconvenue des amis de Pierre Maudet permet à certains d’entre eux d’aller à confesse, ce qui est plutôt amusant pour ces laïcards invétérés qui aiment à se déguiser le mercredi avec des tabliers en peau de cochon.

    Certes, Pierre Maudet tient son rôle. Sans état d’âme, utilisant tous ceux qui l’ont admirés. Les bourgeois savent donner le change. Mais ce grand type à la froideur cosmique et qui ne raisonne qu’en terme de plue-value personnelle, se voit démasqué étape par étape, comme on pèle une orange, minutieusement et avec gourmandise. Lui qui manipulait est manipulé. Lui qui commandait est commandé. Lui qui était extraordinaire est ordinaire.

    Le PLR n’est pas sorti de l’affaire. Au contraire. Ces caisses noires, ces versements façon dessous de table, je te donne 50’000F, tu oublies ma facture de 10’000F, ses anciens magistrats qui se souviennent mais pas de tout, qui parlent sous couvert, chuchotent leur vilénie aux oreilles des journalistes, toutes ces bassesses ne peuvent que fragiliser, voire fragmenter le PLR. La confiance des libéraux ne doit pas être bien épaisse en cette fin de semaine, au Boulevard Emile-Jaques-Dalcroze, là où siègeait l’ancien parti radical.

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