25 novembre 2018

Autodétermination : Les Suisses aiment les traités internationaux

C’est la troisième fois que le peuple soutient les traités internationaux. En 1977, l'initiative populaire «contre la limitation du droit de vote lors de la conclusion de traités avec l'étranger» est rejetée tout comme celle de l’ASIN, en 2012 «Accords internationaux: la parole au peuple!». Toutes sont rejetées dans des proportions identiques à l’initiative votée ce jour.

Soyons sincère. Sauf surprise, nous pensions perdre cette votation mais pas avec un score si bas. Il y a donc forcément une ou des erreurs dans notre stratégie. J’en vois trois.

La première se trouve dans le nom même de l’initiative (l’autodétermination). Il n’est guère agréable à l’oreille et nous trouvons parmi ses antonymes le mot «liberté». Nous avons perdu de nombreuses semaines à faire passer dans la population le titre de notre initiative.

Deuxième erreur, bien évidemment, le visuel. L’affiche officielle a privilégié une forme d’anonymat, jaune douçâtre, sans même le logo de l’UDC. La jolie blonde elle-même n’avait pas l’air particulièrement emballée de présenter le panneau qui indiquait «oui» à notre initiative. Nous voila bien loin des campagnes UDC habituelles, provoquantes, qui chauffaient les débats et ne laissaient personne indiffèrent.

Troisième erreur, c’est celle de s’être laissé enfermé dans un débat sur la Cour européenne des doits de l’homme. Notre initiative était bien plus large. Je l’ai dit à plusieurs reprises sur ma page FB. Elle touchait notre implication dans l’OTAN, donc notre neutralité telle qu’inscrite dans la Constitution, aussi bien que l'initiative populaire fédérale «Pour la protection des régions alpines contre le trafic de transit», inscrite dans la Constitution et que le parlement fédéral n’a toujours pas appliquée. Sans parler de l’initiative contre l’immigration de masse qui a mis si mal à l’aise la classe politique qu’elle refuse toujours d’appliquer les quotas demandés.

A moins d’une année des élections nationales, ce mauvais résultat doit être analysé sans état d’âme par les dirigeants de l’UDC. Une partie de notre électorat, que je ne parviens pas à évaluer, s’est détourné des urnes parce qu’il pense qu’il ne sert à rien de voter pour l’UDC. Échec en votations et si succès, il n’y a pas d’application de nos textes. C’est une mise en cause de notre démocratie. C’est aussi une mise en cause de notre parti et de son potentiel pour changer la politique. Il faut revenir à nos fondamentaux. C’est l’une des conclusions à tirer de cette votation.

 

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Commentaires

Les gens sont incapables de voir que depuis près de 25 ans, et à cause de Bruxelles, leur pouvoir d'achat s'est effondré, que leur travail est devenu précaire. Libre à eux de continuer à se tromper! Ils se réveilleront peut-être quand on aura dépassé les 120'000 chômeurs genevois pour 120'000 frontaliers!

Écrit par : Dominique Degoumois | 25 novembre 2018

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