Julian Assange : la Suisse peut mieux faire

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C’est d’abord le cri d’alarme d’une maman, Christine, dont le fils, Julian Assange, s’abîme dans l‘enfer d’une pièce de quelques mètres carrés, dépourvue de lumière, reclus dans l’ambassade de l’Equateur, à Londres. Depuis 2012, ce dernier n’ose pas quitter cette «prison moderne» pour prisonniers politiques. Les Britanniques l’attendent jour et nuit, dans le couloir, pour le remettre aux Américains qui lui vouent une haine sans pitié, qu’ils soient républicains ou démocrates, allant jusqu’à souhaiter qu’il soit abattu. Ce cri, je l'ai entendu. Il me force à sortir de ma réserve.

C'est ensuite Julian Assange lui-même, ce lanceur d’alerte. Il a publié des masses d’informations à caractère officiel sur son site mondialement connu, WikiLeaks («leaks» signifie «fuites» en anglais). On pense notamment aux courriels envoyés et reçus sur le serveur personnel d’Hilary Clinton lorsqu'elle était Secrétaire d'État. A la grande fureur des gouvernements américains, de quelque couleur politique que ce soit. Donald Trump a déclaré que son arrestation était une priorité, souhaitant avec sa délicatesse habituelle « qu’il soit exécuté ». Les pressions sont terribles soit sur les Britanniques, soit sur les Équatoriens. Et même sur les autorités suisses, l’affaire Postfinance restant en travers de la gorge de nombreux Suisses qui ont bien compris la soumission de nos élus à la vindicte américaine.

Que l’on soit pour ou contre, que l’on considère Julian Assange comme un héros ou un traître voire un espion, il est pour moi évident qu’il est un fervent défenseur des droits de l’homme telle que la Suisse le conçoit. Et puis il y a aussi la Ville de Genève qui s’est déclarée « capitale de la paix et des droits humains » et qui a reçu récemment Mme Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. D'où ma demande déposée sur le bureau du Conseil municipal.

Sans parler de la notion d’Etat de droit, largement bafouée par les USA dans cette affaire. Voici quelques jours, une juge américaine a refusé de dévoiler les chefs d'accusation retenus contre le fondateur de WikiLeaks qui a publié en 2010 de nombreux documents confidentiels américains concernant des crimes de guerre, de nombreux coups d’Etat et autres intrigues.

Le conseiller national UDC Jean-Luc Addor a demandé au Conseil fédéral que l’on accorde le droit d’asile à Julian Assange (Interpellation 16.4161 du 17 mars 2017). La réponse de nos autorités peut se résumer en une phrase : Julian Assange n’est pas le bienvenu en Suisse.

Nous prenons acte de l’embarras du Conseil fédéral. Mais il lui reste la possibilité de proposer ses bons offices et entreprendre toutes les démarches nécessaires à la sauvegarde de la vie et de l’intégrité corporelle de M. Julian Assange. C’est ce que demande ma résolution que je dépose aujourd'hui.

Pour sauver l’honneur de ces zélateurs des droits de l’homme.

Lien permanent 4 commentaires

Commentaires

  • Merci Monsieur Bertinat pour ce plaidoyer en faveur de Julian Assange.
    Permettez moi aussi de m'étonner et d'être attristée de constater qu'aucun parti de gauche, ni modéré ni extrême ne se fût ému pour ce lanceur d'alerte bien que des initiatives ou motions de leur crû avaient demandé un loi pour protéger les lanceurs d'alerte suisses, du moins une loi clémente de les reconnaître comme utile pour la santé publique.

    Si nos corps diplomatiuqes et notre gouvernement ne goûtent pas une telle action humanitaire revêtant pourtant le symbole de ses institutions internationales pour les droits de l'homme ou droits humains ainsi que la neutralité qui caractérise notre pays: je suggère que

    les citoyens suisses peuvent lancer une initiative qui demande au Conseil Fédéral d'accorder le droit d'asile et la nationalité suisse à Julian Assange.
    Si elle prend le chemin de se concrétiser, je m'engage à y participer activement à la récolte de signature et à soutenir d'une manière ou d'une autre, les organisateurs des rencontres et débats publiques.

    J'espère qu'au moins, les lecteurs de la plate-forme auront tous lu votre appel et qu'il y réagiront favorablement et concrètement.

    Avec mes chaleureux encouragements, recevez mes meilleurs messages pour cette réussite.

  • Assange a volontairement favorisé l'accession au trône de Trump, sa pire erreur, car Trump exécute ses menaces contre les pays qui le contre. A l'inverse de l'Europe, la Suisse seule ne fait pas le poids face à Trump.

    Lui trouver un pays, semble donc mission impossible.
    Il doit attendre que Trump ne soit plus président. Ce ne sera pas le successeur de Trump, qui ira menacer un pays d'accueil.

  • Bonjour Mr Le député,

    Votre initiative pour ce héros vous honore. Les coupeurs de langues selon A. Delvalle sont de plus en plus nombreux malheureusement, ils se targue d'être les champions de la Liberté et pourtant.....

    Si en 1932 l'Occident avait pris en compte les alertes de Xavier de Hautecloque le nazisme aurait certainement avorté en Allemagne.

    ""Avec La Tragédie brune, Thomas Cadène et ­Christophe Gaultier adaptent un récit de ­Xavier de Hautecloque, premier reporter français assassiné par les nazis, en 1935, un an après l’avoir publié.""

    La Liberté d'expression est aussi sacrée que celle des lanceurs d'alertes, elle doit être défendue coûte que coûte. Les royautés Portugaises, Espagnoles, Anglaises, Françaises chrétiennes ou islamiques ont fait beaucoup de victimes, créé des conflits, de la haine, des violences et des crimes contre l'humanité, les USA en gardent les gènes avec ce qu'ils ont fait aux Amérindiens les indiens et d'autres peuples dans le monde comme en Asie.

    Concernant Julien Assange, c'est comme pour le climat, ils font fausse route.

    Bravo pour votre position et votre démarche.

    Bien à vous.

  • Je voudrais remercier ici Madame Liliane Held-Kawam pour le succinct compte rendu de la séance plénière du Municipal de la Ville de Genève en laquelle une majorité des municipaux a accepté la motion de M. Eric Bertinat, président du Conseil.

    Sans ce relai, je (nous) n'en aurais rien appris de plus. Ni journaux suisses ni journaux locaux n'ont mentionné cette motion, encore moins le fait que le Conseil Municipal s'en soit effectivement saisi et qu'il ait donné une suite positive.

    J'ai bon espoir que de simples citoyens comme moi, diffusent largement cette nouvelle afin de sensibiliser tout un chacun, nos élus nationaux et notre gouvernement au respect des droits de l'homme.

    https://lilianeheldkhawam.com/2019/02/07/assange-la-ville-de-geneve-dit-oui-lhk/

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