Tempête dans une coupe de champagne

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Qui est surpris d’apprendre que le groupe parlementaire PLR ait finalement accepté de soutenir la signature de l’Accord cadre, ce piège mortel pour notre souveraineté ? Y a-t-il véritablement doute quant à l’inclination pro Union européenne quasi-naturelle de ce parti si proche des associations patronales ? Bien évidemment, non ! Le groupe, tout comme le parti bourgeois*, sont d’ardents défenseurs de la libre-circulation et soutiendront bien évidemment l’une des principales étapes sur le chemin de l’adhésion à l’UE qu’est la signature de l’Accord cadre. Une fois intégré  institutionnellement à l’appareil de l’UE, le chemin à emprunter avant d’être membre à temps complet de l’UE ne sera plus qu’une ballade de santé pour l’establishment suisse.

Sauf surprise… Le récent passage sur le plateau de Pascal Decaillet de Darius Azarpey, jeune PLR, démontre que la route n’est peut-être pas si plate, pas si droite, pas si lisse que cela pour le parti bourgeois. La course bruxelloise ne se fera sans doute pas sans passer plusieurs fois par les stands. Interrogé sur la libre circulation, que Marie-Agnès Bertinat venait de dénoncer comme principale responsable d’un chômage des jeunes genevois deux fois plus important à Genève que dans le reste de la Suisse, il a ouvert les coulisses du PLR. D’une part en relevant que les critiques émises contre la libre circulation par Benoît Genecand n’ont pas déchaîné la colère attendue des barons du PLR mais aussi qu’ils seraient quelques uns à y songer. Que représente cette fronde ? Difficile de le savoir. Auront-ils le courage de lancer ce débat aujourd’hui confisqué par les associations patronales ? Difficile d’y répondre.

Mais une chose est sûre : débat il y aura, grâce à l’UDC et à son initiative contre la libre circulation. Si l'initiative était acceptée par le peuple, les autorités auraient un an pour négocier la fin de l'accord sur la libre circulation avec Bruxelles. Si aucune solution n’était trouvée, le Conseil fédéral devrait le dénoncer dans le mois qui suit. Déposée l’été passé, elle attend d’être traitée par les Chambres, votations fédérales oblige. Mais les Suisse n’ont attendu le calendrier parlementaire pour faire savoir que le rapprochement avec l’UE (l’Accord cadre) figurait parmi les thèmes qui les préoccupaient (voir sondage SSR récemment paru). Selon ce même sondage, l’UDC ne progresserait pas. Mais elle laisse loin derrière elle les autres partis dont le point commun est justement la volonté plus ou moins avouée de signer l’Accord cadre.


*Les délégués du PLR se sont focalisés, fin juin 2018, sur les relations Suisse-UE. Ils ont adopté une résolution soutenant la libre circulation et un papier de position pour une politique européenne forte.

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