Julian Assange livré au malheur

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On peut aborder sous différente façon l’affaire Julian Assange. Myret Zaki, sur le plateau d’un récent Infrarouge, a été à l’essentiel en soulignant qu’il fallait louer le travail de M. Assange qui a permis de découvrir les preuves d'atrocités commises en Irak et en Afghanistan par les forces armées américaines.

Le 9 mai dernier, Nils Melzer, expert indépendant de l’ONU et professeur de droit international, a dénoncé la torture psychologique dont est victime Julian Assange depuis de nombreuses années. Et de déplorer que : «il y a eu une campagne implacable et sans retenue d'intimidation et de diffamation contre M. Assange, non seulement aux Etats-Unis, mais aussi au Royaume-Uni, en Suède et, plus récemment, en Equateur». 

Que fait alors Madame Michèle Bachelet, Haut-commissaire aux droits de l’homme, que j’ai eu le plaisir de recevoir au Conseil municipal de la Ville de Genève en décembre dernier ? Pas grand-chose, il convient de l’admettre. Cet organe onusien est lui-aussi soumis aux pressions américaines. C’est ainsi qu’il faut comprendre que le rapporteur de l’ONU, après avoir dénoncé la torture psychologique de M. Assange, a tenu à préciser parler en son nom. Ce qui signifie qu’il ne s’exprime ni au nom de l’ONU, ni à celui du Haut-Commissariat des droits de l’homme. Julian Assange et ses avocats sont bien seuls.

Mais ce n’est pas tout. M. Melzer avertit : S'il venait à être extradé aux Etats-Unis, il «serait exposé à un risque réel de violations graves de ses droits humains, y compris de sa liberté d'expression».  Nils Melzer s'est dit «particulièrement alarmé» par les 17 nouveaux chefs d’inculpations lancés par la justice américaine, notamment en vertu des lois anti-espionnage.

L’on peut donc se demander si la réponse* que le Conseil fédéral a donné à la demande d’accorder le droit d’asile à Julian Assange et portée par le conseiller national UDC Jean-Luc Addor, est toujours d’actualité après les deux examens de santé qui se sont révélés catastrophiques (le dernier date de la fin 2018), de l’avertissement de M. Melzer et des 17 nouveaux chefs d’inculpation lancées contre le créateur de Wikileaks ? A moins que ma résolution demandant que la Suisse offre ses bons offices dans cette affaire qui n’en fini pas de persécuter Julian Assange trouve un écho dans l’entourage de M. Ignazio Cassis...

 

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*Le Conseil fédéral estimait le 22 février 2017 que Monsieur Assange n’était pas susceptible d'être qualifié de défenseur des droits de l'homme et que par conséquent il ne pouvait recevoir la protection y relative selon les lignes directrices de la Suisse. 

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Commentaires

  • "les preuves d'atrocités commises en Irak et en Afghanistan par les forces armées américaines."
    "Monsieur Assange n’était pas susceptible d'être qualifié de défenseur des droits de l'homme"
    Comme quoi "Comparaison n'est pas raison", surtout lorsqu'il s'agit des "forces armées américaines".

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