La trottinette électrique, marqueur d’une mobilité douce qui l’est de moins en moins

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L’usage accru de la trottinette électrique sur l’espace public pose problème. Non pas, comme le prétendent les défenseurs de la mobilité douce, pour des raisons de flou juridique (1), mais parce que notre canton n’a toujours pas résolu la cohabitation entre le trafic routier et celui des cyclistes additionnés à présent aux trottineurs aux engins avec ou sans aide électrique.

Les trottinettes électriques ont envahi nos rues, nos trottoirs, et même les transports publics. Avec leurs lots d’accidents et les premières réactions collectives de mécontentement dans notre Cité. Une exaspération qui ne vient pas uniquement du caractère anarchique de leur utilisation mais aussi d’un constat que je ne dois pas être le seul à faire : l’automobiliste ou le motard persécutés par un trafic d’une extrême complexité (multiplication des feux lumineux et des signaux routiers, difficultés pour se parquer, chantiers sans nombre, contournements aussi divers que variés), pressurisés financièrement, tandis que le trottineurs – du moins jusqu’à présent – a été choyé par des autorités que terrorisait le boboïsme ambiant.

Trottoirs et passages piétons, destinés à protéger les piétons, sont devenus des zones à risques, sillonnés en tous sens par des trottinettes qui peuvent atteindre les 85 km/h pour certains modèles.

L’équation « petitesse de notre territoire » + « population démesurée » égale à un résultat tendant vers l’infini. Ce qui ne peut donner que des solutions ou des bribes de solutions, tels le CEVA, l’agrandissement de la gare Cornavin ou de l’aéroport, le futur centre de maintenance des Transports Publics Genevois à Meyrin, la surdensification des quartiers, etc.

La mobilité douce et plus particulièrement la création de pistes cyclables fait partie de la deuxième catégorie, celle des bribes de solutions. Votée de justesse par le peuple (50,3%) en 2011, son application s’est faite à marche forcée, s’imposant de force sur la voie publique, compliquant l’existence de chacun et augmentant la dangerosité de tous les usagers (la sortie du pont Wilsdorf, direction rue de l’Ecole de Médecine est un exemple saisissant). Mais surtout, en ne tenant pas compte des impératifs d’un petit canton aux routes étroites, les responsables de l’aménagement, qu’ils soient cantonaux ou communaux, n’ont pas pensé qu’en favorisant ce mode de transport qui rencontre un vif succès, lui-aussi connaîtrait les affres du trafic routier genevois qui lui permet de garder la tête du record suisse des bouchons routiers.

Toujours plus de vélos et maintenant de trottinettes électriques (ou pas) aux vitesses élevées sur une bande d’une largeur d’un mètre quatre-vingt (parfois moins !) posent de nouveaux problèmes. Parmi ces problèmes, la cohabitation entre ces divers moyens de transport et le manque total de respect des règles de la circulation, à commencer par les nombreux feux de signalisation destinés aux cyclistes et aux trottineurs. La mobilité douce l’est de moins en moins dans notre canton surpeuplé. La mobilité tout court aussi.

(1) La législation fédérale est claire: les trottinettes électriques ne peuvent pas emprunter les trottoirs. Elles doivent circuler sur les pistes cyclables, et lorsqu’il n’y en a pas, sur la route.

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