Que sont devenues les  «perspectives d’envergure» de M. Kanaan ?

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Nous voici arrivés en fin de législature. Dans moins de deux mois, les élections municipales auront rendu leur verdict. Il est d’usage de ne pas trop s’attarder sur le bilan de la législature écoulée et de se projeter dans la campagne. Il faut aller de l’avant et ainsi ne pas avoir besoin de rendre des comptes. Pour ne pas suivre cette mauvaise habitude, jetons un pavé dans cette marre peinard et revenons par exemple sur le Plan directeur des sports de la Ville de Genève présenté en 2016 et qui dévoilait ses «perspectives d’envergure» pour les quatre années à venir!

Il était rappelé qu’«Une nouvelle direction du Service des sports a permis d’entreprendre dès 2012, une large réflexion et d’initier peu à peu un processus de réorganisation interne, de fixer des priorités et de mettre en place des dispositifs plus efficients» (Page 3).

Il était également rappelé que pour la première fois, un état des lieux complet a été dressé en 2014 sur le parc d’infrastructures sportives de la ville de Genève dans le cadre de la PR-971 (page 4).

Ce Plan directeur des sports posait divers constats forts corrects (page 5). Tout d’abord, il était relevé «Une augmentation de la population à  l’échelle du Grand Genève, ainsi qu’une augmentation et une diversification de la demande et des pratiques». Ensuite qu’«Une faible évolution des équipements au cours des dernières décennies, une vétusté des installations existantes (...)» ainsi qu’une «saturation des piscines, salles omnisports et patinoires». Enfin - et cette remarque se révèle être toujours d’actualité après la votation du 29 octobre dernier et l’échec du Pré-du-Stand – une pénurie des espaces à disposition pour les nouvelles structures.

Ces constats amenaient le Conseil administratif à envisager des «perspectives d’envergure» : «La Ville de Genève est ainsi aujourd'hui au cœur de la mise en œuvre de politique sportive genevoise et des enjeux que doit relever l’agglomération pour les années à venir» (page 6).

Or, en ce début 2020, nous constatons coup sur coup que les principaux clubs de notre commune ont vu leurs projets exploser en plein vol et que la plus grande commune du canton est incapable de s’occuper de ses clubs sportifs. À savoir (et entre autres) :

Le HC Servette, club de la commune de Genève que cette dernière n’est pas capable de retenir sur son territoire, voit le projet d’une nouvelle patinoire prévu au Trèfle-Blanc reporté à 2028 (?) par le CE Thierry Apothéloz. Ce report incompréhensible va obliger notre commune à aménager à grands frais la patinoire vieillissante des Vernets, alors que le besoin d’une nouvelle patinoire, sur notre commune, est un besoin avéré depuis de longues années et cité comme tel dans le Plan directeur des sports en 2016 ;

Le FC Servette, club de la commune de Genève que cette dernière n’a pas été capable de retenir sur son territoire, se voit toujours privé de terrains d’entraînement et d’un centre formation digne de son rang dans la Super League et de toute une jeunesse genevoise désireuse de pratiquer et de progresser dans le sport le plus populaire du canton (voir l’Etude des besoins et des pratiques sportives - janvier 2014).

Ce plan directeur était bienvenu après de nombreuses années durant lesquelles le sport fit figure de parent pauvre, face à la culture, dans les choix politique du Conseil administratif. Mais après ces fameuses «perspectives d’envergure», qu’a donc fait la Ville pour le sport, à ne pas mélanger avec les loisirs, pour ses sportifs, respectivement pour ses 20'000 sportifs d’élite, détenteurs d’une licence ?

Je dépose donc ce jour une motion pour demander au Conseil administratif de présenter un bilan (un suivi), reprenant point par point les projets prioritaires et plan d’action annoncés dans les pages 10 à 15 du Plan directeur des sports 2016 - 2020, si possible avant la fin de la législature (mai 2020).

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