01 octobre 2009

L’intégration, antichambre de la naturalisation

Vendredi 2 octobre, la Fédération Maison Kultura organise une table ronde sur la politique d’intégration (à 19h30, route de Chêne) à laquelle je participerai. Un rien provocatrice, elle se demande si l’on a réellement besoin d’une politique d’intégration pour consolider notre société. La réponse pourrait être oui à condition qu’une vraie politique d’intégration mène à l’assimilation qui elle-même conduit à la naturalisation. Ce qu’elle n’est pas à Genève. Le Conseil d’Etat le déclare sans nuance dans le rapport qu’il a récemment fait au Grand Conseil (RD 647-A) : Il « souhaite éliminer définitivement toute forme de volonté d’assimilation passéiste au profit d’une intégration participative et active ».

Deux pôles sont mis en évidence par le Conseil d’Etat : l’accompagnement dans le processus d’intégration et la lutte contre le racisme et les discriminations. Quel est donc ce processus d’intégration ? L’accueil des migrants, l’apprentissage de la langue française, la communication (curieusement fondamentale aux yeux de l’Exécutif si celle-ci est destinée à la population dans son ensemble), l’accès à l’emploi et la création d’un dispositif d’encouragement permettant d’évoluer dans le parcours d’intégration qui – il faut le relever – doit conduire à « la possibilité de devenir suisse ».

Pour l’UDC, ce processus n’est pas suffisant. Certes, une politique d’intégration passe prioritaire par l’apprentissage de la langue mais elle passe aussi par l’enseignement des traditions du lieu, de l’histoire et de la géographie du pays. Cet enseignement devrait ainsi conduire l’étranger à s’intéresser à son nouveau pays, à le connaître, à y implanter ses racines et à y jouer un rôle. Dans ce processus d’intégration, l’école a un rôle prioritaire. Elle ne doit pas se cantonner à promouvoir des valeurs égalitaires tels la tolérance et le respect qui conduisent au multiculturalisme et au communautarisme. Elle doit véritablement permettre un ré-enracinement. Pour bien s’intégrer, il faut se désintégrer. Qu’une étrangère qui refuse de s’intégrer conserve son voile ou sa burka ne pose pas de problème si nos lois sont respectées. Mais il est hors de question que cette même personne prétende au passeport suisse sans s’être véritablement intégrée, donc sans s’être assimilée à la culture du lieu. La politique d’intégration à la genevoise, faite de fêtes multiculturelles et de subventions, est profondément indifférente à l’intégration elle-même et empêche que celle-ci se fasse jour après jour, par osmose. S’intégrer, c’est faire sa place dans un ensemble existant. Ce n’est pas en favoriser de nouveaux même au nom du respect et de la tolérance.

N'oubliez pas de voter : jour J - 10 !

bandeau-gc09-rouge.jpg

23:09 Publié dans Intégration/assimilation | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook | | | |