22 avril 2010

Genève offre ses prestations sociales à toute l'UE

Lutter contre la pauvreté des familles ! Ils travaillent mais leurs revenus ne leur permettent pas de vivre à Genève. 3'000 familles (1) font ainsi partie des « working poor », ces familles traditionnelles, recomposées ou monoparentales dont les fins de mois sont terriblement difficiles. A répétition. Plutôt que de les laisser tendre la main à l'aide sociale, François Longchamp leur propose un système innovant de prestations complémentaires calquées sur celles de l'AVS et AI (PL 10600). Un droit à un revenu minimum pour cette catégorie de la population. Soit 2'075F par mois, multiplié par un coefficient déterminé selon le nombre de personnes composant le groupe familial. Environ 5'000F pour une famille avec 3 enfants. Entre 20 et 30 millions de francs supplémentaires au prochain budget de l'Etat. A mes yeux, ce projet de loi, bien que séduisant sous plusieurs aspects, pose plusieurs questions d'importance telles que celle du principe des salaires de misère complétés par l'Etat ou celle de l'instauration d'un revenu minimum pour une seule catégorie de travailleurs. J'aurai l'occasion d'y revenir plus en détail.

Mais qui sont les bénéficiaires de cette nouvelle subvention publique ? Selon le PL, ces personnes devront avoir leur domicile sur le territoire cantonal, vivre en ménage commun avec des enfants, exercer une activité lucrative et répondre aux autres conditions prévues par la présente loi. Quelles sont donc ces « autres conditions » ? Attester d'une durée de séjour minimale de 5 ans ininterrompue en Suisse ou sur le territoire d'un Etat membre de l'Union européenne ou de l'AELE. En d'autres termes, n'importe quelle famille de la planète, ayant vécut 5 ans dans l'UE, puis s'installant à Genève munie d'un contrat de travail, pourra bénéficier des prestations complémentaires familiales si son revenu n'est pas suffisant selon les critères établis pour les rentiers AVS ou AI. François Longchamp nous a assuré qu'il n'y a aucun danger de voir affluer des travailleurs étrangers provenant de l'UE. Il ne rassure que lui-même. La récente affaire des « frontaliers » contestant l'imposition à la source au nom de la discrimination de traitement est là pour nous rappeler que nous sommes liés pieds et mains à l'Union européenne. Aujourd'hui, toute amélioration de la condition de vie des résidents genevois rendra d'autant attractif notre canton. Genevois : vous avez bien fait de voter pour la libre circulation !

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(1)    Elles étaient 1'700 selon le communiqué de presse du 5 juin 2009 du département de la solidarité et de l'emploi.

 

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17 avril 2010

Stop aux réclames pour lupanars !

venus.jpgDepuis que l'accord sur la libre circulation est entré en vigueur, la prostitution a explosé à Genève. Une personne sur 170 habitants s'adonne à la prostitution dans la Cité de Calvin. 130 salons érotiques, 2'700 prostitués et prostituées. Ce milieu est non seulement celui de la débauche mais aussi celui de la criminalité. (...) la prostitution n'est pas claire dans la tête des gens qui, bourrés d'idées reçues, mélangent la fiction littéraire à la réalité et font voisiner dans un flou artistique les putes au grand cœur et les salopes, les bêtes de plaisirs et les anges dévoyés, les putains respectueuses et les putains respectables. (L'Événement du Jeudi, 10 avril 1986). Faut-il favoriser ce commerce en laissant libre d'accès les panneaux publicitaires ?

Pour les députés UDC, la réponse est non ! Ces publicités réduisent la femme à un objet sexuel et inculquent à nos enfants, dès le plus jeune âge, une image dégradante et mercantile de la femme. Nous proposons donc d'interdire la publicité sur le domaine public pour la prostitution de salon et celle d'escorte en modifiant la loi sur les procédés de réclame.

A cette image dégradante de la femme, mais aussi aux conditions de vie déplorables des prostituées, notre demande devrait trouvé un écho auprès des associations engagées dans la défense de la femme, telle que le Centre de liaison des associations féminines genevoises animée avec brio par Mme Claude Golovine. Nous prendrons contact avec elle. Les députées de tous bords politiques, nous semble-t-il, devraient être sensibles à ne pas aider d'une manière ou d'une autre ces pratiques et donc « réserver un bon accueil au présent projet de loi », selon la formule consacrée. Et puis aussi quelques femmes connues pour leur engagement féministes, telle Mireille Valette. Et d'autres encore. Nous prendrons contact avec chacune d'entre elles

 

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05 avril 2010

Que faire de la villa Rigot ? Les blogueurs ont-ils des propositions ?

C'est sans tristesse que j'ai appris la disparition du Forum Humanitaire Mondial (FHM). Il s'agissait d'un chmilblik international supplémentaire et inutile, lancé par Micheline Calmy-Rey et destiné à occuper la retraite de Kofi Annan (72 ans, ancien patron de l'ONU qui démontra toute l'inefficacité du machin au Rwanda ou en l'Irak) et quelques autres retraités probablement nostalgiques de réceptions et de contacts internationaux, tel Walter Füst, ancien directeur de la DDC, qui eût le grand malheur de ne pas être élu à la tête du Programme Alimentaire Mondial. Bref, rien d'autre qu'un quatrième pilier pour ces retraités désœuvrés.

Il convient de rappeler que, grâce au canton et à la ville de Genève, les contribuables genevois avaient généreusement participé à la création de cette organisation qui n'aura su démontrer que son inutilité après trois ans d'existence. Un échec qui ne saurait être de la responsabilité de Kofi Annan. Voici quelques jours, lors du TJ de 19h30, ce brillant diplomate a critiqué sans retenue la Suisse, fautive à ses yeux de n'avoir pas assez injecté d'argent dans le Forum pour son fonctionnement, avant de refuser de le sauver. L'ancien chef de l'ONU, qui n'est pas à quelques millions près, estime que «Le montant en jeu, 2 millions de francs, ne me paraît pas si important.». «Le gouvernement suisse n'a pas (...) fait pression sur d'autres donateurs pour qu'ils augmentent leur contribution. Il a par contre proposé un arrangement qui a pesé (dans le destin du forum, ndlr): la fermeture de la fondation contre l'épongement des dettes. (...) Je suis très déçu, de même que les autres membres du conseil et ceux de la direction. Ils ont d'ailleurs écrit collectivement une lettre à Berne pour faire part de leur déception.» Le Ghanéen n'a pas la reconnaissance du ventre, c'est bien connu.

L'Etat de Genève a mis la Villa Rigot à disposition gratuitement du FHM, soit un soutien financier de 200'000 à 300'000 francs par an. Il n'y a pas de trace de cette somme dans le récapitulatif des subventions pour les comptes 2009. Je demanderai, lors de l'étude des comptes, où donc figure cette dépense.

La Villa Rigot est libre. Qu'en fera le canton ? Voilà une bonne occasion pour les vénérables blogueurs de notre bonne Tribune de trouver une utilisation judicieuse pour cette belle et très discrète demeure. Essayez de l'admirer sur le net, vous comprendrez pourquoi j'emploie l'adjectif « discrète ».

 

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31 mars 2010

Je quitte mon poste de secrétaire général

Dès le 1er mai, je n'occuperai plus la fonction de secrétaire général de la section genevoise de l'UDC. Pour comprendre ma décision, il faut revenir quelques mois en arrière.

Au lendemain de l'assemblée générale ordinaire de l'UDC-Genève (8 décembre 2009), Eric Leyvraz (président) et Yves Nidegger (vice-président) m'ont informé de leur volonté de limiter les dépenses en vue des élections de 2011. Parmi les décisions prises à cet effet, le poste de secrétaire général ne sera plus occupé, dès le 1er mai, qu'à 50%.

Ce choix, que je ne conteste pas, m'a amené à dresser un bilan des huit ans passés au service de mon parti. Lors de mon engagement, en juin 2002, la section genevoise de l'UDC comptait une centaine de membres et 10 députés. L'UDC Suisse s'appuyait alors sur deux conseillers nationaux vaudois. Lorsque je quitterai ma fonction, il y aura près de 600 membres, 2 conseillers nationaux, 9 députés, 27 conseillers municipaux et 7 constituants. L'UDC Suisse compte 11 conseillers nationaux romands et a mis sur pied une coordination romande qui se réunit plusieurs fois par année. Depuis 2002, j'ai suivi 6 campagnes électorales, toutes plus importantes en nombre de candidats, en séances, en planification. Aujourd'hui, le secrétariat dispose d'une secrétaire à temps partiel et de 3 assistants parlementaires. En quelques chiffres, l'on s'aperçoit que la fonction de secrétaire général s'est développée au fil de la progression de notre parti. Elle ne devrait pas diminuer les années suivantes.

Mon premier constat est qu'un temps partiel ne me paraît pas suffisant.

Mon deuxième constat est d'ordre familial. La fonction de secrétaire général ne connaît ni horaires ni contingences familiales. Elle est envahissante parce que mille détails sont toujours à régler, parce que chaque jour ne suffit pas à tout faire, parce que samedi et dimanche permettent trop souvent de rattraper le travail en retard, parce que l'actualité est haletante. Ma famille en a fait les frais.

Mon troisième constat est que je suis aussi fatigué de cette charge. Je peine à récupérer et ne suis pas au « top » tous les jours. A la veille de campagnes électorales importantes, je crains de ne pas pouvoir être de tous les coups, comme par le passé.

Voilà pourquoi j'ai décidé de ne pas accepter de continuer à mi-temps. Je reste bien évidemment à la disposition de mon parti et continuerai de l'aider selon les disponibilités de mon prochain engagement professionnel. Pour l'heure, je n'en ai aucun. Je me concentrerai donc sur mon mandat de député et espère être plus disponible pour ma famille, ce qui n'a vraiment pas été le cas durant ces dernières années.

Un dernier mot pour remercier les présidents avec qui j'ai eu beaucoup de plaisir à travailler. Jacques Pagan, André Reymond, Soli Pardo et Eric Leyvraz m'ont tous aidé dans ma fonction, soutenu dans les difficultés, partagé les bons et les mauvais moments. Mes remerciements vont aussi à tous les membres de mon parti qui m'ont accordé leur confiance et leur amitié. Secrétaire général d'un parti politique, durant huit ans, c'est une belle gageure. Je me réjouis déjà d'être de l'autre côté de la table et de poursuivre dorénavant notre combat politique parmi eux!

> RADIO CITE - 1er avril 2010
> TRIBUNE DE GENEVE - 1er avril 2010
> LA CHRONIQUE DE PASCAL DESCAILLET - 1er avril 2010
> LE COURRIER - 10 avril 2010

 

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23 mars 2010

Primes, indemnités et débours : Le jeu de la mort

Les deux excellents rapports que vient de nous rendre la Cour des comptes renvoient les députés à leurs commissions respectives : les finances et le contrôle de gestion. Diminution des effectifs promis (-5%), système d’indemnités à démanteler, objectifs fixés par le Conseil d’Etat pour la  gestion prévisionnelle partiellement acquis et ceux concernant le recrutement commun à tout l’Etat carrément pas atteints. Inefficacité et inefficicience : c’est indiqué à la page 3 – rapport N° 28).

La Cour qualifie l’organisation actuelle des ressources humaines de complexe car décentralisée. Il apparaît que l’Office du personnel de l’Etat n’a pas de lien hiérarchique et fonctionnel sur les ressources humaines départementales. Ces dernières occupent 177 emplois à temps plein pour un coût total de 45 millions. Au final, ce sont quelques 2'500 fonctions qu’il faut regrouper en 210 métiers. 2'500 fonctions pour 16'000 fonctionnaires, cela fait 6,4 employés pour une fonction.
-    T’es quoi, toi ?
-    Secrétaire… Et toi ?
-    Moi aussi, je suis secrétaire. Tu gagnes combien ?
-    Bien plus que toi…
-    Comment ça ! On fait le même boulot…
-    Pas vraiment, moi je peux taper sur le clavier toutes les lettres, même les majuscules…

Dans son second rapport concernant les primes, les indemnités et autres frais de débours, il résulte  des travaux de la Cour des comptes que ces petites gâteries extra-législatives ont concerné pas moins de 10'194 personnes et se sont élevées à 79 millions de francs. Dans la plupart des départements, ce taux s’est élevé entre 2% et 4% des traitements en moyenne. En revanche, ce taux se situe à 18% pour les policiers qui peuvent intégrer jusqu’à 10 indemnités distinctes, dont notamment une indemnité pour inconvénients de service représentant 15% du traitement à l’engagement.

Jusqu’à quelle somme ces fonctionnaires auraient trouvé normal d’être payés par de l’argent public pour le travail qu’ils faisaient ?  Une expérience comparable à celle du jeu télévisé de la mort aurait été amusante, voire instructive. Le jeu de la mort : petit à petit, un joueur augmente les décharges électriques sur un homme qu’il ne connaît pas. Par palier, il le fait souffrir jusqu’à lui infliger des décharges potentiellement fatales. A la fin de ce crétin de jeu, on explique aux joueurs qu’ils ne sont pas si méchants que ça mais seulement victimes d’un environnement hostile représenté par une autorité forte. Transposons ce jeu: petit à petit, on offre de l’argent aux fonctionnaires, jusqu’à qu’ils connaissent de sérieux problèmes moraux. Mais quel est donc leur niveau de refus ? Une fois atteint, nos fonctionnaires seraient sans doute aux prises avec leur conscience. Un psychologue leur expliquerait alors qu'il est bien normal d’arrondir ainsi ses fins de mois, l’environnement hostile, dominé par des supérieurs autoritaires les ayant empêché de retrouver leur bon sens.

Mais laissons là ce qui n’est qu’une divagation nocturne. Reste que ces faits dénotent une mentalité bien particulière au sein de certains services. La Constitution genevoise en prend un coup. L’outrecuidante! Elle ose préciser que l’administration de l’Etat de Genève et des communes doit être fonctionnelle, efficace  et structurée de manière à éviter des lenteurs, des travaux faits à double et d’une manière générale, des dépenses sans relation avec le résultat recherché. C’est peut-être la Constitution genevoise qui a besoin de psychologues. Paraît qu’il y en a quelques-uns qui pourraient faire l’affaire du coté de la Constituante.

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