04 septembre 2008

L’économie est bonne fille

Entre 400 et 700 millions de francs ! C’est le pactole non budgétisé que devrait empocher l’Etat durant l’exercice 2008. Autre bonne nouvelle : la dette devrait diminuer, toujours selon la projection du Conseil d’Etat, d’un bon milliard pour se stabiliser en fin d’année à 11,3 milliards.

Les services de M. Hiller nous ont présenté ces excellents résultats sur la base d’un budget révisé. En tenant compte de chiffres difficilement estimable en décembre 2007 (qui augmentent les charges de 250 millions de francs), l’Etat espère boucler les comptes 2008 avec un boni de 200 millions. Il le sera sans doute avec une marge encore supérieure. Merci à l’économie privée !

Parce que coté économie publique, c’est moins sexy ! Dans son discours de St-Pierre, le gouvernement nouvellement élu a promis de sortir Genève de la spirale des déficits. Pour réaliser cette audacieuse promesse (il faut de l’audace pour se contenter de maîtriser les dépenses lorsque l’on a une dette de 17 milliards) il pose comme principe : « Renoncer pour innover ». Selon le chiffrage effectué à la mi-2007, le total des économies revenant aux deux plans de mesures avoisinera les 200 millions de francs d’ici à la fin 2010 (voir la réponse complète du Conseil d’Etat à la motion UDC M 1634-B).

Fort de ces bons résultats, à défaut de ses bons résultats, le Conseil d’Etat s’apprête à relever le plafond de la croissance des charges à 2%. Ainsi, il indexera les salaires (35 millions), introduira un 13e salaire (qui va coûter, toute dépense comprise, 80 millions) et augmentera les investissements pour atteindre 600 millions de francs nets.

L’économie bonne fille ? Et l’Etat bon mec !

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06 août 2008

Soljenitsyne n’a jamais été un dissident

La plupart des quotidiens francophones, dans les hommages qu’elle a diversement rendus à Alexandre Soljenitsyne, a titré sur « la mort d’un emblème de la dissidence » ou sur la disparition « d’un monument de la dissidence ». La Tribune de Genève, quant à elle, évoquait « l’écrivain dissident » et affirmait inopportunément que « L’ex-dissident est resté muet sur les dérives de Poutine ».

 

Dissident ? Ce terme manque singulièrement de précision pour un hommage à celui qui avait réussi à déconsidérer l’idéologie communiste et être de ceux qui déracinèrent l’arbre soviétique. Un dissident, rappelons-le, était un intellectuel communiste qui entendait dénoncer les « déviations » staliniennes du pouvoir communiste, tout en demeurant fidèle au marxisme ou du moins à une certaine forme de socialisme.

 

Dès son premier ouvrage, c’est bien au contraire en opposant au régime communiste et à son idéologie totalitaire que se dresse Alexandre Soljenitsyne. Il a été, avant tout, un ardent anti-communiste. Il a été un opposant total et déterminé du marxisme-léninisme. Ce que n’a jamais été la presse occidentale. Loin s’en faut !

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03 août 2008

Le prétexte de CAMARADA

Le canton de Genève doit s’opposer au renvoi des requérantes d’asile menacées d’excision. Telle est la récente demande du centre pro-immigrées CAMARADA (voir son communiqué de presse du 30 juillet) qui tire profit d’une motion déposée par la gauche et intitulée « Contre l’excision » (M 1684). Renvoyée au Conseil d’Etat, son rapport fut évidemment accepté par le Grand Conseil en mai dernier. Parce que l’excision est un scandale et qu’aucun rituel, qu’aucune religion ne peut justifier des mutilations sexuelles.

 

CAMARADA prend donc pour argent comptant l’unanimité du Parlement sur cette question. Rappelant qu’il a participé activement à une campagne par des actions de terrain, il conditionne son travail au renvoi de requérantes d’asile « qui ont demandé asile pour soustraire leurs enfants à de telles mutilations » : « tout le travail de prévention que le Conseil d’Etat et le Grand Conseil ont encouragé et soutenu sera anéanti ». Et d’interpeller l’Exécutif genevois pour qu’il intervienne à Berne en « tenant compte de ce que le Conseil d’Etat lui-même reconnaît comme une violation des droits humains ».

 

CAMARADA détourne simplement à son profit la décision du Parlement. Celui-ci a pris acte d’un rapport du Conseil d’Etat sur une motion embrassant à la fois de possibles excisions faites sur notre canton (qui est un délit pénal), la prévention que Genève pourrait développer à l’école et la condamnation ferme de cette pratique. De ces discussions, nul mandat n’a été adressé à CAMARADA. Du rapport du Conseil d’Etat, rien qui ne puisse justifier son intervention à Berne pour obtenir la suspension du renvoi de ces personnes.

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23 juillet 2008

Qui a peur de l'islam ?

C’est la question que se pose l’un des rédacteurs du bimensuel La Nation (18 juillet) suite au dépôt de l’initiative populaire anti-minaret. Constatant que ce texte panique le microcosme politico-médiatique, il relève avec pertinence que :

Ce qui frappe, c’est le motif systématiquement invoqué à l’appui de ces réactions : comment le monde musulman va-t-il réagir ? Les pays musulmans vont-ils protester ? Les populations musulmanes, chez nous et ailleurs, vont-elles se livrer à des actes de violence ? La Suisse deviendra-t-elle la cible d’Al Qaida ? Que risquons-nous si nous acceptons une telle initiative ? Ou même simplement si nous acceptons que le peuple se prononce à son sujet ?

Puis d'apporter réponse à sa propre question :

Le ton est donné : l’officialité a peur. Elle a peur de l’islam, au moins autant que les auteurs de l’initiative en ont peur. Et elle en a même davantage peur puisqu’elle estime dangereux que l’on puisse débattre de questions susceptibles de fâcher les fidèles de cette religion.

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02 juin 2008

Le Bernois s’éclipse

Depuis 20 ans, l’UDC, sous l’impulsion de Christoph Blocher, a dessiné avec précision son action politique. Tous les quatre ans, chaque plateforme électorale a été l’occasion de définir son action et de l’expliquer aux électeurs. Cela a été aussi l’occasion pour les responsables cantonaux de se rencontrer, de discuter, de développer un esprit de parti. Petit à petit, il y a eu convergence politique, discours commun, tout canton confondu. C’est ce même discours qui a plu aux électeurs. C’est la force même de l’UDC : clarté du discours parce qu’unité de vue. Les décisions prises à de larges majorités par l’assemblée des délégués, qui réunit régulièrement 500 à 600 représentants de toute la Suisse le prouvent. Le pacte passé avec le peuple, lors de la campagne électorale de cet automne, en a été l’achèvement.

 

Le problème posé par la petite vacherie du Parlement, le 12 décembre dernier, est justement que la promesse faite aux électeurs UDC ne pourra pas être tenue par Eveline Widmer-Schlumpf. Pas plus, il faut bien l’avouer, par son alter ego moustachu qui, en 2003, voulait déjà rejoindre les rangs radicaux. Ni l’un, ni l’autre n’a pris le temps de fréquenter son parti, de le vivre de l’intérieur, de le voir vieillir. Et pour cause.

 

Le départ de Samuel Schmid n’est pas une surprise, juste la conséquence d’une liaison adultérine. Il régularise sa situation. Il était temps.

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