18 janvier 2019

Affaire Maudet, ça sent le burnout politique

On reste étourdi, presqu'assomé, devant la tournure que prend au fil des mois l'affaire Maudet. Une chose est sûr, les citoyens sont captifs des caprices du magistrat PLR dont il n'est pas inutile de rappeler que son parti, même divisé, lui accorde sa confiance. Sept Conseillers d'Etat sont en charge de la bonne marche de la République. L'un d'eux est inculpé, et pas le moindre puisqu'il dirige le département de la sécurité qui regroupe entre autre la police et l’Office de la détention qui travaillent directement avec le Procureur général chargé d'instruire son dossier.

Une réorganisation peu sérieuse est envisagée l'automne passé. L'on voudrait nous faire croire qu'à six magistrats, tout va bien se passer. C'est une bonne blague que ce discours officiel. Il suffit de parler avec l'un ou l'autre magistrat pour l'entendre avouer qu'il est en réalité surchargé et accaparé par les retombées inévitables de l'affaire Maudet, une véritable affaire d'Etat. Qui donc aura le courage de crever l’abcès ? On espérait que cela aurait pu venir de son propre parti. Peine perdue. Des autorités genevoises elle-même ? Elles semblent tétanisées par leur collègue. Par les autorités fédérales qui susurrent aux oreilles des journalistes ? Pas plus.

C'est finalement le Procureur général qui bouscule l'inertie de notre gouvernement en mettant les points sur les "i". Il faut le remercier. La réorganisation du Conseil d'Etat n'est pas pertinente et l’embarrasse au quotidien dans ses relations avec l'exécutif. Son travail s'en trouve compliqué. Le débat sur la séparation des pouvoirs n'est pas de mise à ce niveau et Olivier Jornot a parfaitement raison de se prononcer sur les performances de l'exécutif. Une nouvelle organisation sera donc décidée. Pierre Maudet sera t'il mis totalement sur la touche? Va t'il falloir que les citoyens prennent eux-même en main cette sale affaire, ce que les élus ne peuvent assurer : la bonne marche de nos institutions? Des gilets jaunes et rouge devront-ils manifester devant l'Hôtel de Ville pour dire leur soutien et leur attachement aux Institutions, si malmenées par un seul homme et des élus si peu concernés ?

12:09 | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |

08 janvier 2019

Plus de voies autoroutières : une perpétuelle course-poursuite

L’extension de notre réseau routier, à l’horizon 2030, et plus particulièrement la volonté exprimée en début d’année par Simonetta Sommaruga d’élargir les autoroutes à 6 voies, m’inspire diverses réflexions. J’en ai fait part quelques uns dans mon précédent blog (6 janvier 2019).

Restons sur l’autoroute Genève-Lausanne, inaugurée pour l’Expo nationale de 1964 et inchangée depuis lors. Voilà plusieurs dizaines d’années qu’elle est saturée. Sans parler des nombreux chantiers qui perturbent bien évidemment le trafic sur cet axe important.

Pourquoi 6 voies ? Madame la Conseillère fédérale reprend les propositions faites dans le message sur le développement des routes nationales, paru en septembre dernier. Pourtant, je ne peux m’empêcher de m’interroger : les propositions énumérées dans ce message sont-elles faites pour répondre à la situation actuelle ou est-ce en prévision d’un trafic prévu pour 2030 et qui sera de plus en plus conséquent, rançon de la très forte immigration subie et aussi prévue pour ces prochaines années ?

Pour celles et ceux qui roulent fréquemment sur cette autoroute d’un autre âge, voici de nombreuses années qu’ils attendent ces fameuses 6 pistes. Alors si l’on parle du futur, n’est-ce pas d‘infrastructures routières de 8 voies que nous devrions prévoir ? 6 voies, c’était pour hier, pas pour demain !

Les mêmes réflexions m’animent pour l’extension de la gare Cornavin. Il s’agit d’un projet qui ne va tarder à démarrer et qui prévoit de construire un nouveau quai sous-terrain avec deux voies ferrées supplémentaires. Le réseau ferroviaire entre Cointrin, Cornavin et Lausanne est aujourd’hui saturé. Est-ce que ces deux nouvelles voies seront suffisantes pour absorber un trafic avec des trains plus nombreux, des horaires cadencés et allongés et une utilisation optimum des infrastructures existantes ? Pourquoi ne pas avoir songé de suite à la construction de deux quais, afin de recevoir 4 nouvelles voies ? 2 voies supplémentaires, c’était pour hier, pas pour demain !

Le Conseil fédéral et ses deux Chambres nous infligent un accroissement rapide de la population que nous impose la libre-circulation. Pourtant nos élus manquent singulièrement d’ambition pour adapter nos infrastructures (quelles qu’elles soient) à une demande en constante augmentation qu’ils privilégient pourtant. Réflexion faite, nous investissons des sommes énormes pour ne rattraper finalement que notre retard.

18:29 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

06 janvier 2019

Plus de voies autoroutières : un remède sans la guérison ?

La «NZZ am Sonntag» évoque le dernier message du Conseil fédéral adressé au Parlement en matière de mobilité. Après ses préoccupations écologiques, citons entre autres sa Stratégie énergétique 2050 (votée en 2017) ou encore l'arrêté fédéral sur les voies cyclables et les chemins et sentiers pédestres (voté l’an dernier), notre gouvernement semble enfin de soucier de la grande majorité de ses concitoyens qui utilisent leurs automobiles pour se déplacer soit à titre privé, soit à titre professionnel. Et surtout, il prend acte de la croissance importante de notre population et donc des automobiles qu’elle possède, suite à sa politique libre-échangiste.

Malgré les cris hystériques des Verts qui défendent à la fois une immigration sans restriction (sauf celle de posséder un véhicule à moteur) et des mesures pour préserver les ressources de notre pays, ces Messieurs-Dames de Berne prennent enfin la mesure de la surdensification qu’ils nous imposent et ses conséquences catastrophiques pour la qualité de la vie et la nature en Suisse. Parmi celles-ci, évidemment, la Suisse connait un fort accroissement de son parc moteur. En 2017, selon les statistiques fédérales, 6,1 millions de véhicules routiers à moteur étaient immatriculés en Suisse. Ces chiffres ont globalement progressé de 32% par rapport à l'an 2000.

Et ce, malgré d’autres statistiques avancées par la gauche démontrant qu’en pourcentage, de plus en plus de personnes abandonnent leurs voitures. Il faut dire qu’il faut avoir les moyens de se la payer et, qui plus est à Genève, de trouver un endroit pour la parquer. Sans torpiller son budget familiale.

Dans leur vision d’autoroutes « à l’américaine » qui ne manquera de défigurer certaines parties de notre pays, le Conseil fédéral compléte ainsi l’arsenal des transports publics ferroviaires plus qu’engorgés. La Suisse ressemblera donc de plus en plus à ses grands voisins, avec ses larges rubans d’asphaltes sinuant à travers notre paysage alpestre ou encerclant nos cités.

Mais ne boudons pas notre plaisir! Pour une fois, Genève n’est pas oubliée et il y a urgence de désenclaver notre petit canton pour lui offrir une vraie autoroute la rattachant à la Suise. Reste qu’en continuant sa politique libre-échangiste, dans quelques années, six voies autoroutières seront peut-être suffisantes. Il faudra alors reprendre la proposition de l’UDC : les quotas, seuls solutions pour maîtriser sérieusement le surdéveloppement de notre petit pays.

17:55 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

13 décembre 2018

Les bons outils font les bons conseillers municipaux  

La Ville de Genève termine péniblement son année 2018. Après le choc qui a suivi la parution du rapport de la Cour des compte sur les dépenses inconséquentes des Conseillers administratif, voilà quelques jours plus tard que les dépenses du personnel municipal sont sous les feux du Service du contrôle financier de la Ville de Genève (CFI).

Ainsi donc, après les magistrats, le personnel de la Ville de Genève ne brille pas plus dans la rigueur de leurs propres frais professionnels.

L’audit du CFI pris comme tel donnera lieu à de nouveaux débats lors du budget et peut-être plus encore à l’heure des comptes 2018. Nous entendrons de nouvelles justifications de l’exécutif, de nouvelles mesures pour juguler ces curieuses pratiques et corriger le système de contrôle interne a été jugé défaillant.

Sale année pour l’administration communale. Mais aussi sale année pour les conseillers municipaux qui se sont aperçus de la faiblesse des outils de contrôle mis à leur disposition. Les commissions de l’aménagement ou celle des constructions brassent des dizaines de millions de francs par année, se contentent des projets présentés par les magistrats, les questionnant et recevant des réponses plus ou moins précises.

La récente affaire des frais supplémentaires engagés par le Grand Théâtre de Genève lors de son déménagement et l’aménagement de ses sites provisoires pendant la rénovation de la place de Neuve a démontré notre grande difficulté à  dépasser les simples réponses des magistrats ou même les auditions demandées en séance de commission.

C’est la fuite des observations transmises à Rémy Pagani et à Sami Kanaan par le Contrôle financier qui a permis de prendre la mesure de ce dossier bâclé dont, entre autres constats, certains frais pris en charge devraient être imputés sur le compte de fonctionnement et non sur  les investissements de la Ville de Genève.

Il nous faut donc impérativement nous emparer des rapports du CFI dont à ce jour nous ne sommes ni informés de leur parution, ni n’y avons pas accès ; seul le Conseil administratif et ses chefs de service peuvent en disposer. Inutile de relever les pressions que subit ce service livré à ses employeurs alors qu’il doit exercer de façon indépendante et objective l’audit interne de l’administration municipale.

Aussi, je dépose pour janvier 2019 un projet de délibération intitulé : « Protéger et renforcer l’indépendance de l’audit interne face aux pressions ». Pour ce faire, je veux modifier le règlement sur le contrôle interne, l’audit interne et la révision des comptes annuels en Ville de Genève (LC 21 191), afin de mettre sur le même rang Conseil administratif et Conseil municipal.

Le travail du Service du contrôle financier de la Ville de Genève doit être bonifier et servir aux décisions du Conseil municipal.

11:03 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

25 novembre 2018

Autodétermination : Les Suisses aiment les traités internationaux

C’est la troisième fois que le peuple soutient les traités internationaux. En 1977, l'initiative populaire «contre la limitation du droit de vote lors de la conclusion de traités avec l'étranger» est rejetée tout comme celle de l’ASIN, en 2012 «Accords internationaux: la parole au peuple!». Toutes sont rejetées dans des proportions identiques à l’initiative votée ce jour.

Soyons sincère. Sauf surprise, nous pensions perdre cette votation mais pas avec un score si bas. Il y a donc forcément une ou des erreurs dans notre stratégie. J’en vois trois.

La première se trouve dans le nom même de l’initiative (l’autodétermination). Il n’est guère agréable à l’oreille et nous trouvons parmi ses antonymes le mot «liberté». Nous avons perdu de nombreuses semaines à faire passer dans la population le titre de notre initiative.

Deuxième erreur, bien évidemment, le visuel. L’affiche officielle a privilégié une forme d’anonymat, jaune douçâtre, sans même le logo de l’UDC. La jolie blonde elle-même n’avait pas l’air particulièrement emballée de présenter le panneau qui indiquait «oui» à notre initiative. Nous voila bien loin des campagnes UDC habituelles, provoquantes, qui chauffaient les débats et ne laissaient personne indiffèrent.

Troisième erreur, c’est celle de s’être laissé enfermé dans un débat sur la Cour européenne des doits de l’homme. Notre initiative était bien plus large. Je l’ai dit à plusieurs reprises sur ma page FB. Elle touchait notre implication dans l’OTAN, donc notre neutralité telle qu’inscrite dans la Constitution, aussi bien que l'initiative populaire fédérale «Pour la protection des régions alpines contre le trafic de transit», inscrite dans la Constitution et que le parlement fédéral n’a toujours pas appliquée. Sans parler de l’initiative contre l’immigration de masse qui a mis si mal à l’aise la classe politique qu’elle refuse toujours d’appliquer les quotas demandés.

A moins d’une année des élections nationales, ce mauvais résultat doit être analysé sans état d’âme par les dirigeants de l’UDC. Une partie de notre électorat, que je ne parviens pas à évaluer, s’est détourné des urnes parce qu’il pense qu’il ne sert à rien de voter pour l’UDC. Échec en votations et si succès, il n’y a pas d’application de nos textes. C’est une mise en cause de notre démocratie. C’est aussi une mise en cause de notre parti et de son potentiel pour changer la politique. Il faut revenir à nos fondamentaux. C’est l’une des conclusions à tirer de cette votation.

 

21:53 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |