03 avril 2017

Exposons les trésors des Ports Francs

Sans titre 1.jpgL’exposition qui se tient du 14 mars au 30 septembre au Musée d’art et d’histoire est passionnante à plus d’un égard. Tout d’abord pour la beauté des neufs œuvres présentées. Ensuite pour les raisons qui ont conduits ces biens archéologiques à être exposés au MAH. C’est grâce au Ministère public qui les a confisqués à la suite à un contrôle de l’Administration fédérale des douanes aux Ports Francs. Dans l’attente d’une restitution à leurs pays d’origine, le MAH s’est vu confier ces pièces, à titre temporaire, pour en assurer la conservation et les présenter au public.

Les Ports Francs genevois sont l’un des lieux sous douane les plus importants du monde. Un quotidien zurichois a estimé à 100 milliards de francs la valeur des dépôts réunis à Genève.  L’on parle de plus d’un million d’œuvres d’art qui seraient conservées en bas de la route du Gd-Lancy, dont la moitié "sous douanes", un trésor dont le caractère exceptionnel et remarquable va du vase étrusque au Modigliani.

Ainsi, en 1939, Genève a accueilli 1’868 caisses contenant les trésors du Musée du Prado, évacuées de Madrid bombardée à la veille de la prise de pouvoir par Franco et réceptionnée par le Secrétaire de la SDN Joseph Avenol. Le Musée d’art et d’histoire a exposé pendant la Seconde Guerre mondiale 174 toiles issues de ce dépôt.

Ou plus récemment, l'histoire de "La Belle Princesse", ce portrait sur vélin, à la craie, au crayon et à l’encre, estimé à 150 millions de francs et déposé aux Ports Francs et qui, comme l’a révélé la Tribune de Genève, est attribué à Léonard de Vinci, malgré les réticences de certains milieux.

En partant du principe que beaucoup de ces dépôts ne relèvent pas d’activités secrètes, je dépose une motion pour demander au Conseil administratif de renforcer la collaboration avec les ports francs en vue de permettre des expositions régulières de pièces dans les musées de l’ensemble muséal de la Ville de Genève et d’entamer une discussion avec la gouvernance des Ports Francs en vue d’informer et de proposer aux déposants intéressés de présenter leurs œuvres au public genevois par l’intermédiaire des musées de la Ville de Genève.

Pièce jointe : motion

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20 mars 2017

L’UDC veut la création d’une fondation d’intérêt public communal dédiée au réseau des musées MAH

​Malgré les moyens importants déployés par le magistrat en charge de la culture et du sport et le lobby MAH+ pour «vendre» le projet Nouvel aux Genevois, ceux-ci ont refusé dans les urnes, le 28 février 2016, de passer à la caisse. Et pour cause ! Ce projet, outre son coût faramineux et sous-évalué à CHF​ ​132 ​millions, était truffé d’irrégularités dès sa naissance : procédure d’attribution du marché public au bureau Jucker-Nouvel non respectée, partenariat inégal équivalant à une mainmise d’un privé sur un musée public, coûts pour la collectivité non chiffrés, absence de politique muséale au profit d’un projet architectural portant de surcroît atteinte à un bâtiment classé à l’inventaire fédéral, forcing du processus décisionnel et mise à l’écart dès le départ de toutes les parties intéressées, notamment les associations de protection du patrimoine.

Au final, la Ville aura dépensé CHF 7​ millions​ ​de crédits pour des études qui ne seront pas réutilisables. Un projet de motion signé par la quasi-totalité des commissaires aux finances a été déposé, exigeant de l’exécutif qu’il fournisse tous les documents qui permettraient de dissiper ses doutes quant au respect des règles d’attribution des marchés publics. Pour couronner le tout, la Genferei 2016 a été décernée à M. Sami Kanaan pour cette affaire du MAH.

Malgré tous ces messages pourtant clairs, les magistrats Kanaan et Pagani ont persisté vouloir lier la rénovation du bâtiment Camoletti à son agrandissement, tandis que M. Sami Kanaan n’a rien trouvé de mieux, pour élaborer un projet culturel, que de mettre sur pieds une commission externe qui, comme sa dénomination l’indique, est composée de membres venus de l’étranger et d’autres cantons, à l’exclusion des partis politiques représentés au Conseil municipal, de l’autorité scientifique de l’Université,  des associations de protection du patrimoine et des importants partenaires du MAH, comme par exemple la Société des Amis du Musée d’art et d’histoire (SAMAH), qui compte quelque 1400 membres, ou encore Hellas et Roma.

Il est d’ailleurs affligeant de constater que le MAH attend une véritable politique muséale depuis 1998 et que le directeur actuel engagé dans un contexte explosif n’y ait pas travaillé, se contentant, selon ses propres termes (TdG, 04.01.12), «de préparer la restauration et l’agrandissement du musée». En parallèle, les effectifs ont doublé en 15 ans, avec notamment l’engagement de médiateurs culturels, sans apporter aucune plus-value en termes d’attractivité. 

A noter encore la politique d’engagement dans le réseau MAH qui a suscité de nombreux questionnements et interventions au Conseil municipal. Pour l’UDC-Ville de Genève, il est impensable que le réseau MAH, avec un budget de CHF 34 ​millions par an, ne soit chapeauté que par un directeur et un magistrat, alors que toutes les autres institutions culturelles de la Ville de Genève sont organisées en fondations d’intérêt public communal.

C’est pour cette raison, et au vu du bilan déplorable du MAH décrit plus haut, que les élus municipaux UDC en Ville de Genève ont décidé de déposer un PRD pour la création d’une fondation d’intérêt public communal dédiée au réseau des musées MAH (voir pièce jointe)​.

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03 mars 2017

Benoît Genecand, converti à la bonne parole UD

benoit.jpgIl va y avoir quelques secousses dans les rangs du PLR genevois après les déclarations de Benoît Genecand dans La Tribune de Genève. Affirmer être opposé à la libre circulation est au PLR ce que l’homosexualité est à l’Eglise catholique. Un désordre, un péché. Un vrai de vrai. Un de ceux qu’il faut confesser avec un ferme propos. Comment vont faire les barons du  Boulevard Emile-Jaques-Dalcroze et ceux de la rue de St-Jean pour pardonner au conseiller national ses propos déviants ? Parce qu’il a fait fort le père Genecand. Il n’a pas seulement affirmé être contre la libre circulation, il a justifié sa position par une critique des milieux économiques, de ses dérives, de sa soif insatiable de développement. L’iconoclaste a osé : « L’économie a toujours éludé une question basique : on est 8,3 millions d’habitants, On sera 10 millions en 2030 ou 2035. Mais ça s’arrête où ? » Et de pointer du doigt l’outil chéri des milieux économiques : la libre circulation. Il estime que le joujou provoque des tensions au sein de la population parce que celle-ci est perdante. « Aujourd’hui, il commence à avoir plus d’inconvénients que d’avantages ».

Ce n’est pas le premier représentant d’un parti bourgeois (ou même un grand patron) qui chemine vers Damas. Rappelez-vous l’ancien président démocrate-chrétien, Christophe Darbellay, qui, en mars 2015, découvre que l’immigration subie par la Suisse depuis l’entrée en vigueur de la libre-circulation est calamiteuse. Ou Rolf Dörig, président du conseil d'administration de l'assureur Swiss Life et spécialiste du travail temporaire Adecco. Il voyait dans l'initiative sur l'immigration de masse une chance: "Nous autres dirigeants de l'économie avons trop longtemps suivi exclusivement les intérêts des entreprises", déclarait-il dans la Schweiz am Sonntag. "Trop longtemps, nous n'avons pas perçu ce qui se passe dans la société", avait-il ajouté. Le partenariat social, le contrat entre les générations et la cohésion sociale sont au bord de basculer.

Les milieux économiques l’ont admis au lendemain de la votation de l'initiative UDC contre l’immigration de masse. economiesuisse estimait, toujours en 2015, qu’il est trop facile d’engager des étrangers, ce qui a pour résultat de laisser en rade les Suisses, beaucoup de Suisses. La paix sociale est fragilisée et l'économie n'aime pas cela. Sans pour cela en tirer les conclusions qui s’imposent : dénoncer la libre circulation. Au contraire, le feu a été nourri contre l’UDC et son initiative, particulièrement à Genève, de la part des partis bourgeois et de la Fédération des Entreprises romandes.  Quant aux représentants bourgeois au Conseil d’Etat, leur opposition à toute régulation de l’immigration est inversement proportionnelle à leur adhésion à la régularisation de clandestins. 

Ainsi donc, la volonté clairement exprimée par les Suisses de maîtriser l’immigration fait son chemin hors des rangs de l’UDC. Une volonté qui doit être mise en application alors que nos dirigeants sont toujours recroquevillé sur leur vision dépassée d’une Suisse aux portes ouvertes à tous les mouvements migratoires. « Simplement on tiendra le robinet » comme le dit Benoît Genecand. C’est exactement ce que veut le peuple. Et d’un qui l’a entendu !

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12 janvier 2017

Arithmétique carougeoise

Théâtre de Carouge or not Théâtre de Carouge ? Lors du prochain Conseil municipal (17 janvier), la Ville de Genève pourrait s’opposer par voie de résolution à l’une des décisions prises par l’association des communes genevoises, à savoir la demande par la Ville de Carouge d’un crédit de 7 millions (initialement fixé à 5 millions) pour compléter le montage financier de la reconstruction de son Théâtre d’un coût total de 54 millions. Dans sa décision D-30.44, les explications de l'ACG sur ce fameux montage restent toujours aussi fumeuses que celles données en 2014 par les autorités carougeoises, un montage financier qui fut contesté à l’époque par l’UDC-Carouge. Les chiffres ont changé, les incertitudes demeurent.

On apprend ainsi que le Conseil d’Etat propose de ne verser que 10 millions sur les 15 millions réclamés pour cet investissement. Une demande de crédit a été déposée en décembre 2016 sur le bureau du Gd Conseil. Il n’y a donc à ce jour aucune certitude quant au versement de cette somme. Pour rappel, le Conseil d'Etat a confirmé au Conseil administratif de la Ville de Carouge, en date du 4 février 2015, son intention d'inscrire au plan décennal des investissements (PDI) un montant de 5 millions pour ce projet. Dans la réponse à la question 310-A, déposée en avril 2015 par le député et conseiller municipal carougeois Bertand Buchs, le Conseil d’Etat rappelait l’importance à ses yeux de la Nouvelle Comédie et son coût important pour les finances cantonales (45 millions), comme pour signifier que son aide ne pourra pas être celle imaginée par l’exécutif carougeois.

De son côté la commune engagera un montant de construction de 21 millions, ce qui est énorme pour cette commune. Il est à présent question de la porter à 24 millions pour éponger théoriquement la différence, ce qui permettrait de réunir les 54 millions de ce projet.

« Le Conseil de fondation du théâtre va également tenter de trouver 16 millions, au lieu de 13, en provenance du secteur privé, qui serait en sa possession » explique crânement Stéphanie Lammar, conseillère administrative carougeoise et responsable des affaires culturelles. « Tenter », « serait » : voilà des verbes qui manifestent l’espérance des aficionados de ce projet mais qui laisse songeur tout financier un peu sérieux.

Alors, ce projet, si balaise que cela ?

Pas tant que cela : le Gd Conseil ne s’est pas encore prononcé sur la subvention qu’il entend attribuer à Carouge.

Pas tant que cela : la commune de Carouge n’a pas encore voté une nouvelle augmentation de sa participation.

Pas tant que cela : le Conseil de fondation « va tenter » de trouver de son côté 3 millions pour boucler le plan financier.

Pas tant que cela : l’association des communes nous propose une décision peu sérieuse, précisant que c’est « pour combler partiellement cette différence » qu’il porte de 5 à 7 millions sa contribution.

L’UDC Ville de Genève pourrait bien s’opposer à ce montage financier fantaisiste imaginé par le Conseil administratif de la Ville de Carouge avec l’aide des pouvoirs publics et les promesses du Conseil de fondation du Théâtre de Carouge, à coup de millions promis ou en attente d’acceptation par les autorités. Mais me direz-vous, c’est ainsi que travaillent les politiciens. Eh bien il est grand temps d’être plus exigeant !

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11 janvier 2017

Derniers transferts

Deux transferts ont été annoncés hier. Le premier concerne la conseillère municipale Virginie Studeman, socialiste. Je l’apprends avec un réel déplaisir. Qu’importe les raisons de sa décision, son départ est une mauvaise nouvelle pour notre délibératif qui perd une élue de qualité.

Je siégeais principalement avec Virginie à la commission de l’aménagement et j’ai grandement apprécié sa sagacité et la précision de sa réflexion sur les dossiers qui nous étaient transmis. Lorsqu’elle levait le doigt pour demander la parole, la mine sérieuse, on savait d’expérience que l’on assisterai à un tir en rafale, à une cascade de questions précises, dont le seul but était de comprendre les sujets que Rémy Pagani nous présente avec plus ou moins de clarté. Disons-le ainsi…

Virginie Studemann est une femme sérieuse disais-je donc, intelligente et politique, peu encline au spectacle parlementaire, respectueuse des institutions. La vieille garde, si je peux m’exprimer ainsi sans la vexer. Cela suffisait à mes yeux pour l’apprécier, voire pour la suivre avec une certaine connivence dans la recherche d’explications rationnelles, souvent chiffrées, nous permettant de prendre une décision en toute connaissance de cause.

C’est pourquoi je ne peux que regretter le départ de l’éminente Virginie Studemann qui maîtrisait ses dossiers, lui souhaiter tout de bon (enfin pas trop, elle est socialiste…) et accueillir amicalement son successeur qui devrait être Ulrich Jotterand.

Deuxième transfert, celui d’Adam Hasani, ex hockeyeur du HC Fribourg et Kloten, qui jouera dans mon équipe préférée la saison prochaine.

Je devine le froncement de vos sourcils. Quel rapport avec Virginie Studemann ? Celui-ci : lorsque le HC Servette joue contre de bonnes équipes, le jeu est de qualité. Quitte à perdre la partie. Avec des équipes plus faibles, le jeu s'en ressent. Et pas qu'un peu. De même, lorsque que la droite débat contre de bonnes conseillères municipales de gauche, le débat est de qualité. Quitte à perdre la partie...

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