10 décembre 2013

Un discours de St-Pierre remasterisé

"Une place pour chacun", voilà le but que poursuivra ces cinq prochaines années le gouvernement genevois. Et de creuser un peu plus le sujet : travailler, se loger, se déplacer. Fort bien. Prenons dans l’ordre ce menu 2013/2018.  Le travail tout d’abord. Le Conseil d’Etat entend protéger les emplois les plus exposés. On imagine que François Longchamp évoque les difficultés que rencontre nombre de travailleurs genevois face à une immigration totalement incontrôlée et à son corollaire, le dumping salarial. D’autant plus qu’il n’a pas craint de citer parmi les priorités gouvernementales les emplois locaux. Eh bien non ! Le nouveau président du Conseil d’Etat restera fidèle à l’engouement de ses prédécesseurs pour les accords bilatéraux et évidemment pour la libre circulation. A part les emplois de solidarité, dont plus beaucoup de collectivités publiques ne veulent plus, aucune solution choc n’est en vue pour lutter contre un taux de chômage qui est le plus élevé de Suisse.

Se loger. Là aussi, rien de bien nouveau. Le Plan directeur cantonal 2030, avec ses inévitables 100'000 personnes de plus et le Grand Genève pour tout remède restent le programme politique privilégié du Conseil d’Etat. Et j’oubliais : la surdensification de notre canton et surtout de nos communes.

Se déplacer, enfin. A part le CEVA, aucune solution genevoise en vue pour soulager le trafic. Le salut, financier du moins, ne viendra que la Confédération. Il concernera l’élargissement de l’autoroute de contournement, l’agrandissement de la gare de Cornavin. En sous-sol ? Mystère. Et l’empiètement des voies de circulation pour la construction de nouvelles lignes de trams. Quant la traversée du lac (pas de la Rade!), l’exécutif prévient déjà qu’il ne pourra pas la financer. Voilà le biker prévenu !

On devine que le nouveau Conseil d’Etat n’est pas parvenu à dégager une politique qui sorte des sentiers battus. Il se bornera à respecter les « engagements pris », dans une continuité qui rassurera les milieux syndicaux et patronaux. Mais les Genevois sont prévenus : la pression migratoire restera ce qu’elle est actuellement pour les milliers de personnes sans travail : insupportable ! Mais le 9 février, tout pourrait bien changer pour ces immobilistes...

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29 novembre 2013

Budgets: La droite de la Ville de Genève précurseur?

En Ville de Genève, UDC, MCG, PLR et PDC refusent le budget 2014 équilibré tel que présenté par le Conseil administratif parce que les investissements ne sont pas couverts à hauteurs de 25 millions. La droite du délibératif, unie, suit un raisonnement clair, exige des économies à hauteur du découvert provoqué par les investissements et s’en expliquera en séance plénière le 14 décembre prochain.

Au canton, tout autre son de cloches (au pluriel !). Le budget 2014 est équilibré tel que le présente le Conseil d’Etat et le MCG, le PLR et PDC le votera. Seule l’UDC le refuse. Les investissements présentent pourtant un non-couvert de 130 millions qui - comme en Ville - ira grossir une dette colossale. L’exposé des motifs du Conseil d’Etat ne fait pourtant pas mystère de cet aspect du budget. Il va même jusqu’à préciser que l’insuffisance de trésorerie provoquera une augmentation de la dette d’un demi-milliard de francs à moyen terme. Et de conclure : « Afin de financer ce niveau d'investissement, relativement élevé par rapport aux décennies précédentes, il serait dès lors nécessaire de présenter un résultat de fonctionnement de plus de 100 millions pour le budget 2014. ». Précisons que le projet de loi sur la gestion administrative  et financière (qui prévoit un montant de la dette maximum avant de bloquer certains investissements) n’est pas encore voté. C’est donc sans cet outil que les partis de droite acceptent le budget 2014 avec un montant des investissements extrêmement élevé, comparable à ceux des années précédentes (de l’ordre de 650 millions).

D’où ma question : En matière budgétaire, la droite du Municipal de la Ville de Genève n’est-elle pas plus crédible que la droite du Parlement cantonal ?

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24 novembre 2013

IN-3 : Le travail exemplaire de Rémy Pagani porte ses fuits…

Il y a de la forfaiture dans cette votation parce que clairement Rémy Pagani n’a pas respecté la loi sur l’administration des communes. Et le résultat en est presque anecdotique si ce n'était le caractère démocratique de cette votation. Rémy Pagani et ses services ont "omis" de faire leur travail tout au long de la procédure propre à une initiative communale.

Après des explications burlesques - une malencontreuse confusion entre le référendum et l’initiative contre l'agrandissement de l'OMC en 2009 - Rémy Pagani fini tout de même par produire le 14 septembre 2010 un rapport lapidaire du Conseil administratif par lequel il invitait le Conseil municipal a rejeter la prise en considération de cette initiative, compte tenu de son caractère absolu et de ses conséquences sur les futurs projets concernant les bords du lac. Les élus municipaux demandèrent par conséquent à Rémy Pagani de produire un contre-projet conformément à ce que prévoit la LAC, ce qu’il refusa. L’IN-3 fut renvoyée à la Commission de l’aménagement et malgré les demandes insistantes des commissaires à ce que M. Rémy Pagani présente un contre-projet, celui-ci refusa encore.

Rappelons enfin que le 18 janvier 2011, le Conseil municipal refusa l’IN-3 et dû se résoudre à laisser cette initiative être soumise à la votation populaire sans contre-projet.

Ce dimanche, les Genevois ont accepté l’initiative de l’extrême-gauche qui, c’est le moins que l’on puisse dire, est hors d'actualité, hors de propos et hors la loi. Le débat sur l’OMC ayant été clos par la votation sur l’agrandissement du Parc Barton, le fond du problème n’a plus la même acuité en 2013 qu’il n'en avait en 2009. Mais voilà, l’extrême-gauche et Rémy Pagani ont su parfaitement jouer de cette mise sous le boisseau.

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05 novembre 2013

Un Conseil municipal floué au sol

Success story à la genevoise pour la fusion des pompiers de l’aéroport et ceux de la Ville de Genève. Baptisé ConvergenceS, ce projet porte bien mal son nom. Initié par Pierre Maudet, qui l’a soumis au pas de charge durant sa campagne électorale au Conseil municipal pour l’octroi un crédit d’étude de 6,5 millions de francs, il s’est enlisé depuis sans que son successeur, Guillaume Barasonne, n’en puisse grand-chose. ConvergenceS, c’est la fusion des corps de pompiers SSA-SIS, mais c’est aussi la construction d’une caserne digne de la guerre de étoiles dans la Halle 7, avec une rampe d’accès de science-fiction pour les tonnes-pompes du SSA et la création d’une établissement public autonome (qui lui semble être un projet plus sérieux) regroupant tous les pompiers du canton. Le tout, ainsi qu’il en est l’habitude au municipal, servi dans un seul et même projet.

La commission de la sécurité et de l’informatique que j’ai présidé jusqu’à cet été, a suivi ce dossier avec beaucoup de sérieux et d’unité, ce qu’il convient de relevé. Tous étaient inquiets de ce projet changeant au fil des mois, où les nombreux acteurs ne semblaient pas totalement acquis à l’idée d’une fusion ou perplexes devant les plans d’une caserne improbable qui ne répondait pas – et de loin – aux différents cahiers des charges. Les mois passèrent...

La Ville de Zurich a effectué la fusion de ses pompiers voici une dizaine d’années. La première année s’est terminée sur un flop, comme à Genève mais après 5 ans (!) de promesses et d’études coûteuses. Les autorités ont alors décidé qu’il y aurait fusion quel que soit les jérémiades des uns et de autres. Cela a été réalisé en une année. Quelques difficultés relationnelles plus tard, la fusion fonctionne très bien, merci, a apporté un gain d’efficience pour la Ville comme pour l’aéroport et, cerise sur la gâteau, coûte moins chère qu’avant la fusion.

Mais au bord de la Limmat, les intérêts et les hommes (et les femmes !) ne sont pas les mêmes. Bienheureux Zurichois.

 

 

 

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29 octobre 2013

Musée d’art et d’Histoire : l’UDC propose de sortir de l’impasse

A l’ordre du jour du Conseil municipal de la Ville de Genève depuis 1998, la rénovation du musée d’Art de d’Histoire (MAH) est toujours en attente d’un projet enthousiasmant non seulement les principaux acteurs mais aussi la population genevoise. En 2001, c’est le projet Jean Nouvel Jucker MRH et Diserens qui est retenu au terme d’une pré-étude. Il n’y a donc jamais eu de véritables concours d’architecture et c’est ce même projet qui est discuté depuis lors par le Conseil municipal et le Conseil administratif (2004), par des mécènes (2006), par la commission des monuments et sites (2008) puis par Action Patrimoine Vivant (2011). Les autorités de la Ville ont déposé un nouveau projet (janvier 2013) qui n’a guère satisfait les défenseurs du patrimoine qui ont fait recours contre l’autorisation de construire et en cas de vote par le délibératif un référendum sera inévitable.

L’UDC constate que, de fait, le projet Nouvel n’existe plus. Le nouveau projet est beaucoup trop onéreux (budgété à 60 millions, il est à présent estimé à 130 millions) et qu’il ne fait toujours pas l’unanimité.

L’UDC constate que la rénovation du MAH est le plus important chantier de la Ville de tous les temps. La date communément retenue de 2018 pour démarrer les travaux n’est envisageable qu’à condition que le Tribunal administratif de Première instance rejette le recours de Patrimoine Suisse Genève et en cas d’acceptation du permis de construire que la population refuse le référendum…

En proposant de tout remettre à plat en lançant un concours international d’architecture dont le jury serait composé de tous les acteurs concernés (y compris les représentants du patrimoine et les mécènes) et d’intégrer dans les exigences du nouveau projet la question du parking des Clés-de- Rive et du site archéologique du Bastion Saint-Antoine, l’UDC pose les conditions nécessaires à l’aboutissement de ce projet.

L’UDC espère que Conseil municipal aura le courage de remettre en question un dossier qui ne parvient pas à réunir une large majorité à un coût acceptable et ainsi de relancer la rénovation du MAH sur des bases plus saines (voir motion).

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