06 juin 2018

Dealers : la colère des Lausannois anticipe-t-elle celle des Genevois ?

Le marché de la drogue connaît une phase d’extension à de nouvelles rues et à de nouveaux quartiers au désespoir des habitants. Longtemps confinés aux Pâquis, les dealers ont notamment envahi Plainpalais, la promenade de Saint-Jean, le Quai du Seujet et le Quartier des banques. L’extension géographique va de pair avec l’extension de l’offre: on peut trouver toutes les drogues possibles et imaginables à Genève !

Le Matin s’étonne avec raison ces derniers jours de la passivité des autorités genevoises devant cette situation. Ainsi, à Lausanne, le quotidien orangé nous apprend que des habitants ont dénoncé l’attitude des dealers africains postés devant des écoles et que certains d’entre eux proposeraient à bas prix des drogues dures à de jeunes adolescents, voire à crédit, puis proposeraient à des filles de les rembourser sexuellement. Doit-on supposer que les dealers actifs à Genève ne seraient pas aussi pervers que leurs confrères « lausannois »?

Le Matin nous apprend également que pour un ancien directeur de l’ODM, des requérants d’asile abuseurs se moquent de la naïveté des Suisses et utilisent les faiblesses de la procédure d’asile. Ils versent dans la petite criminalité et s’adonnent au trafic de drogue et souhaitent être actifs le plus longtemps possible en Suisse.

Un problème de compétence, véritable partie de ping-pong entre les APM et la gendarmerie, entre MM. Barazzone et Maudet, fait que la situation ressemble à celle que connaît la Ville de Lausanne. Les mêmes doléances sont exprimées par les habitants confrontés au deal. D’ailleurs, plusieurs objets UDC ont été déposés au Conseil municipal pour que la police municipale intervienne de manière sérieuse contre les dealers qui envahissent notre espace public, comme le texte demandant que les APM puissent intervenir sans uniforme pour appréhender les dealers qui se cachent à la moindre apparition d’un uniforme. On peut être dealer et pas totalement bête…

Je dépose ce jour la question écrite suivante adressée au responsable de la police municipale, Guillaume Barazzone :

  • Comment la gendarmerie et la police municipale de la Ville de Genève entendent s’y prendre maintenant qu’ils ont signé un contrat local de sécurité pour en finir durablement avec ces dealers, pour la plupart déboutés de l’asile et/ou séjournant illégalement sur notre territoire ?
  • Comment le Conseil administratif juge-t-il la situation en matière de deal déplorée par les riverains aux Pâquis, sur la place des Volontaires ou de Plainpalais, sur le chemin pédestre situé sur l’avenue de la Forêt, dans l’enclos à chiens, longeant l’avenue Henri-Golay, etc. ? Est-elle acceptable à ses yeux ?

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29 mai 2018

Les débats budgétaires pour 2018 sont enfin clos

Hier soir, et une partie de la nuit, à l'occasion du débat sur le budget 2018, le MCG a rompu l'alliance passée entre le PLR, le PDC et l'UDC qui formait la droite élargie (& solidaire). Le MCG a voté avec la gauche le budget 2018. Il m'importe peu de savoir si Daniel Sormani a passé un quelconque accord avec Sandrine Salerno et si le groupe MCG était divisé sur la décision de son représentant aux finances d'accepter un budget si peu différent des précédents qu'il avait alors accepté. Je ne considère pas ce choix comme une trahison ou une défaillance temporaire et, pour moi, la droite élargie (& solidaire) n'a pas explosé ainsi que se plaisent à le relever quelques grincheux.

La droite élargie (& solidaire) ne s'est jamais ni mariée, ni pacsée. Elle n’est en aucune manière une fusion de nos partis en un «front» républicain de droite mais un assemblage de partis qui conservent chacun leur programme et surtout leur liberté de décision. Elle s'est mobilisée pour dégager une majorité claire, de droite. Le MCG, dont la spécificité est ne vouloir être ni à gauche, ni à droite, a été un allié loyal tout au long de ces dernières années, avec une nuance, celle de vouloir défendre la fonction publique.

Alors quid de la suite ? Laissons passer l'été et nous nous pencherons sur le budget 2019. Pour l'UDC, cela se fera sans a priori, ni a posteriori. Nous aurons plaisir à nous remettre autour d'une table en espérant dégager une nouvelle fois une majorité de droite avec le PLR, le PDC et le MCG. Nous y sommes arrivés ces dernières années, nous y arriverons la prochaine fois. A titre personnel, je pense que si la droite élargie (& solidaire) avait été plus exigeante dans ses demandes de révision budgétaire, peut-être serions-nous arrivés à nous entendre. A bon entendeur salut.

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10 mai 2018

Faut-il réécrire les textes sacrés?

C’est la question que se pose le professeur d'Ancien Testament à l'Université de Genève, Jean-Noël Macchi dans La Tribune du 9 mai 2018. "(...) certains versets (tirés des écrits fondateurs des grandes religions) heurtent, non sans raison, la sensibilité de nombreux lecteurs contemporains. Certains passages invitent à la violence, à rejeter certaines catégories de personnes ou à tenir les femmes dans un statut inférieur. En outre, plusieurs passages sont manifestement en contradiction avec les découvertes scientifiques." Et de noter qu'un manifeste publié dans «Le Parisien» le 21 avril suggère de supprimer des textes sacrés les versets difficiles. Le Coran mais aussi la Torah et la Bible sont aussi évoqués.

C’est absurde répond le professeur Macchi, "les textes sacrés sont riches et complexes comme la grande littérature ou la grande poésie. A-t-on jamais pensé à expurger Homère des passages violents qui pourraient inspirer des nostalgiques de l’Antiquité (et il y en a eu au siècle dernier…)?

Il a raison. Mais alors pourquoi, à la fin de son article, revenir sur le manifeste du «Parisien» et proposer à ses signataires de promouvoir des interprétations des textes fondateurs "qui soient cohérentes, respectueuses du bien commun et critiques"? N'est-ce pas contraire à sa position liminaire?

Si l'on s'autorise à supprimer des passages ou simplement à les corriger au gré des opinions de l'époque, opinions qui sont généralement plus politiques que religieuses, les textes bibliques ou coraniques perdent leur caractère sacré. Ce n'est pas en corrigeant la parole de Dieu contenue dans la bible, que survivra la Vérité, "parole faite chair" comme le croit les chrétiens.

Qu'une Constitution évolue selon les us et coutumes de l'époque, c'est normal. Notre actuelle Constitution de 1999 sera sans doute différentes dans 20 ou 30 ans. Ce n'est pas le cas des textes sacrés. Un catholique de 2018 récite le symbole des apôtres avec la même foi que ses aïeux, malgré les modes. Si il change d'opinion, ne croit plus par exemple qu'à une partie de ce Credo (refuse la virginité de la Vierge Marie ou doute de la résurrection du Christ), il se met de lui-même hors du périmètre de l'Eglise, de sa tradition et de son enseignement authentique. Il risque tout simplement de perdre la foi. Elle n'est pas innée selon saint Paul, « elle vient de ce que l'on entend et on entend par une parole du Christ » (Romains 10:17).

Et même si la majorité des catholiques était dans cet état de foi sélective, il serait impossible aux responsables religieux de changer ou d'adapter les textes sacrés sans de très sérieuses raisons - et sans lien avec le pouvoir séculier - sans trahir leur religion, à l'image du Credo catholique qui résume la foi des Apôtres et qui nous a été transmise directement par eux. Ma réflexion est sans doute partagée par un musulman ou un juif.

Le professeur Macchi a raison lorsqu'il affirme qu'il faut assumer le fait "que les textes fondateurs sont des productions historiquement situées et qu’il faut les replacer dans leur contexte de production pour en comprendre la signification". Indépendamment des idéologies du jour. "Et le monde passe, et sa convoitise aussi; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement" (S. Jean).

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06 mai 2018

Pas de « bad boy » au Conseil d’Etat genevois

Soir d’élection. Fallait-il sauver le soldat Barthassat pour maintenir la majorité de droite au Conseil d’Etat ? Les Genevois ont répondu très clairement par la négative. Ce qui est curieux si l’on prend en compte que les Genevois ont majoritairement voté à droite pour cette dernière législature (législatif et exécutif). Pas de tickets gagnants pour tous les sortants. Mais il faut avouer que ces Conseillers d’Etat n’ont pas su - ou pu - capitaliser leur action plus que modeste. A leur décharge, un législatif fragmenté au gré des dossiers en a brouillé la lisibilité, si tant est qu’elle eût existé.

Au fil d’une campagne sans saveur, les Genevois n’ont pas pu saisir clairement les enjeux. D’autant plus que les magistrats sortants, de droite comme de gauche, se sont bien gardés de les aider dans cette analyse. Et pourtant, outre le développement  insensé de notre canton et les problèmes liés à l’arrivée importante de musulmans, l’un des gros dossiers est sans conteste la gestion de la fonction publique et de la dette.

Si l’on reste sur cette dernière (la dette), l’actualite économique n’est pas bonne Le FMI pointe du doigt une accélération de l’inflation qui conduirait la Réserve fédérale américaine (la Fed) à relever plus fortement que prévu ses taux d’intérêts. Son nouveau président a prévenu le 21 mars dernier qu’il pourrait procéder, après avoir augmenter le taux directeur d’un quart de point en début d’année, à trois autres relèvements d’ici la fin de l’année. Tout cela sur fond de remontée des cours de pétrole, ce qui alimente la spirale de l’inflation aux États-Unis mais aussi en Europe et en Asie.

Pour revenir à Genève, fallait-il sauver la majorité de droite ? Évidemment non si l’on retrouve les mêmes magistrats. L’incapacité de la droite bourgeoise à imaginer une autre composition gouvernementale pour maîtriser fonction et dette publiques a conduit à remplacer un Conseiller d’Etat de droite par un Conseiller d’Etat de gauche. Exit Luc Barthassat, bonjour Thierry Apothéloz. L’imagination mais aussi l’envie de maîtriser fonction et dette publiques aurait pu conduire la droite bourgeoise à soutenir Yves Nidegger et ainsi sauver une majorité de droite digne de ce nom. La droite avait en main son « bad boy » pour rétablir une politique de droite, diminuer l’importance de la fonction publique et de sa dette abyssale. Mais voilà, personne au PLR, au PDC ou à la FER n’en avait réellement envie. 

On continuera donc à « faire de la politique » entre élus de bonne compagnie.

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02 mai 2018

Accord institutionnel Suisse-UE : Les europhiles espèrent mais pas plus

Le Conseiller national Lukas Reimann, président de l'ASIN, a averti l'officialité helvétique la semaine dernière à l’occasion de la 33e Assemblée générale de l’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) : "Même si Monsieur Ignazio Cassis, le nouveau Conseiller fédéral compétent, cherche à vendre aux citoyennes et citoyens l’accord-cadre comme un accord d’accès au marché (européen) très prometteur, cela ne change rien à son contenu ni à ses conséquences pour la législation et la démocratie directe suisses." L’ASIN va entièrement investir ses fonds dans ce combat. Lukas Reimann a annoncé par ailleurs que l’ASIN va activement soutenir le référendum contre la reprise de la directive européenne sur les armes de l’UE.

Comme en écho, lors du Forum européen de Lucerne qui s'est tenu lundi, la notion de «juges étrangers», l’argument massue de l’UDC pour balayer l’accord institutionnel (ou l'accord-cadre), n’a pas été évoqué une seule fois ! C’est dire, affirme Le Temps, qu’elle fait beaucoup moins peur qu’avant. L'occasion pour Alain Berset comme pour l’ambassadeur européen Michael Matthiessen de souligner que la relation Suisse-UE se trouve «dans une phase dynamique». Le président de Confédération helvétique a aussi tenté d’amadouer les hôtes européens du Forum: si les Suisses sont eurosceptiques, c’est précisément parce qu’ils sont si Européens en partageant les mêmes valeurs et des identités plurielles. «Mais nous ne sommes certainement pas des anti-Européens.»

L'article du Temps fait une curieuse acrobatie en tentant d'expliquer que le climat politique s'améliore entre la Suisse et l'UE et que cela est probablement dû au fait que l’immigration européenne a reculé en 2017 à son niveau le plus bas depuis dix ans, soit à 30'000 personnes seulement. Cette allusion est d'autant plus curieuse qu'elle prouve que ce dossier (l'immigration) préoccupe réellement les Suisses et que par conséquence la baisse du nombre de migrants soulage tout aussi réellement notre population...

Mais pour revenir au débat de lundi, les belles paroles se sont tout de même heurtées à la dure réalité : Berne et Bruxelles ne sont pas prêts à signer un accord institutionnel demain. Les pommes de discorde se sont déplacées. Ils concernent surtout l’accord sur la libre-circulation des personnes, que le parlement helvétique a assorti de mesures d’accompagnement pour éviter les risques de dumping salarial. Des mesures qui n'ont pas plu dans l'UE.

Mais ce n'est pas tout. Deux autres dossiers provoquent quelques disputes : d’une part, sur le champ d’application de l’accord institutionnel, que Berne veut réduire à cinq accords seulement, tandis que Bruxelles aimerait l’étendre; d’autre part, sur la question des aides d’Etat, concernant surtout un futur accord sur l’électricité. L’UE veut régler la question dans le cadre de l’accord institutionnel, alors que la Suisse veut la traiter spécifiquement dans chaque accord sectoriel.

Si l'on s'est donné beaucoup de peine pour gommer les critiques de l'UDC, les difficultés demeurent. Dimanche dernier, la SonntagsZeitung affirmait que les deux parties étaient retombées dans une impasse en raison de toutes ces pierres d’achoppement. De plus, l’an prochain, la Suisse et l'UE connaîtront d’importantes élections qui paralyseront ce dossier. Il reste donc peu de temps pour communiquer sur un dossier compliqué qui, comme l'immigration, va être traité par la presse très majoritairement europhile. L'UDC, l'ASIN et UE-Non donneront également de la voix. La rentrée de septembre sera chaud-bouillant.

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