18 juin 2016

L'homophobie, seulement ? Lettre ouverte à Guillaume Barazzone, Maire de Genève

Monsieur le Maire,
Cher Guillaume,

Les « couleurs » arc-en-ciel ont été montées cette semaine devant le Palais Eynard. C’est une décision prise par les autorités de la Ville de Genève suite à la tuerie dans un night-club gay à Orlando. Le meurtrier, Omar Mateen, est un "combattant du califat", reconnu comme tel par l’État islamique. Devant votre décision, qui revêt un caractère officiel, je ne peux pas m’empêcher de m’étonner. D'une part, ce drapeau ne représente pas un Etat ou une communauté d’Etats, il ne représente aucune institution nationale, internationale ou sportive (on pense aux anneaux olympiques). Il est l’emblème d’un choix sexuel, d’un mode de vie relativement nouveau pour notre société chrétienne.

D'autre part, en votre qualité de nouveau maire, vous nous avez donné l’explication suivante: A travers ce geste symbolique, la Ville refuse l’homophobie et affiche son attachement aux libertés et à l’égalité (La Tribune de Genève, 16 juin 2016). Si je vous comprends bien, il y a donc une hiérarchie dans les meurtres puisque vous n’avez pas manifesté la même douleur après les attentats de Paris, de Bruxelles ou les meurtres des deux policiers dans les Yvelines, commis quelques jours après ceux d’Orlando. Il convient aussi d’ajouter à  cette sinistre liste la terrible répression que subissent les chrétiens d’Orient, qui connaissent par milliers un sort d’une cruauté abominable sans que le Conseil administratif de la Ville de Genève ne manifeste son soutien, ni ne dénonce publiquement la christianophobie pratiquée quotidiennement par des gouvernements islamiques, peu enclins aux libertés et à l'égalité.

Et surtout pourquoi ne mentionnez-vous pas – et même ne dénoncez-vous pas – l’islamisme politique et conquérant qui est à la base de tous ces attentats ? Pourquoi évitez-vous de citer ces combattants du califat ? Sont-ils seulement homophobes ? Que sont-ils lorsqu’ils tuent des hétérosexuels? Des "loups solitaires", selon la thèse bien commode de la presse française ? Ces combattants islamistes revendiquent à tort ou à raison une religion précise. Ils ont tués 2'700 personnes, sur les cinq continents, depuis 2014. Présenter la tuerie d’Orlando uniquement sous l’angle homophobe n’est qu’un artifice pour ne pas désigner l’idéologie à base religieuse d’un terrible ennemi. Avez-vous peur de l’affirmer ? Si c’est le cas, l’organisation islamique a remporté une grosse bataille, celle des mots, celle qui consiste à ne pas oser désigner l’ennemi par son nom, à désinformer l'opinion public. Le ministre français de la défense, pourtant socialiste, Jean-Yves Le Drian, n'a pas de ces fausses pudeurs pour afficher la couleur, le dit dans un petit livre au ton froid et direct, intitulé "Qui est l'ennemi?" (Le Cerf) : Dae'ch doit être neutralisé et éradiqué, parce que c'est là que le terrorisme trouve sa source.

Veuillez pardonner la franchise de mes propos face à une situation dramatique et qui devrait mériter un minimum de réflexion et de prudence de la part de nos élus et agréer, Monsieur le Maire, Cher Guillaume, l'expression de mes sentiments distingués.

Eric Bertinat
Conseiller municipal UDC

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14 juin 2016

Stéphane Lambiel a toutes les qualités, sauf une : il est suisse !

Recalée. Voilà le sort qui a été réservé par la Ville de Genève à la candidature de Stéphane Lambiel, star suisse du patinage artistique, qui se présentait pour diriger l’école de patinage des Vernets. C’est Vanessa Gusmeroli, triple championne de France, qui est engagée par le service des sports de Sami Kanaan pour fonder une école de patinage.


Avec beaucoup de classe, Stéphane Lambiel et Peter Grütter (entraîneur bien connu dans le milieu du patinage après 40 ans de bons et loyaux services), bien que déçus, ont souhaité plein succès à la nouvelle école. Ils se concentreront sur leur centre d’entraînement de Champéry.

L’affaire en restera-t-elle là ? Rien n’est moins sûr, tant la déception, voire la colère, agite les milieux concernés et ne pourra pas échapper aux conseillers municipaux de la Ville de Genève.

Etes-vous sérieuse Madame Bonvin?

Pourquoi cette question? Parce qu’encore une fois, c’est une personne de nationalité française qui est choisie au détriment d’un Suisse. Ce qui fait beaucoup dans le département de Sami Kanaan, connaissant les turbulences que traverse le petit monde muséographique après l’engagement de plusieurs personnalités d’origine française en lieu et place de candidats suisses.

Parce que l’on en a assez des réponses que nous donne le magistrat socialiste, via sa responsable des services des sports. Restons sur le cas de Stéphane Lambiel, star valaisanne du patinage artistique, formé dès son plus jeune âge par le club des patineurs de Genève. Ainsi, sa candidature n’a pas été retenue par Sybille Bonvin, cheffe du service des sports, parce que Stéphane Lambiel n’aurait pas le diplôme suisse olympique. C’est comme si le club des Eaux-Vives refusait les services de Roger Federer pour manque d'un diplôme de tennis…

Quant à l’affirmation de l’indisponibilité éventuelle de Stéphane Lambiel, elle n’est pas de mise pour Vanessa Gusmeroli qui est le professeur le moins présent aux Vernets et souvent remplacée par ses assistants, dont deux sont français et dont l’un n’est pas diplômé (!). Quel foutoir !

Non, décidément, voilà encore un engagement qui ne passe pas. Les arguments avancés par Mme Bonvin ne convainquent ni les parents des élèves patineurs, ni les professeurs et encore moins les responsables du club des patineurs. Alors que l’on attend de la Ville de Genève qu’elle protège le sport genevois – tout comme la culture genevoise – voilà une nouvelle décision contestable.

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23 mai 2016

Autriche : l’ascension du FPÖ n’est pas résistible mais bel et bien irrésistible

Quelles conclusions tirer de la victoire des vieux partis autrichiens à la présidentielle ? Que l’audience du Parti de la liberté (FPÖ)​ de Norbert Hoffer ne cesse de progresser. 15% des voix en 2010, 21% aux législatives de 2013, ​le FPÖ obtient 36,4% au premier tour et 49,7% au second tour de l’élection à la présidence. Qu’il a fallu que tous les forces politiques au pouvoir depuis 1945 s’allient pour faire barrage au FPÖ.

Mais surtout, l’Autriche nous prouve que la défiance de la population vis-à-vis de ses gouvernants et de l’Union européenne est irréversible. Preuve en est la volte-face récente du gouvernement autrichien sur la question de l’asile. Avec, à la clé, des mesures plutôt radicales telles que l’obligation faite aux migrants de prouver qu’ils sont persécutés dans le pays par lequel ils sont arrivés, de rentrer chez eux une fois la guerre terminée, de passer un examen tous les trois ans et une limitation du regroupement familial.

Malgré ces mesures dignes de figurer dans le programme de tout parti « d’extrême droite » qui se respecte, ce durcissement subitement décidé par les vieux partis n’a pas convaincu la population. Elle a plébiscité le FPÖ au premier tour de l’élection présidentielle, larguant le candidat vert à seulement 20%. Au second tour, un Autrichien sur deux a apporté son soutien à Norbert Hoffer.

Contrairement aux dires d’un ancien président du PDC, cette ascension n’est pas « résistible » mais bel et bien irrésistible.

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20 mai 2016

N'ayez pas la trouille : ce sont des coupes bien modestes !

Coucou, qui voilà ? Manuel Tornare, évidemment! Dans une lettre distribuée à tous les ménages genevois, l’ancien maire de Genève dit tout le mal qu’il pense des coupes financières, pourtant modestes, que la droite du municipal a décidé lors des débats budgétaires en décembre dernier et qui sont soumises à votations le 5 juin prochain.

Ce populaire politicien socialiste nous la joue en version catastrophe, nous promettant la fin de la Ville solidaire, l’isolement pour les personnes âgées, les difficultés inouïes pour les associations, les bibliothèques municipales, la propreté de nos parcs publics, etc. Seule la météo ne semble pas touchée par ces coupes financières.

Il n’est donc pas inutile de rappeler qu’il s’agit de coupes linéaires minimes de 2,5% dans les « biens, services et marchandises » (groupe 31) et de 2% dans les subventions monétaires accordées (groupe 36).

Il ne s’agit donc pas de supprimer l’intégralité des subventions accordées aux centaines d’associations, comme le laisse croire abusivement la missive de Manuel Tornare avec ses arguments catastrophistes, mais de leur demander un effort, minime.

Prenons un exemple : le Fonds chômage. Celui-ci fait l’objet d’un projet de délibération (PRD-109) « Stop au subventionnement du business de la précarité: modification du règlement pour une politique active en matière d'intégration sociale et professionnelle du 9 septembre 2003 » déposée en Ville de Genève par l’extrême gauche elle-même. Elle y dénonce des critères d’attribution insuffisamment ciblés et ne permettant pas à la Ville de Genève de mesurer véritablement le taux de réinsertion sociale et professionnelle des bénéficiaires des mesures subventionnées. Et d’ajouter : « il est aujourd’hui permis de penser que certaines subventions octroyées à des associations par la Ville servent surtout à financer la structure elle-même et certains salaires de manageurs, déviant ainsi le Fonds chômage de son but premier ».

Cela laisse songeur et rappelle l’audit accablant mené sur les UAC, dénonçant un manque de pilotage, de cadre de référence, de cibles définies et d’une vraie politique de l’action communautaire.

Si les coupes sont balayées le 5 juin prochain, nous ne manquerons pas de demander des audits sur tout le secteur subventionné.

Contrairement à Manuel Tornare, l’UDC se demande - question rhétorique – si « Genève, sa gueule » ou « La Ville est à vous », par exemple, constituent des prestations essentielles à la population et si la cohésion sociale serait menacée par des coupes infimes dans ces évènements ou dans les subventions accordées à la fédération genevoise des associations LGBT.

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03 février 2016

"La culture lutte" pour elle-même

« La culture lutte » est un conglomérat d’artistes subventionnés par l’argent public, rebelle à toute coupe budgétaire et qui soutient évidemment les deux référendums contestant la décision du délibératif. Presque une page complète dans La Tribune de ce jour permet à ce mouvement d’exprimer son désarroi après les coupes budgétaires opérées par la droite du Conseil municipal.  

De quoi découvrir les critiques et arguments qui sont les leurs. Eh bien, mis à part les insultes d’usage envers la droite (irresponsabilité, manque de vision et d’ambition, pratique du terrorisme, mépris ; j’en passe et des meilleurs), je peine à voir autre chose qu’une réaction quasi-syndicale, hors des réalités alors que les collectivités publiques dépensent des centaines de millions de francs pour la culture. A l’image de M. Yann Marussich, performeur, qui nous explique qu’il perd deux mois de salaire suite à la baisse de 2% des subventions accordées aux associations. Il en reste tout de même 98% ! De même en est-il des critiques voulant que cette baisse monétaire a pour but de combattre le tissu associatif qui devra lui aussi compter ses sous, comme une bonne partie des Genevois. Enfin, que penser de l’affirmation que « réduire le temps de travail d’un intermittent, c’est gonfler les statistiques du chômage » ? Les travailleurs de ce canton qui n’ont pas la chance d’être subventionnés apprécieront cette rodomontade d’un milieu qui vit sur sa petite planète.

J’espère vivement, pour la qualité du débat à venir, qu’il y aura d’autres arguments pour décider la population à revenir sur la décision du conseil municipal. Je comprends le contexte difficile que connaissent les milieux culturels genevois. Un contexte qui est le même pour le plombier, l’électricien ou le restaurateur. Et qui est même plus difficile pour eux : pas de rénovation du Gd Théâtre à 60 millions, pas de Nouvelle Comédie à 90 millions, pas de MAH à 132 millions pour leurs permettre de pratiquer leur art.

La chorégraphe et cinéaste Fabienne Abramovich pose une question bien dangereuse, à double tranchant : la culture doit-elle être un service à la population ? A l’heure de l’arrivée massive de migrants, qu’il faudra héberger, soigner, nourrir, éduquer, d’un chômage genevois endémique, d’une libre circulation qui complexifie l’emploi pour les résidents genevois et surtout des finances publiques dans le rouge, je suis de ceux qui pensent qu’il y a des priorités qui passent avant la culture (la sécurité, la santé, les assurances sociales).

Mais force m’est de constater qu’en réduisant de 2% les subventions aux associations, ce débat n’a pas lieu d’être. La culture, en ville de Genève, bénéficie d'un budget de 313 millions de francs. Tout de même…

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