13 janvier 2016

MAH : Le dernier coup de bluff de MM. Kanaan et Gandur?

En avril 2015, l’UDC-Ville de Genève a demandé par courrier à M. Sami Kanaan, en vain, des précisions sur plusieurs problèmes liés à la convention signée entre la Ville de Genève et la Fondation Gandur (FGA), à savoir :

- une donation qui aurait dû être approuvée par le Conseil municipal, car assortie de charges et conditions excessives et inégales avec un impact sur les finances communales, et une condition sine qua non : la réalisation du projet Nouvel ;
- une intrusion de la FGA dans la politique culturelle et la planification des expositions du MAH ;
- des frais d’exploitation, de conservation et d’assurances intégralement à la charge de la Ville de Genève ;
- une hausse considérable des coûts.

Force est de constater que dans la mouture du 12 janvier 2016, aucun des problèmes de fond soulevés par l’UDC ne sont résolus et les précisions apportées procèdent d’un simple «toilettage».

Ainsi, par exemple, «les revenus provenant des expositions seront acquis à la FGA en fonction de la répartition des coûts financiers nécessaires à la réalisation des expositions concernées» (art. 4.3) devient «les revenus provenant des expositions seront répartis au pro rata de l’apport de chacune des institutions».

Ou encore, «le MAH mettra à disposition de la FGA ses collaborateurs pour la mise en place des objets et la surveillance dans les salles où se déroulera l’exposition. Cette prestation gratuite sera chiffrée et devra être enregistrée par la FGA à ce titre» (art. 4.4) devient «le MAH mettra à disposition de la FGA ses collaborateurs-trices pour la mise en place des objets et la surveillance dans les salles où se déroulera l’exposition. Cette prestation qui ne fera pas l’objet d’un paiement sera néanmoins chiffrée et enregistrée comme apport financier pour le calcul de la répartition des revenus».

Pour l’assurance «Tous risques expositions», on reste bien sûr dans le même esprit. Ainsi, bien que M. Sami Kanaan ait annoncé que la FGA prendrait seule à sa charge toute extension de couverture, l’art.7.5 de la Convention modifiée est absolument identique à l’art. 8.6 de la Convention initiale : «(…). La FGA s’engage à transmettre toute extension de la couverture qu’elle pourrait contracter!»

Il reste toujours «entendu que la FGA ne participera pas aux frais de fonctionnement du MAH et réciproquement» (art. 5.6). Les charges d’exploitation restent donc en mains de la Ville de Genève qui n’est toujours pas parvenue à les chiffrer et nous sommes rassurés d’apprendre que nous ne devrons pas prendre en charge les frais de fonctionnement de la FGA !

En outre, le Conseil administratif ne met toujours pas en avant - et c’est pourtant fondamental - le fait que, malgré l’évolution importante des coûts (80 mios frs à 140 mios frs), la FGA maintient sa participation conditionnelle et maximale de 40 mios frs pour l’extension seule alors que la Convention révisée fait état d’un coût de 53 mios frs pour la création même de l’ « Espace FGA ».

C’est bien sûr sans compter sur le résultat de la votation du 28 février prochain qui rendra nulles à la fois le projet et cette nouvelle et insatisfaisante convention si le peuple refuse le crédit de 132 mios frs pour la réalisation du projet Nouvel, véritable folie des grandeurs de la Ville de Genève.

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03 janvier 2016

2016, l’UDC, l’actualité

Yvan Perrin m’expliquait récemment qu’un regard dans le rétroviseur prouvait la clairvoyance de l’UDC. Autant de dossiers défendus par ce parti depuis 20 ans (la sécurité, les frontières, la souveraineté, l’islam, l’immigration, etc.) et combattus par l’ensemble de la classe dirigeante, autant de dossiers en lien avec le quotidien des Suisses. Il en est ainsi de l’initiative contre l’immigration de masse qui a ouvert les yeux à de nombreux acteurs politiques et économiques, à commencer par M. Schneider-Ammann.

Dans un entretien accordé ce jour au Matin Dimanche, notre tout nouveau président de la Confédération « attend que l’économie s’investisse pour mieux intégrer le potentiel de main-d’œuvre indigène dans le marché du travail ». Plus qu’un vœu (que l’on souhaite autrement que pieux!), c’est un aveu. Et qui va loin puisque M. Schneider-Ammann reconnait même que « L’Etat doit réduire sa main-d’œuvre dans les domaines de la santé, de l’administration et de la formation. Qui aurait tenu de pareils propos avant le 9 février 2014 ?

C’est une évidence, particulièrement dans les cantons proches des frontières, que celle d’une économie qui ne fait pas tous les efforts qu’il faudrait pour employer les travailleurs locaux et profite un maximum de la libre circulation. Une bonne partie des « spécialistes », introuvables sur le marché suisse, pourraient donc se trouver à portée de main.

Les déclarations de M. Schnerider-Ammann marquerait-elle un tournant dans l’embauche massive de travailleurs étrangers ? On l’espérait au printemps 2014, en écoutant Rolf Dörig, président du conseil d'administration de l'assureur Swiss Life et spécialiste du travail temporaire Adecco. Il voyait dans l'initiative sur l'immigration de masse une chance: "Nous autres dirigeants de l'économie avons trop longtemps suivi exclusivement les intérêts des entreprises", déclare-t-il dans la Schweiz am Sonntag. "Trop longtemps, nous n'avons pas perçu ce qui se passe dans la société", a-t-il ajouté. Le partenariat social, le contrat entre les générations et la cohésion sociale sont au bord de basculer. "Personnellement, je suis heureux de la décision du peuple car elle nous conduit à discuter des thèmes importants".

On l’espérait encore fin janvier 2015, lorsque economiesuisse a présenté un plan pour valoriser les femmes ou les plus de 50 ans pour anticiper la pénurie de personnel qualifié, se tournant ainsi vers la main-d’œuvre indigène. L’association patronale tenait un langage nouveau, un brin surprenant après les déclarations de son président, Heinz Karrer, pour qui « réduire la venue en Suisse d'une main-d’œuvre hautement qualifiée de l'étranger influencera négativement la place économique helvétique ».

On l’espère toujours, mais en faisant preuve de beaucoup de patience, en lisant les propos de M. Schneider-Ammann, toujours dans Le Matin Dimanche, qui poursuit sa réflexion sur la main-d’œuvre local en reprenant son bouquet de mesures lancé en 2011 par son département et qui vise à encourager le recours au potentiel offert par la main-d'œuvre indigène. Mais prévient-il, elle ne donnera des résultats qu’en… 2018.

L’initiative de l’UDC a donc provoqué un débat en profondeur. Un débat de valeurs: la place des Suisses en Suisse, celle de l’étranger, de l’accès au travail et de la concurrence induite par la libre-circulation, de l’égalité de traitement, du droit de s’installer où l’on veut, de l’économie et du profit, du protectionnisme. De notre avenir. Yvan Perrin a raison : l’UDC est bel et bien le seul parti qui suscite des débats en lien avec les préoccupations quotidiennes des citoyens.

 

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02 janvier 2016

Allocution du président de la Confédération : banal à mourir

Il n'est pas étonnant de constater que la presse helvétique a consacré plus de temps à commenter la photo du Conseil fédéral qu'à décortiquer l'allocution de M. Schneider-Ammann, président de la Confédération. Une allocution sans surprise au contenu politique habituel. 1er août ou 31 décembre, ce sont les mêmes formules qui sont rabâchées. Formules toutes faites qui ne sont plus chocs à force de redites caricaturales d'un personnel politique au pouvoir depuis trop longtemps. Formules étonnantes de ringardise qu'aucune critique ne vient jamais contester alors que les temps sont de plus en plus durs, que les citoyens sont ballotés par des vents mondialistes furieux, que les lendemains sont incertains pour la plupart des Suisses. Pour la presse, aucune remise en question ne vient ponctuer un exercice du pouvoir vieilli, aux recettes éculées. Aucun débat de fond, aucune question dérangeante n’a suivi cette allocution. Seule la détermination à combattre l’UDC est perceptible dans les propos d’un président interchangeable.

Dans ce discours creux, retenons une formule citée par Le Temps: "Nous devons assurer la voie bilatérale et préserver ainsi notre souveraineté. L’ouverture au monde a toujours été notre devise. Elle a fait notre succès." Qui répondra, poliment, au président de la Confédération que l'ouverture au monde n'est une devise que pour celles et ceux qui nous gouvernent, que la voie bilatérale n'est pas un gage de souveraineté et que notre succès n'est pas la résultante de ces deux politiques qui n'ont jamais fait l'objet d'une votation populaire? Il ne manque que le couplet sur les droits de l'homme pour n'oublier aucun des dogmes républicains qui nous sont imposés depuis l'après-guerre.

Dans un contexte de politique extérieure d'une rare violence, immigration imposée et djihadistes en prime, de valeurs traditionnelles explosées et d'une politique intérieure fragile (assurances sociales et emplois), pouvait-on attendre un discours à la fois rassurant, volontaire et patriotique? Le discours d'un président de la Confédération qui entend défendre les siens pris dans le tourbillon d'une actualité dramatique et en perpétuelle accélération, qui remette en question les valeurs dont on nous rabat les oreilles à chaque occasion? La réponse est évidemment non. Ainsi personne n'est déçu, personne n'est dupe. 2016 s’annonce pénible avant même que d’avoir commencé.

 

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17 décembre 2015

Toujours dans l’illégalité, l’Usine conserve ses subventions

L’UDC-Ville de Genève prend acte de la décision de François Longchamp de transformer en résolution le PRD-111 « Mettons fin à l’irresponsabilité juridique de l’Usine », qu’elle a co-signé, décidant de suspendre les subventions 2016 de l’Usine jusqu’à ce qu’elle se mette en conformité avec la loi et que la Ville de Genève prenne en charge les dégâts non couverts engendrés par la manifestation de l’Usine et ce, par des économies équivalentes dans les diverses subventions attribuées à cette association.

Cet acte n’aura donc pas de portée obligatoire, certes, mais il n’en demeure pas moins une déclaration de volonté claire et forte de la majorité du Conseil municipal. Cette volonté est d’ailleurs renforcée par l’acceptation à la majorité également de la résolution R-190 de l’UDC « Pour que la Ville exige le respect de la loi ».

Le but de cette résolution était de dénoncer l’attitude de la Ville qui a pour fâcheuse habitude d’entrer en conflit avec le canton sur des questions qui ne relèvent pas de ses compétences.

En effet, après l’affaire de l’occupation illégale du Grütli où la Ville s’est positionnée contre l’Etat, celle-ci a remis une couche en soutenant le parti de l’Usine dans son refus de se plier aux exigences du Service du commerce. Le département de M. Sami Kanaan a ainsi déclaré, le 27 octobre 2015, dans la presse, qu’il était exclu de « saucissonner ce lieu qui fonctionne comme une structure unique, un modèle d’autogestion dont nous n’avons pas connaissance ailleurs en Europe», tout en menaçant : « Il faut que celle-ci puisse continuer à exister. Genève a besoin de ce lieu».

Or, il est piquant de relever que dans la presse d’hier, M. Sami Kanaan a soudainement retourné sa veste en déclarant : « la Ville n’a pas à se substituer au Canton, qui gère les autorisations, et aux tribunaux, en ce qui concerne les dégâts. ».

En l’état, il n’en demeure pas moins que le budget 2016 a été voté avec des coupes linéaires et que le Conseil municipal majoritairement à droite garde bien évidemment la main sur le budget 2016 et les budgets futurs.

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26 novembre 2015

Ville de Genève : l'UDC réclame un budget de désendettement

L’UDC a refusé le premier budget 2016 annoncé à la fin août, parce qu’il ne présentait pas de caractère volontaire pour réduire la dette publique, à peine celui de ne pas creuser le déficit budgétaire.

Au contraire, il accentuait notre dette communale en passant allègrement le cap du milliard six cent millions de francs.

Certes, il faut avoir à l’esprit que si le budget 2016 respecte les exigences de la loi sur l’administration des communes, il présente néanmoins un équilibre de pacotille, alliant revenus estimés, charges constamment en augmentation, tout comme la dette communale.

La vigilance s’impose et elle l’est d’autant plus que la situation financière de notre commune – et avec elle celle du canton auquel nous sommes évidemment liés  – est susceptible d’évolutions. Disons-le ainsi.

Telles plusieurs épées de Damoclès suspendues sur nos têtes, il y a un certain nombre de facteurs de risque qui pourraient impacter nos finances. Suppression de la taxe professionnelle, péréquation intercommunale et nouvelle répartition des tâches, taux unique d’imposition des entreprises, taxation sur le lieu de domicile et même la votation prochaine – le 28 février – sur l’initiative  150 (pour la suppression des allégements fiscaux) peuvent impacter non seulement la confiance et les résultats des milieux économiques mais évidemment ceux de nos finances.

Reste que ces variables, impactant notre commune dans un temps plus ou moins proche, nous amènent une nouvelle fois à réclamer urgemment un budget de désendettement parce qu’une telle dette, pour 200'000 personnes, est astronomique, tout simplement inacceptable. On pourrait s’attendre à répéter d’année en année une évidence pour tout un chacun. C’est malheureusement loin d’être le cas.

Pour une bonne moitié de ce Délibératif, les partis de gauche, ce n’est pas un souci. Nous payons des intérêts incroyablement bas à nos créanciers, principalement aux banques, de 25 millions de francs chaque année. Louons la politique des banques centrales qui ont une politique expansionniste depuis la crise financière de 2008. Or, si les taux d’intérêts se mettaient à augmenter un peu, s’il s’élevait simplement au niveau moyen des taux d’intérêts des 20 dernières années, la charge d’intérêt prévue dans le budget de la commune exploserait très probablement. Il n’y a pas si longtemps, moins de dix ans, ils impactaient nos comptes de 60 millions de francs.

Mais même en se satisfaisant de la somme de 25 millions de francs, cela représente beaucoup d’argent qu’il faut récolter auprès des contribuables et qui explique en partie pourquoi notre commune connaît un centime additionnel parmi les plus élevé du canton et pourquoi elle ne baisse plus sa dette que grâce à des exercices exceptionnels dus à la vitalité de nos entreprises.

Qu’est-ce qui a été modifié entre le premier budget 2016 présenté par Mme Salerno et celui sur lequel nous nous penchons aujourd’hui ? Une phrase mentionnée dans le petit fascicule présentant ce 2e budget : Renforcer la sécurité. C’est évidemment le renforcement très attendu des effectifs des sapeurs-pompiers dont il est question, renforcement exigé gaillardement par la droite.

Et quoi d’autres ? Des revenus légèrement revus à la baisse. Admettons la difficulté de l’exercice des prévisions budgétaires. Mais entre deux budgets, il y a eu aussi la modification de la loi sur les SIG qui vaut à la commune de Genève une plus-value de 7,5 millions.

Compte tenu de cette nouvelle recette et de l’engagement de 11 nouveaux aspirants sapeurs-pompiers, le résultat budgétaire reste donc constant d’un budget à l’autre. De 1,3 million, il passe à 8,2 millions. Le 2e budget est quasi-identique au premier.

Notre refus du premier budget n’a pas été entendu. Nous sommes tentés d’en faire autant pour celui-ci.

La lettre du 1er juin adressée au Conseil administratif par les chefs de groupe du PLR, du PDC, du MCG et de l’UDC, composant aujourd’hui la majorité du Conseil municipal, n’a servi à rien. L’UDC prend acte de l’entêtement du Conseil administratif et, comme ses alliés, retroussera les manches pour obtenir un budget décent, un budget de désendettement. Tout budget qui ressortira de la commission des finances et qui ne dégagera pas un minimum de 15 à 20 millions de francs sera refusé, soit la moitié des investissements non couverts de 40 millions.

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