11 novembre 2015

Ville de Genève : Le budget qui fait grincer les dents

Après le choc du refus d’entrée en matière sur le budget 2016 par les partis de droite, en septembre dernier, le poids des mauvaises habitudes reprend vite le dessus. Le Conseil administratif de la Ville de Genève nous présente un deuxième budget qui ressemble furieusement au premier, si ce n’est deux recettes inattendues qui améliorent encore les revenus de la deuxième ville de Suisse et l’inscription des 25 nouveaux sapeurs-pompiers tant attendus et décidée en force par la droite du Conseil municipal. Heureux magistrats qui ont les poches pleines d’argent, qui le dépense et qui, aussi, continuent à endetter les contribuables de la commune. Une dette qui passe allègrement à 1,6 milliard de francs. Pire, entre septembre et novembre, le CA a trouvé le moyen d’augmenter celle-ci de 5 millions! On n’ose plus retarder l’entrée en matière de peur de voir ce chiffre augmenter. Celle-ci aura probablement lieu le 26 novembre, lors d’une session extraordinaire du Conseil municipal.

L’une des raisons se trouve dans les investissements. 130 millions sont ainsi prévues au budget 2016. Mais là n’est pas le problème. Le grand coupable, c’est l’insuffisance de financement de 40 millions qui augmente d’autant, chaque année, la dette.

Dans sa lettre adressée au conseil administratif, le 1er juin dernier, la droite élargie demandait, entre autre, de reconsidérer non pas la jauge propre aux investissements, mais de tendre à l’autofinancement complet pour la fin de la législature, en 2020. Évidemment, pour diminuer ces dépenses, il faudra économiser sur les charges. Or, le CA nous donne un signal clair : pas touche à mes dépenses publiques qui, à elles seules, avalent 42% des charges et 64% de celles-ci en comptant les subventions accordées!

A l’image du canton, il va falloir sérieusement revoir cette situation pour autant que la droite reste unie autour de solutions réalistes. Quand la Droite fait juste, elle gagne ! A bon entendeur…

 

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07 octobre 2015

L'UDC soutient totalement l'augmentation des effectifs des sapeurs-pompiers

Il y a urgence ! Depuis la précédente législature, le groupe UDC de la Ville de Genève n’a de cesse de réclamer une augmentation des effectifs des sapeurs-pompiers professionnel​​ (SIS)​. Ce fut le cas l’an passé lors de l’étude du budget lorsque je proposais à la commission de la sécurité de consentir un effort supplémentaire pour compléter l’effectif du SIS.

En effet, c'est sur un concept datant de 1972 (120 sapeurs-pompiers professionnels) que survit l'actuel SIS qui compte aujourd'hui dans ses rangs 136 soldats du feu. Un effectif stable alors que les interventions étaient voici plus de 40 ans de 2'600 et qu'elles sont aujourd'hui...de 6'500.

Après les élections municipales et le basculement de la majorité à droite en Ville de Genève, une lettre fut envoyée au Conseil administratif pour lister les priorités qu’entendait soutenir la droite​ élargie​. Sans réponse sérieuse de la part des magistrats communaux, le budget 2016 tel que présenté fut refusé. En l’absence d’un budget, ou même d’une réaction de la magistrate chargée du budget, Sandrine Salerno, la droite élargie (UDC, MDC, PLR et PDC) a décidé de bousculer le délibératif et d’imposer une augmentation des effectifs des sapeurs-pompiers, un dossier qui devient toujours plus urgent de semaine en semaine.

C’est donc sans état d’âme que l’UDC s’est jointe aux partis de droite du Conseil municipal de la Ville de Genève pour voter sur le siège (donc sans renvoi en commission) la création de 25 nouveaux postes de sapeurs-pompiers pour une somme de 3,2 millions de francs, charge à l’exécutif de trouver les économies équivalentes, ainsi que les travaux nécessaires pour permettre l’ouverture 24 heures sur 24 heures des casernes du Vieux-Billard, des Asters et de Frontenex pour la modique somme de 600'000 francs.

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30 septembre 2015

L’Etat-mendiant

Si j’ai été opposé à la razzia du Conseil d’Etat sur les réserves des SIG pour équilibrer des budgets cantonaux, toujours aussi confortables, je suis stupéfié par la demande de ce même Conseil d’Etat faite aux milieux économiques pour compenser en partie les baisses fiscales engendrées par la nouvelle réforme des entreprises. Une réforme qui, soit dit en passant, tarde à venir à constater l’avancement de ce même dossier dans le canton de Vaud.

Cette mise à niveau des impôts versés par les entreprises genevoises est bienvenue – je n’ai pas peur de le dire – car elle allègera le secteur privé d’un montant que l’exécutif est incapable de préciser mais qui sera plus que substantiel (entre 350 et 550 millions de francs). Dommage toutefois qu’il ne soit pas fait un effort spécial pour soutenir les PME et les artisans qui survivent tant bien que mal dans ce canton endetté et dont le classement mondial (7e ville la plus cher du monde) en dit long sur les conditions de vie d’une large partie de la population laborieuse.

Mais revenons à nos milieux économiques. Cet « effort supplémentaire » d’un montant de 55 millions de francs, a été annoncé par Blaise Matthey, directeur de la Fédération des entreprises romandes (FER). Nous n’en savons pas plus. Seulement que le Conseil d’Etat en demande davantage sous la forme d’une participation au financement des infrastructures de transports publics. A la grande surprise du patron de la FER. D’où proviendra, ou plutôt de qui proviendra ces 55 millions de francs? Est-ce que l’ensemble des entreprises genevoises sera appelée à mettre la main à la poche, sous la forme d’un impôt déguisé en « effort supplémentaire », à l'image de l'augmentation des allocations familiales ? Ou sera-ce un effort des syndicats patronaux et de leurs membres ? Mystère. On constate simplement, un brin amusé, un brin agacé, les gesticulations de l’exécutif genevois qui est forcé d’alléger le lourd fardeau fiscal qui pèsent sur les PME et les artisans et ne trouve d’autres solutions que d’imposer une taxe aux effluves quasi mafieuses.

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28 septembre 2015

Crise humanitaire ou crise du droit humanitaire?

«La digue humanitaire est condamnée à lâcher», peut-on lire dans la Tribune de Genève de ce 28 septembre. Le déficit de financement des programmes onusiens d’assistance aux «réfugiés syriens» s’élèverait à 3,47 milliards de dollars. Pour le CICR et le HCR, c’est le naufrage.

Et nous n’en sommes qu’au début de la crise migratoire, si l’on en croit le directeur du CICR, M. Yves Daccord.

L’Organisation internationale des migrations (OIM), elle, se lamente de sa «comptabilité morbide des migrants morts en mer: 2800 depuis le début de l’année».

Et pourtant, des ONG continuent de larmoyer et de décréter que «les Etats doivent faire preuve d’humanité et ne pas se contenter d’une approche distinguant réfugiés, migrants économiques et demandeurs d’asile». Peut-être devraient-elles ajouter qu’il ne faut pas non plus distinguer les Syriens des Afghans, Irakiens et autres qui se mêlent au mouvement.

La responsable du HCR pour la Suisse, Anja Klug, va encore plus loin en regrettant, dans le  NZZ am Sonntag, que «les personnes n’étant qu’admises provisoirement doivent composer avec le risque de se faire renvoyer de Suisse à tout moment» et «qu’elles n’ont qu’un accès restreint au marché du travail, qu’elles ne peuvent sortir des frontières et que les membres de leurs familles ne sont souvent pas autorisés à les suivre dans notre pays».

On ne cesse donc de nous marteler que, en vertu de la Convention de Genève de 1951 sur le statut des réfugiés, tous les migrants sont des réfugiés et qu’ils sont tous syriens et persécutés. Il faudrait tous les accueillir sans aucune distinction, leur donner du travail, puis accueillir toute la famille. D’ailleurs, ils ont tous besoin de protection, car ils sont «vulnérables». Si vulnérables qu’ils parcourent la Méditerranée, paient des passeurs, marchent de longues heures avec bagages et progéniture et traversent des barbelés.

Et c’est pourtant à cause de cette mentalité que ces instances humanitaires internationales sont au bord du gouffre, entraînant avec elles des Etats à bout de moyens et d’infrastructures.

Ce monde n’est pas sérieux.

Il suffit de lire le «Guide des procédures et critères à appliquer pour déterminer le statut de réfugiés» qui prévoit que : «28. Une personne est un réfugié, au sens de la Convention de 1951, dès qu’elle satisfait aux critères énoncés dans la définition. Cette situation est nécessairement réalisée avant que le statut de réfugié ne soit formellement reconnu à l’intéressé. Par conséquent, la détermination du statut de réfugié n’a pas pour effet de conférer la qualité de réfugié parce qu’elle est reconnue comme telle, mais elle est reconnue comme telle parce qu’elle est réfugiée»

De plus, tout en admettant que la Convention de Genève de 1951 ne se rapporte pas expressément aux personnes qui fuient les conflits ou les situations de violence générale, le HCR considère que les personnes qui fuient pour ces motifs et que leur État ne peut pas, ou ne veut pas protéger, doivent être considérées comme des réfugiés «conformément à la Convention de Genève, puisqu’elles en remplissent les conditions», alors même qu’il admet que tel n’est pas le cas.

Ainsi, donc, un réfugié est un réfugié car il est un réfugié. Syrien ou pas, persécuté ou pas, djihadiste ou pas. Pour ce dernier cas de figure, le Service de renseignements de la Confédération n’a qu’à faire son boulot.[1]

Avec, toutefois, une réserve en cas d’«exil massif» où une audition individuelle est impossible, de sorte qu’un groupe est considéré comme composé de réfugiés selon un examen «prima facie» et dans la mesure où le cas contraire n’est pas prouvé[2].

Nous voilà rassurés.

Au vu de toutes ces aberrations, force est de constater que la crise «syrienne» est en train de sonner le glas d’un droit international humanitaire dépassé, irresponsable et ruineux.

Il devient donc urgent que le droit suisse prime enfin sur ce un droit international qui se meurt de par ses propres aberrations.



[1] Notice du Secrétariat aux migrations relative à la mise en œuvre des nouvelles mesures en faveur des victimes du conflit syrien. Juin 2015

[2] Ibidem

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08 septembre 2015

Le budget 2016 de la Ville de Genève vite présenté, vite refusé

Dans son communiqué de presse du 26 août dernier, le Conseil administratif annonce un budget 2016 dont les charges sont maîtrisées « dans un contexte en mouvement ».

Permettez-moi de reprendre les deux parties de cette phrase.

Les charges sont-elles maîtrisées ? Le Conseil administratif donne lui-même la réponse. Elles sont « stables », n’augmentant pas plus de 2,7 millions de francs sur un exercice prévu à 1,14 milliards de frs.

L’augmentation est principalement due à la masse salariale (+3 millions de frs) et à une augmentation du personnel municipal mais qui, encore une fois, démontre l’absence de volonté de l’Exécutif de rationaliser les besoins en personnel, se contentant d’engager de nouveaux fonctionnaires municipaux alors même qu’il dispose d’un effectif de 3'347 postes fixes.

Je relève au passage que le département de M. Barazzone est le seul dont l’effectif diminue et, comme par hasard, c’est aussi le seul qui est en mains d’un magistrat ne faisant pas partie de l’Alternative.

Un petit mot sur les investissements, dont le total atteint 130 millions de frs. Ce n’est pas ce montant en soi qui indispose l’UDC mais l’insuffisance de financement de 47 millions de frs impactant d’autant la dette qui passe à 1,6 milliards de frs.

En évoquant cette dette astronomique de la Ville de Genève, je ne peux m’empêcher de manifester mon impatience de connaître les montants que le Conseil administratif nous promettait d’économiser lorsque ce Délibératif a accepté de verser 120 millions de francs pour diminuer le taux technique de la CAP. On n’abordera pas ici le versement de cette somme considérable, pas plus que le relèvement de l’âge de la retraite voté par ce même Délibératif en janvier 2013.

Comme le temps passe vite !

Or donc, le Conseil administratif dépense tout ce qu’il a dans ses poches sans tenir compte, de façon pragmatique, du «contexte en mouvement» qu’il évoque, puisque la stabilité de son budget repose sur des estimations fiscales optimistes (+3,9 millions : revenus nets: +1,8 millions recettes fiscales estimées) alors que le canton annonce un déficit de l’ordre de 200 millions et présente, en dépit d’une augmentation de la population, une baisse des impôts prélevés sur les personnes physiques.

Comparaison n’est évidemment pas raison. Mais la prudence étant mère de sûreté, l’UDC espérait qu’après le changement de majorité de ce printemps et les revendications qu’elle a formulées, le dialogue « serein et constructif » annoncé en commission des finances le serait principalement, dans un premier temps, dans la découverte de ce nouveau budget.

Grande est notre déception. Et pour bien le faire savoir, le groupe UDC a refusé l’entrée en matière sur ce budget, estimant, comme les années précédentes, qu’il appartient au Conseil administratif de nous présenter un budget que nous puissions discuter de manière « sereine et constructive » en commission.

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