20 juin 2014

Aide sociale et complément d’intégration : Une confusion savamment entretenue

La gauche et le MCG s'opposent à la décision de Mauro Poggia de baisser de moitié le complément d'intégration qui s'élève actuellement à 300F par mois. Ce complément est « une prestation à caractère incitatif » pour celles et ceux qui bénéficient de l’aide sociale et qui ont signé un contrat d'aide social individuel (CASI) dans lequel ils s’engagent à participer activement à l’amélioration de leur situation. Parce qu'à Genève, pour obtenir un minimum d'efforts de certains requérants inscrits à l'Hospice général,  il faut en passer par là… Si ces personnes ne tiennent pas leurs engagements, elles ne reçoivent plus – théoriquement – ce complément d’intégration mais l’aide sociale n’en reste pas moins pleine et entière.

Ces compléments d'intégration doivent donc être considérés comme des revenus supplémentaires à l'aide sociale. Les diminuer ne réduisent en aucun cas les prestations financières versées en tant qu'aide sociale. Qui elle-même permet un revenu mensuel correct, ce qui n'est pas le cas pour tous les travailleurs indépendants  à Genève.

Les arguments de la gauche et du MCG ne sont donc que jeux purement politiques. Si l’aide sociale distribuée par l’Hospice général n’est plus suffisante en regard de l’augmentation du coût de la vie à Genève, ce ne sont pas les compléments d’intégration qu’il faut maintenir à 300 francs (et qui, rappelons-le, ne sont qu’une prime au mérite) mais ce sont les prestations de l’Hospice général elles-mêmes qui doivent revues. Ce qui reste à démontrer. Après, évidemment, il faudra voter un budget un brin plus élevé…

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18 juin 2014

Une ligne à grande vitesse entre Genève et Lausanne : enthousiasme et prudence

La nouvelle du jour: il y a un projet de ligne CFF à grande vitesse entre Genève et Lausanne. Enfin une vision d'avenir, un grand projet pour Genève et Lausanne, de nouvelles infrastructures pour le XXIe siècle!

Je fatiguais à chaque rénovation et autre développement d’infrastructures ferroviaires existantes, inaugurées à coups de grands discours visionnaires avant de nous expliquer que telle gare est déjà trop petite ou le sera dans quelques années. Il en a été ainsi que la plus gare de de Suisse, la gare centrale de Zurich, inaugurée voici quelques jours par Doris Leuthard. Elle pourra accueillir 400’000 passagers. Mais, nous a-t-on averti, dans 10 ans, cette gare ne sera plus adaptée pour les 500'000 personnes prévues… Nous entendrons sans doute un discours identique en 2025, lors de l'inauguration d'un nouveau quai (pour deux voies) à Cornavin. J'espère vivement que cet agrandissement se fera en sous-terrain. Et je continuerai de militer pour que l'on construise deux quais, soit 4 voies, pour anticiper l'augmentation de trafic que l'on pourra difficilement éviter selon le plan directeur 2030 et ses 600'000 habitants prévus sur notre territoire.

Politique à courte vue et financement folklorique sont la marque de fabrique des projets publics. Ainsi, le coût estimé de 4 milliards de francs pour construite cette ligne à grande vitesse surprend. On peut le comparer avec celui du CEVA (11 km). Devisé initialement à moins d'un milliard de francs lors de son adoption en 2002 par les députés genevois, son budget a passé à 1,47 milliards de francs et l’on se demande raisonnablement si cela suffira. Donc, enthousiasme et prudence sont de mise !

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04 juin 2014

Ville de Genève : aides sociales municipales obligatoires ?

Le Conseil administratif de la Ville de Genève demande une rallonge budgétaire de 900’000F « destinée à financer les aides sociales aux habitant-e-s de la commune disposant d’un revenu limité. Pêle-mêle se trouvent regroupées sous la rubrique comptable « subventions aux personnes physiques » les remises de cotisations AVS, les allocations sociales, les aides ponctuelles, les prestations pour restaurants scolaires et les allocations de rentrée scolaire (PR-1079). Le tout pour 12,5 millions de francs.

La population genevoise s’appauvrit, personne ne conteste cette triste réalité. Mais est-ce que ces aides sociales municipales sont une bonne réponse aux besoins des personnes dans la gêne, travailleurs mal payés, chômeurs de longue durée ou en fin de droit? Sont-elles bien ciblées, complètent-elles efficacement l’aide sociale offerte par l’Hospice général et les prestations cantonales complémentaires familiales ? Bref, sont-elles nécessaires ? Outre la curieuse comptabilité de la Ville, l’on constate que les seules prestations liées à une loi (loi fédérale sur l’AVS), sont les remises de cotisations AVS versées par le canton et la ville aux personnes sans activité lucrative et que les dépenses prévues pour ces dernières demeurent stables : 315’000F aux comptes 2013, 300’000F projetés (mais non prévus au budget) pour 2014.

Autre remarque : le budget alloué aux aides financières n’a guère augmenté ces dernières années. Au contraire, les montants accordés n’ont cessé de diminuer jusqu’en 2011. Or, cette situation n’est en rien comparable à la situation au niveau cantonal. Ces cinq dernières années, l’Hospice général a vu ses dossiers augmenter de 60% et soutient, à fin avril 2014, 26'069 personnes.

Coté ville, il y a une augmentation sous-estimée lors de la présentation budgétaire, mais une augmentation contenue.Coté canton, l’Hospice général fait face à une explosion de demandes d’aide sociale. Sachant que les allocations sociales municipales ont diminuées et ont compensé l’introduction des allocations de rentrée scolaire, la question se pose : est-ce que les aides financières municipales si précieuses aux yeux de la gauche sont bien nécessaires ou n’est-ce là que leur fonds de commerce hors des réalités genevoises ? Il y a dans ce crédit supplémentaire, essentiellement dû à une sous-estimation budgétaire, matière à s'interroger. Cette PR sera renvoyée en commission et ces questions devront trouver réponses.

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15 mai 2014

Changer de président en Ville de Genève, la grande affaire !

Le Courrier consacre tout un article à l'éventuelle tentative de quelques factieux du PLR de s'emparer début juin de la présidence du Conseil municipal de la Ville de Genève qui devrait revenir à Ensemble à Gauche, selon un ordre de préséance établi en début de législature. Cette bande de jaloux n'en loupe pas une pour être calife à la place du calife. Entendez président à la place du président. Que ce soit en commissions (je peux vous parler !) ou en plénières, être le chef, ça leur exite les canines. Toute les raisons sont bonnes pour justifier l'appétit du pouvoir de ce groupe aux habits devenus trop grands, un peu comme le mourant se sentant mieux avant son départ vers les collines éternelles.

Pour cette année, c'est le comportement du vice, Olivier Baud d'Ensemble à gauche, qui est à la base de leur complot rendu aujourd'hui public. Lui et son compère Pierre Vaneck ont fait naguère disparaître une liste de signatures destinée à provoquer une séance extraordinaire sur le dossier Naxoo. De sourdes manoeuvres dont je tairai l'origine ont provoqué le retrait de la signature de quelques élus aussi peu inspirés que penauds. Panique chez les cocos et retour aux vieux réflexes d'avant le mur de Berlin: la liste disparait dans une obscure serviette en cuir brun avant de réapparaître le lendemain. L'affaire est grave et provoque l'espace de 24 heures une véritable crise politique dont quelques lignes échappèrent de la plume des journalistes. Les deux copains-coquins n'ayant aucune envie de demander l'asile politique à Moscou furent bien obligés de faire amende honorable. Des excuses sont présentées. Platement. La page froisée de l'histoire du délibératif d'une ville célèbre dans le monde entier pour se prendre pour une grande capitale est tournée. Peppone s'en revient et Brescello continue sa petite existence.

Et bien pas pour le PLR. Et peut-être même pour d'autres formations. Pour ma part, je sais Olivier Baud parfaitement capable de présider le Conseil municipal et ses égarements d'un soir ne sont que bonnes leçons à prendre comme telles. Avant de se prendre pour mieux que l'on est, ou mieux que l'on fait, il faut savoir garder quelque humour devant une situation qui n'a pas été dommageable, du moins pas plus que d'autres que les élus municipaux ont été capables de nous faire vivre durant cette législature.

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13 mai 2014

Libre-circulation du lait ou l’adhésion à l’UE «pas après pas»

Ce n’est qu’un projet sur lequel se penchera prochainement la commission de l’économie et des redevances du Conseil national. Il est question d’ouvrir les frontières entre la Suisse et l’Union européenne pour tous les producteurs de lait. L’Office fédéral de l’agriculture qui a chiffré la suppression de la « ligne blanche » estime qu’une libre-circulation du lait, de la crème et des yoghourts aurait pour conséquence une baisse des prix payés aux producteurs de 17 à 25%. De quoi faire aimer des paysans la Berne fédéral autant que Bruxelles.

Une étude a été demandée par le Conseil fédéral. Pour combler le manque à gagner des producteurs de lait, elle évoque une ristourne de 460 millions de francs. Mais la manne fédérale ne suffit pas à calmer les syndicats qui estiment que les paysans seront sacrifiés dans un accord de libre-échange du lait.

Résumons. La Suisse n’est pas membre de l’Union européenne. Elle n’est donc pas obligée de franchir une nouvelle étape dans ce processus d’adhésion «pas après pas». Les producteurs de lait seront à coup sûr perdants. Les consommateurs aussi puisque les produits européens ne répondent pas aux mêmes standards de qualité. Les contribuables devront payer des centaines de millions de francs pour que survivent nos paysans.

A quand un 9 février de la libre-circulation du lait ?

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