28 octobre 2014

Ecopop ou quand les opposés s’attirent

Il aura fallu que ce soit une initiative provenant de franges du parti écologiste suisse qui mette le feu à un débat déjà chaud : l’immigration. Un texte avant tout antinataliste, prônant la peur d’être trop nombreux sur notre planète. Et le comité d'initiative "écologie et population" de commencer par regarder chez soi, en Suisse. Planning familial, pilules du lendemain, avortements et bientôt euthanasies sont les armes préférées de cette clique de malthusians purs et durs. Et il faut l’être pour aller jusqu’au bout de ses idées. Après avoir empêché la vie de milliers de petits Suisses, il y a une certaine logique à empêcher celle des autres (1), puis à prôner une restriction de l’immigration

Le fond d’Ecopop est mauvais parce qu’il n’aime pas la nature humaine ; la forme est acceptable parce qu’elle rejoint le souci d’une bonne partie de la population qui veut préserver ses ressources, sa qualité de vie, son avenir qu’une immigration sans limite met en danger. Pour les premiers, il faut moins d’étrangers mais aussi moins de Suisses. Pour les seconds, il faut moins d’étrangers pour que les Suisses – et leurs enfants – puissent trouver du travail, construire leur maison, conserver une réelle qualité de vie.

Pour une fois, le diable ne se cache pas dans les détails. Ecopop a d’ores et déjà échappé à ses maîtres. Les citoyens qui s’opposent à une immigration subie s'en sont accaparés et entendent l’utiliser sans modération. L’UDC n’a pas compris à temps ce revirement. Elle a cru être seule détentrice du combat contre l’immigration. Ecopop nous montre que ce combat n’est pas celui d’un parti mais d’un pays…

 

(1) Rappelons que si Ecopop prévoit de ramener le solde migratoire annuel en Suisse à 0,2% de la population permanente, l'initiative prévoit également d'attribuer 10% du budget de l'aide au développement pour promouvoir la planification familiale volontaire dans les pays en voie de développement.

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01 août 2014

1er août 2014 : la fête des Suisses sans emploi ?

En ce 1er août 2014, alors que la relève socialiste agite ses priorités, notre canton continue de s’enfoncer dans une terrible crise de l’emploi, plus sournoise qu’économique. Contrairement à nos voisins européens, Genève connait une vitalité économique surprenante. Du moins à croire les statistiques officielles qui nous annoncent périodiquement un canton en perpétuelle création d’emplois. Mais ce n’est là qu’une photographie imparfaite. Comme le sont les résultats du chômage. Derrière ces chiffres rutilants, il y a ce qu’ils ne montrent pas : une crise de l’emploi sournoise parce que sélective ; elle élimine et dans le même temps elle remplace. Cette Genève économiquement dynamique ne profite pas aux Genevois. Ou plutôt à certaines couches de la population genevoise. Ainsi en est-il des jeunes, qui sortent de l’apprentissage ou des études. Ainsi en est-il des quinquagénaires remerciés, largués et déprimés. Quelle étude nous dira le coût médicamenteux de ces sans-emplois ? Elle est sournoise parce que le jour où Mesdames et Messieurs nos élus en prendront conscience, il sera au mieux tard, au pire trop tard. Je n’ai bientôt plus un copain qui travaille. Ils occupaient tous un emploi. Ils se sont tous fait remplacer par quelqu’un de plus jeune, le plus souvent d’origine étrangère, moins coûteux en terme salarial et en charge social. Quant à nos jeunes, ils sont dans la même panade mais à rebours. Ils n’apportent immédiatement pas de plus-value à leur entreprise. Ils manquent, bien évidemment d’expérience.

En ce 1er août 2014, je ne suis pas certain que tous les Genevois aient compris l’ampleur de ce problème. Ils sont encore nombreux à posséder un emploi, souvent bien rémunéré, à profiter de la vie. Mais avec une main d’œuvre abondante, légale et illégale, qui accède à nos marchés sans entrave, combien de temps encore conserveront ils leur travail ?

En ce 1er août 2014, plutôt qu’une énième déclaration d’amour à l’ouverture, aux étrangers et au Grand Genève, les orateurs d’un soir feraient beaucoup mieux d’exprimer leur souci devant cette concurrence meurtrière et surtout nous annoncer qu’ils modifieront leur politique faite de compromis avec l’Union européenne. Le temps est venu : parlez de protectionnisme, de priorité au retour à l’emploi pour les Genevois!

Parce que sans ce discours déjà tardif, l’option du travailleur kleenex continuera de plus belle. Elle ne durera qu'un temps et détruira tout ce que nos parents ont patiemment construit et fêté chaque 1er août : un pays politiquement stable, des valeurs communes, des finances publiques saines, des assurances sociales efficaces, du travail pour tous. Voyez où nous en sommes ce 1er août 2014 ! Bonne fête nationale quand même.

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20 juin 2014

Aide sociale et complément d’intégration : Une confusion savamment entretenue

La gauche et le MCG s'opposent à la décision de Mauro Poggia de baisser de moitié le complément d'intégration qui s'élève actuellement à 300F par mois. Ce complément est « une prestation à caractère incitatif » pour celles et ceux qui bénéficient de l’aide sociale et qui ont signé un contrat d'aide social individuel (CASI) dans lequel ils s’engagent à participer activement à l’amélioration de leur situation. Parce qu'à Genève, pour obtenir un minimum d'efforts de certains requérants inscrits à l'Hospice général,  il faut en passer par là… Si ces personnes ne tiennent pas leurs engagements, elles ne reçoivent plus – théoriquement – ce complément d’intégration mais l’aide sociale n’en reste pas moins pleine et entière.

Ces compléments d'intégration doivent donc être considérés comme des revenus supplémentaires à l'aide sociale. Les diminuer ne réduisent en aucun cas les prestations financières versées en tant qu'aide sociale. Qui elle-même permet un revenu mensuel correct, ce qui n'est pas le cas pour tous les travailleurs indépendants  à Genève.

Les arguments de la gauche et du MCG ne sont donc que jeux purement politiques. Si l’aide sociale distribuée par l’Hospice général n’est plus suffisante en regard de l’augmentation du coût de la vie à Genève, ce ne sont pas les compléments d’intégration qu’il faut maintenir à 300 francs (et qui, rappelons-le, ne sont qu’une prime au mérite) mais ce sont les prestations de l’Hospice général elles-mêmes qui doivent revues. Ce qui reste à démontrer. Après, évidemment, il faudra voter un budget un brin plus élevé…

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18 juin 2014

Une ligne à grande vitesse entre Genève et Lausanne : enthousiasme et prudence

La nouvelle du jour: il y a un projet de ligne CFF à grande vitesse entre Genève et Lausanne. Enfin une vision d'avenir, un grand projet pour Genève et Lausanne, de nouvelles infrastructures pour le XXIe siècle!

Je fatiguais à chaque rénovation et autre développement d’infrastructures ferroviaires existantes, inaugurées à coups de grands discours visionnaires avant de nous expliquer que telle gare est déjà trop petite ou le sera dans quelques années. Il en a été ainsi que la plus gare de de Suisse, la gare centrale de Zurich, inaugurée voici quelques jours par Doris Leuthard. Elle pourra accueillir 400’000 passagers. Mais, nous a-t-on averti, dans 10 ans, cette gare ne sera plus adaptée pour les 500'000 personnes prévues… Nous entendrons sans doute un discours identique en 2025, lors de l'inauguration d'un nouveau quai (pour deux voies) à Cornavin. J'espère vivement que cet agrandissement se fera en sous-terrain. Et je continuerai de militer pour que l'on construise deux quais, soit 4 voies, pour anticiper l'augmentation de trafic que l'on pourra difficilement éviter selon le plan directeur 2030 et ses 600'000 habitants prévus sur notre territoire.

Politique à courte vue et financement folklorique sont la marque de fabrique des projets publics. Ainsi, le coût estimé de 4 milliards de francs pour construite cette ligne à grande vitesse surprend. On peut le comparer avec celui du CEVA (11 km). Devisé initialement à moins d'un milliard de francs lors de son adoption en 2002 par les députés genevois, son budget a passé à 1,47 milliards de francs et l’on se demande raisonnablement si cela suffira. Donc, enthousiasme et prudence sont de mise !

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04 juin 2014

Ville de Genève : aides sociales municipales obligatoires ?

Le Conseil administratif de la Ville de Genève demande une rallonge budgétaire de 900’000F « destinée à financer les aides sociales aux habitant-e-s de la commune disposant d’un revenu limité. Pêle-mêle se trouvent regroupées sous la rubrique comptable « subventions aux personnes physiques » les remises de cotisations AVS, les allocations sociales, les aides ponctuelles, les prestations pour restaurants scolaires et les allocations de rentrée scolaire (PR-1079). Le tout pour 12,5 millions de francs.

La population genevoise s’appauvrit, personne ne conteste cette triste réalité. Mais est-ce que ces aides sociales municipales sont une bonne réponse aux besoins des personnes dans la gêne, travailleurs mal payés, chômeurs de longue durée ou en fin de droit? Sont-elles bien ciblées, complètent-elles efficacement l’aide sociale offerte par l’Hospice général et les prestations cantonales complémentaires familiales ? Bref, sont-elles nécessaires ? Outre la curieuse comptabilité de la Ville, l’on constate que les seules prestations liées à une loi (loi fédérale sur l’AVS), sont les remises de cotisations AVS versées par le canton et la ville aux personnes sans activité lucrative et que les dépenses prévues pour ces dernières demeurent stables : 315’000F aux comptes 2013, 300’000F projetés (mais non prévus au budget) pour 2014.

Autre remarque : le budget alloué aux aides financières n’a guère augmenté ces dernières années. Au contraire, les montants accordés n’ont cessé de diminuer jusqu’en 2011. Or, cette situation n’est en rien comparable à la situation au niveau cantonal. Ces cinq dernières années, l’Hospice général a vu ses dossiers augmenter de 60% et soutient, à fin avril 2014, 26'069 personnes.

Coté ville, il y a une augmentation sous-estimée lors de la présentation budgétaire, mais une augmentation contenue.Coté canton, l’Hospice général fait face à une explosion de demandes d’aide sociale. Sachant que les allocations sociales municipales ont diminuées et ont compensé l’introduction des allocations de rentrée scolaire, la question se pose : est-ce que les aides financières municipales si précieuses aux yeux de la gauche sont bien nécessaires ou n’est-ce là que leur fonds de commerce hors des réalités genevoises ? Il y a dans ce crédit supplémentaire, essentiellement dû à une sous-estimation budgétaire, matière à s'interroger. Cette PR sera renvoyée en commission et ces questions devront trouver réponses.

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