21 janvier 2010

Avant de vouloir fermer 200 rues, faudrait-il encore les entretenir !

L’état des routes sur la commune de Genève se dégrade terriblement. Il suffit de passer à moto par la rue de Chantepoulet ou encore de traverser à pied le Cours de Rive pour s’en convaincre. Cette lente dégradation dure depuis des années sans que l’exécutif rouge-vert de la Ville se sente concerné alors que c’est à lui qu’incombe l’entretien des routes. Et de renvoyer la balle dans le camp cantonal, au nom d’un vieil accord financier passé entre ces deux acteurs. Ce qui arrange évidemment les adeptes de la mobilité douce et même du développement durable en matière de laisser-aller dès qu’il s’agit de transport routier. Il semble qu’une rencontre aient eu lieu le mois passé pour résoudre ce conflit entre pouvoirs publics. Qu’en est-il ressorti ? Mystère, d’où l’interpellation écrite que je viens de déposer :

Le froid et les chutes de neige qui ont frappé le canton ont, d’une part, démontré l’inefficacité de la Ville de Genève pour assurer la praticabilité des routes communales mais, d’autre part, le phénomène de gel-dégel suivi de fortes précipitations a permis de constater que les routes de la Ville n’étaient pas entretenues. En effet, il semblerait que ces phénomènes, qui ont  provoqué des trous dans maintes chaussées, par décollement du bitume, se produisent lorsque le bitume est vieillissant ou fragilisé. Ceci a pour conséquence de rendre les routes dangereuses pour la circulation, en particulier pour les deux-roues. A cet égard, il convient de rappeler qu’il incombe aux communes d’exécuter les travaux d’entretien relatifs aux routes communales (art. 25, al. 1 LRoutes), le réseau routier de la Ville de Genève étant par ailleurs entièrement communal. En effet, l’Etat et la Ville de Genève ont conclu, il y plusieurs décennies, une convention par laquelle l’Etat acceptait de reverser à la Ville une partie de la subvention de la Confédération pour l’entretien des routes. En retour, la Ville devait dédommager l’Etat pour les prestations de sécurité offertes par la gendarmerie. Toutefois, il semblerait que la Ville ait dénoncé cette convention et qu’elle ne s’acquitte ainsi plus du versement dû à l’Etat en vertu de ladite convention. Pour sa part, l’Etat aurait cessé de verser à la Ville la contribution fédérale pour l’entretien des routes. Dans ces circonstances, la Ville et l’Etat auraient décidé de résoudre ce différend à l’occasion d’une rencontre qui devait avoir lieu le 1er décembre 2009.

Dès lors, ma question est la suivante :
Comment sont régies, depuis le 1er décembre 2009, les relations entre l’Etat et la Ville de Genève, concernant  l’entretien des routes ?

18:39 Publié dans Transport | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |

19 janvier 2010

Neige : les explications des magistrats de la Ville de Genève ne manquent pas de sel, contrairement au réseau routier

En ce début d’année, le Conseil administratif de la Ville de Genève regardait benoîtement tomber la neige. Pendant ce temps, celle-ci provoquait retards, bouchons, accidents (deux fois plus de cas de fractures dénombrés aux urgences des HUG, selon la Tribune du 19 janvier 2010) et une collision entre un tram et une voiture. Quelques jours plus tôt, le 15 janvier, un grave accident se déroulait à Chêne-Bougeries : le verglas étant à l’origine de la chute d’une jeune scootériste qui a passé sous un bus.

Alors que le canton de Vaud et la France voisine avaient déjà déblayé leurs chaussées afin de garantir la praticabilité de leurs routes, la Ville de Genève cherchait encore du sel et son conseiller administratif, M. Patrice Mugny, déclarait allègrement sur la TSR, le 13 janvier, que « enfin, on peut faire les choses plus lentement, plus tranquillement (…) Je ne suis pas sûr qu’il faille nettoyer tout de suite. Il faut profiter de temps en temps des évènements nouveaux et inattendus ».

Dans ces circonstances, et compte tenu de l’art. 25, al. 1, de la loi sur les routes (LRoutes) qui prévoit que «  l’exécution des travaux d’entretien des voies publiques communales incombe aux communes » ainsi que de l’art.61 de la loi sur l’administration des communes (LAC) qui stipule que les communes sont placées sous la surveillance du Conseil d’Etat, celui-ci l’exerçant par l’intermédiaire du département, je pose la question suivante au nouveau chef du DIM, Madame Kunzler :

Comment le département de l’intérieur et de la mobilité, chargé de la surveillance des communes, entend-t-il mettre celle-ci en œuvre afin de garantir que la Ville de Genève assure dorénavant, et conformément à la loi, l’entretien de son réseau routier ?

Et j'attends la réponse.

22:35 Publié dans Transport | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

03 octobre 2009

Chantiers du tram : le billet « tout Genève - 60 minutes » ne tient plus la route… ou les rails

Les chantiers du tram ne pourrissent pas seulement la vie des automobilistes. Ils compliquent aussi l’existence des usagers des transports publics. L’offre « tout Genève – 60 minutes » n’est actuellement plus valable sur de nombreuses lignes perturbées par les chantiers des trams Cornavin-Onex-Bernex (TCOB) et  Cornavin-Meyrin-CERN (TCMC). Il n’est plus possible d’aller d’un bout à l’autre du canton en 60 minutes. Avant les chantiers s’entend. L’heure proposée par les TPG fond comme neige au soleil.

Alors pourquoi ne pas demander aux TPG de revoir – le temps de construire ces nouvelles lignes – leur politique tarifaire et porter de 60 à 90 minutes leur billet « tout Genève » sur les lignes touchées par les chantiers du tram. Ce serait un geste agréable à leur clientèle qui actuellement paie les frais pour les ralentissements provoqués par les chantiers TPG : il faut deux billets pour faire le même parcours alors qu’avant les travaux un seul suffisait. CQFD.

L’UDC a donc déposée une motion pour inviter le Conseil d’Etat à satisfaire cette demande.

 

N'oubliez pas de voter : Jour J - 8

bandeau-gc09.jpg

23:13 Publié dans Transport | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | | |

20 mai 2009

Les rustines du CEVA

La construction du CEVA a été initialement devisée à 940 millions, Genève prenant à sa charge 401 millions. Sans intégrer la TVA et le renchérissement. Sept ans plus tard, l’Etat nous demande une rallonge de 107 millions de francs (PL 10444). Elle est toujours hors TVA et renchérissement.

Entre les recours des opposants et les 318 corrections imposées par l’Office fédéral des transports, le projet continue son sinueux parcours. Il a un prix. Mais ce n’est pas celui avancé par l’exécutif dans son projet de loi. L’inspection cantonale des finances le dit tout net (audit du 5 mars dernier) : « Nous constatons néanmoins que ce crédit complémentaire ne sera pas suffisant pour mener à bien le projet CEVA, dès lors qu’il ne tient pas compte du renchérissement, F 135 millions, auquel pourraient s’ajouter les éventuels coûts liés au risque TVA (48,9 millions) ».

Si nous prenons au sérieux la promesse de nos magistrats, le CEVA sera terminé en 2015. Ce qui signifie qu’il faudra ajouter à la facture originale 671 millions. 107 millions que le Parlement votera sans nul doute le mois prochain. 135 millions de renchérissement, 229 millions de surcoûts du projet (renchérissement de 2009 à 2015) et 48,9 millions de TVA. Ce qui signifie qu’entre le projet voté en 2002 et l’inauguration du joujou, la facture aura augmenté de 70%. De 401 millions, nous serons bien au-delà du  milliard de francs.

En acceptant ce nouveau crédit complémentaire de 107 millions, nous acceptons de fait toutes les dépenses qui suivront.  Elles sont importantes. Mais avons-nous un autre choix ?

22:01 Publié dans Transport | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |