Pour des gardes-frontières à la frontière ! (05 juin 2011)

Aussi incroyable que cela puisse paraître, depuis que la Suisse à adopté la convention de Schengen et Dublin, entre 130 à 170 gardes-frontières (selon les besoins saisonniers) ont été retiré des groupes engagés sur le terrain pour les mettre à disposition de l'aéroport. Quelle lourde responsabilité doivent-ils assumer? Ils contrôlent les visas et autres passeports des voyageurs provenant de pays hors Union européenne. Accessoirement, ils dégainent leur tampon encreur... Un tiers des effectifs du Cgfr, formé et désireux d'œuvrer pour notre sécurité, est ainsi bloqué dans les guérites de l'aéroport genevois. Pendant ce temps, c'est toute une région qui est livrée aux criminels et autres voyous étrangers attirés par l'absence de surveillance à nos frontières.

Cette situation est ridicule et incompréhensible. Ridicule parce qu'occupés à cette fonction ces gardes-frontières sont sous-employés. Incompréhensible parce que cette prestation peut-être accomplie par un service spécial placé sous la responsabilité de la police ou par des employés formés à ces tâches administratives par l'aéroport. De quoi créer autant d'emplois pour lesquels les compétences de nombreux chômeurs pourront être utilisées.

Devant ce gâchis, j'ai déposé une motion pour inviter le Conseil d'Etat à attribuer le contrôle des personnes aux frontières à l'aéroport à un nouveau service de la police cantonale ou directement à l'aéroport et à intervenir auprès de la Confédération afin que les gardes-frontière de l'aéroport soient affectés à la surveillance des frontières extérieures du canton.

Un dernier mot enfin sur l'excellent article de Sandra Moro, paru dans Le Temps de vendredi. Suite au dépôt de ma motion, elle y interroge André Eicher, le responsable du Syndicat du personnel de la douane et des gardes-frontière (Garento). Ce dernier déclare préférer que l'on demande à l'aéroport de payer pour ce contrôle assuré par le Corps. L'argent ainsi récolté permettrait d'engager de nouveaux gardes-frontière et de les répartir dans toute la Suisse. Ce n'est pas ce que je demande. Pas du tout! Je demande avec insistance le retour à l'effectif engagé dans le pourtour de notre canton avant Schengen. C'est pour cela que j'estime que c'est au Conseil d'Etat de prendre ses responsabilités - celui-là même qui soutenait la votation pour Schengen et Dublin - pour libérer les gardes-frontière occupés à l'aéroport et les affecter là où ils devraient être, sur le terrain, à nos frontières.

 

 

20:43 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |