Policiers genevois venus de l'étranger : la tempête dans un verre d'eau (19 janvier 2012)

A la suite de mes déclarations dans La Tribune, j'ai reçu quelques messages surpris de membres UDC et même celui d'un journaliste qui s'inquiétait de mon taux d'alcoolémie. J'ai apprécié ces courriers qui m'ont été directement adressés et qui m'ont permis de répondre. J'ai la même attitude suite à la mise au point du comité directeur qui précise que l'UDC est toujours hostile à l'engagement d'étrangers au sein du corps de notre gendarmerie. C'est effectivement la position politique de mon parti à ce jour. Tout cela me permet de rappeler que j'ai émis une réflexion toute personnelle et qu'il faut la prendre comme telle. Une réflexion que je ne renie pas.

La police genevoise n'arrive pas à recruter. C'est un fait. Il manque actuellement une bonne centaine de gendarmes. Ce qui engendre très exactement 142'000 heures supplémentaires pour les 10 premiers mois de 2011. Soit près de 7 millions de de crédits supplémentaires. Et la grogne des gendarmes qui plient sous le travail. Face à cette situation, je n'oublie pas que l'UDC réclame 1'500 policiers pour 2020 ! Cela signifie (à la louche) la formation de près de 2'000 nouveaux gendarmes... en 8 ans. Dans un canton où la population est à moitié étrangère, je me demande où trouver autant de représentants des forces de l'ordre.

Je me pose donc quelques questions puisque la loi actuelle autorise que des étrangers munis du permis C entrent dans nos écoles de police. Des étrangers, domiciliés en Suisse (pas nécessairement à Genève) depuis dix ans peuvent avoir librement accès à ces postes. Et même moins en cas de naturalisation facilitée. Après un an passé au sein de l'école de gendarmerie, ils peuvent demander leur naturalisation et être assermentés.

Alors, pourquoi ne pas ouvrir les portes de cette profession à d'autres permis afin de recruter plus de gendarmes que ne le permet la loi actuelle ? Il faudra évidemment que ces candidats soient profilés pour cette fonction. Ce qui ne permettra pas d'engager n'importe qui. Ce qui signifie aussi que nous ne serons pas submergés par une vague de centaines de candidatures. Ce qui signifie tout simplement que ce n'est pas la solution à notre problème de recrutement. Le problème reste bien celui de trouver des Suisses pour ces postes. Mais ce débat de dàbut d'année permet d'évoquer l'important problème du recrutement de policiers et de lancer la discussion. Le problème demeure, mais pour la discussion, c'est réussi!

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