Libre circulation : Oh ! Béatitudes fédérales ! (26 mai 2012)

Dix ans après l'entrée en vigueur des bilatérales, le Secrétariat de l'Etat à l'économie maintient son discours : les bilatérales, c'est merveilleux ! On observera au passage que l'analyse positive du Seco intervient quelques jours après que le Parlement européen ait adopté une résolution condamnant la décision suisse de limiter l'arrivée de citoyens de huit pays européens.

Pour s'en convaincre, le Seco cite deux chiffres magiques : pour ces 10 dernières années, 370'000 étrangers provenant de l'UE occupent un emploi en Suisse. Dans le même temps, 500'000 emplois ont été créés. Oh, Béatitudes fédérales ! Oh, Certitudes patronales ! La vie en rose, version Seco, puisque la libre circulation n'a pas entraîné de dumping salarial et que les inconvénients sont « relativement faibles ».

La réalité se trouve sur le terrain. En écoutant par exemple les gardes-frontière. Ils sont inquiets parce que contrairement au chef du Seco, ils constatent à nos frontières, depuis quelques mois, un afflux grandissant de Portugais, d'Espagnols et même d'Italiens. Ils recherchent un emploi en Suisse qu'ils ne trouvent plus dans leurs pays sinistrés. Ces nouveaux réfugiés économiques sont près à tout. Aux bas salaires, aux emplois intermittents, au travail au noir. Dans notre canton, 20'000 personnes recherchent un emploi. De l'autre coté de la frontière, 5'000 "frontaliers" ont perdus leur emploi suisse. Frottés aux réalités quotidiennes, les chiffres du Seco ressemblent plus à de la propagande qu'à une analyse économique.

Tout comme il y a ceux qui dénoncent l'insécurité et ceux qui évoquent le sentiment d'insécurité, il y a ceux qui estiment que les bilatérales pénalisent les Suisses en recherche d'emplois et ceux qui croient que ces mêmes bilatérales dopent le marché de l'emploi. A vrai dire, insécurité ou sentiment d'insécurité, bilatérales aimables ou désagréables, c'est selon sa condition. Une fois agressé dans un parking ou dévalisé dans son appartement, le sentiment d'insécurité disparaît vite fait bien fait. Une fois au chômage et confronté à la concurrence prodigieuse des Européens sur le marché de l'emploi, les fines analyses du Seco sont au classement vertical ce qu'est le sac poubelle à la ménagère. Ou à l'homme au foyer !

 

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