Conseils d’établissement : une élection de singe (09 février 2009)

singe.jpgRappelons que le département de l’instruction publique a interdit, dans sa lettre du samedi (voir mon blog du 1er février), toute information sur la religion, l’appartenance politique et l’exercice d’un mandat politique. Mais pas d’interdiction pour les associations, une association en particuliers: l’Association des Parents d’Elèves (APE). C’est pourquoi, sur la liste officielle des candidats, à part les seuls noms et prénoms des candidats, figure l’appartenance de certains d’entre eux à l’APE. Il y a donc deux catégories de candidats!

Nous prenons bonne note que ce curieux droit de cuissage électif correspond à la volonté des responsables de ces associations. C’est du moins ce qu’exprime sans détours les membres de l’APE des Ouches lorsqu’ils évoquent l’élection du Conseil d’établissement (procès-verbal du 1er décembre 2008) : ils insistent «sur le fait que les personnes représentant les parents au Conseil d’établissement devraient faire partie du comité de l’APE» et «les candidatures doivent être rafflées par l’APE, qu’il faut une cohésion dans le quartier entre l’APE et la maison de quartier mobile (AMQM)». Le DIP n’est pas contre, bien au contraire. Les candidats de l’APE seront donc autorisés à sortir de l’anonymat dans lequel sont confinés les autres candidats.

Autre problème : pour qui voter? Dans ce désert d’informations personnelles, comment choisir entre les candidats dont nous ne connaissons que les noms ? Qui sont-ils, qu’ont-ils fait pour mériter notre suffrage ? Mystère et boule de gomme. Dans une petite commune, admettons que l’on se connaît. Mais en milieu urbain, agité continuellement par la valse des déménagements, comment connaître les candidats, comment les distinguer, comment choisir ces anonymes que rien ne diffère, si ce n’est, bien sûr, les candidats de l’APE?

La directrice générale a.i. le reconnaît elle-même dans sa lettre : ces pères et mères d’élèves, vous apprendrez progressivement à connaître. C’est sans doute ce que Charles Beer appelle « un élargissement des droits démocratiques ».

22:18 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |