2016, l’UDC, l’actualité (03 janvier 2016)

Yvan Perrin m’expliquait récemment qu’un regard dans le rétroviseur prouvait la clairvoyance de l’UDC. Autant de dossiers défendus par ce parti depuis 20 ans (la sécurité, les frontières, la souveraineté, l’islam, l’immigration, etc.) et combattus par l’ensemble de la classe dirigeante, autant de dossiers en lien avec le quotidien des Suisses. Il en est ainsi de l’initiative contre l’immigration de masse qui a ouvert les yeux à de nombreux acteurs politiques et économiques, à commencer par M. Schneider-Ammann.

Dans un entretien accordé ce jour au Matin Dimanche, notre tout nouveau président de la Confédération « attend que l’économie s’investisse pour mieux intégrer le potentiel de main-d’œuvre indigène dans le marché du travail ». Plus qu’un vœu (que l’on souhaite autrement que pieux!), c’est un aveu. Et qui va loin puisque M. Schneider-Ammann reconnait même que « L’Etat doit réduire sa main-d’œuvre dans les domaines de la santé, de l’administration et de la formation. Qui aurait tenu de pareils propos avant le 9 février 2014 ?

C’est une évidence, particulièrement dans les cantons proches des frontières, que celle d’une économie qui ne fait pas tous les efforts qu’il faudrait pour employer les travailleurs locaux et profite un maximum de la libre circulation. Une bonne partie des « spécialistes », introuvables sur le marché suisse, pourraient donc se trouver à portée de main.

Les déclarations de M. Schnerider-Ammann marquerait-elle un tournant dans l’embauche massive de travailleurs étrangers ? On l’espérait au printemps 2014, en écoutant Rolf Dörig, président du conseil d'administration de l'assureur Swiss Life et spécialiste du travail temporaire Adecco. Il voyait dans l'initiative sur l'immigration de masse une chance: "Nous autres dirigeants de l'économie avons trop longtemps suivi exclusivement les intérêts des entreprises", déclare-t-il dans la Schweiz am Sonntag. "Trop longtemps, nous n'avons pas perçu ce qui se passe dans la société", a-t-il ajouté. Le partenariat social, le contrat entre les générations et la cohésion sociale sont au bord de basculer. "Personnellement, je suis heureux de la décision du peuple car elle nous conduit à discuter des thèmes importants".

On l’espérait encore fin janvier 2015, lorsque economiesuisse a présenté un plan pour valoriser les femmes ou les plus de 50 ans pour anticiper la pénurie de personnel qualifié, se tournant ainsi vers la main-d’œuvre indigène. L’association patronale tenait un langage nouveau, un brin surprenant après les déclarations de son président, Heinz Karrer, pour qui « réduire la venue en Suisse d'une main-d’œuvre hautement qualifiée de l'étranger influencera négativement la place économique helvétique ».

On l’espère toujours, mais en faisant preuve de beaucoup de patience, en lisant les propos de M. Schneider-Ammann, toujours dans Le Matin Dimanche, qui poursuit sa réflexion sur la main-d’œuvre local en reprenant son bouquet de mesures lancé en 2011 par son département et qui vise à encourager le recours au potentiel offert par la main-d'œuvre indigène. Mais prévient-il, elle ne donnera des résultats qu’en… 2018.

L’initiative de l’UDC a donc provoqué un débat en profondeur. Un débat de valeurs: la place des Suisses en Suisse, celle de l’étranger, de l’accès au travail et de la concurrence induite par la libre-circulation, de l’égalité de traitement, du droit de s’installer où l’on veut, de l’économie et du profit, du protectionnisme. De notre avenir. Yvan Perrin a raison : l’UDC est bel et bien le seul parti qui suscite des débats en lien avec les préoccupations quotidiennes des citoyens.

 

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