Plus de voies autoroutières : une perpétuelle course-poursuite (08 janvier 2019)

L’extension de notre réseau routier, à l’horizon 2030, et plus particulièrement la volonté exprimée en début d’année par Simonetta Sommaruga d’élargir les autoroutes à 6 voies, m’inspire diverses réflexions. J’en ai fait part quelques uns dans mon précédent blog (6 janvier 2019).

Restons sur l’autoroute Genève-Lausanne, inaugurée pour l’Expo nationale de 1964 et inchangée depuis lors. Voilà plusieurs dizaines d’années qu’elle est saturée. Sans parler des nombreux chantiers qui perturbent bien évidemment le trafic sur cet axe important.

Pourquoi 6 voies ? Madame la Conseillère fédérale reprend les propositions faites dans le message sur le développement des routes nationales, paru en septembre dernier. Pourtant, je ne peux m’empêcher de m’interroger : les propositions énumérées dans ce message sont-elles faites pour répondre à la situation actuelle ou est-ce en prévision d’un trafic prévu pour 2030 et qui sera de plus en plus conséquent, rançon de la très forte immigration subie et aussi prévue pour ces prochaines années ?

Pour celles et ceux qui roulent fréquemment sur cette autoroute d’un autre âge, voici de nombreuses années qu’ils attendent ces fameuses 6 pistes. Alors si l’on parle du futur, n’est-ce pas d‘infrastructures routières de 8 voies que nous devrions prévoir ? 6 voies, c’était pour hier, pas pour demain !

Les mêmes réflexions m’animent pour l’extension de la gare Cornavin. Il s’agit d’un projet qui ne va tarder à démarrer et qui prévoit de construire un nouveau quai sous-terrain avec deux voies ferrées supplémentaires. Le réseau ferroviaire entre Cointrin, Cornavin et Lausanne est aujourd’hui saturé. Est-ce que ces deux nouvelles voies seront suffisantes pour absorber un trafic avec des trains plus nombreux, des horaires cadencés et allongés et une utilisation optimum des infrastructures existantes ? Pourquoi ne pas avoir songé de suite à la construction de deux quais, afin de recevoir 4 nouvelles voies ? 2 voies supplémentaires, c’était pour hier, pas pour demain !

Le Conseil fédéral et ses deux Chambres nous infligent un accroissement rapide de la population que nous impose la libre-circulation. Pourtant nos élus manquent singulièrement d’ambition pour adapter nos infrastructures (quelles qu’elles soient) à une demande en constante augmentation qu’ils privilégient pourtant. Réflexion faite, nous investissons des sommes énormes pour ne rattraper finalement que notre retard.

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