Le stade de Genève est en fin de vie (23 mai 2009)

Cafeteur ! Mercredi dernier, la commission des finances s’est penchée sur le projet de loi accordant une aide financière quadriennal de plus de deux millions par an à la Fondation du stade de Genève. Ces discussions sont rapportées avec précision dans notre bonne Tribune qui apprend à ses lecteurs qu’une large majorité de commissaires s'est montrée hostile aux montants imaginés par Marc Muller. Mais que les mêmes sont d’accord pour verser 700'000 francs pour 2010, accordant ainsi un ultime délai aux membres de la Fondation pour présenter un nouveau contrat de prestations un peu plus «sexy». Et plus si affinité… Dans ce même article, il fait mention d’un député UDC très pessimiste quant aux performances à attendre de la Fondation. Pour tout dire, cet élu, bien seul, s’est opposé à toute aide financière publique. Ce député, c’est moi.

Je le dis tout haut : débarrassons l’Etat de ce joujou! Il nous a déjà coûté 121 millions de francs. Depuis 2007, le fonds d’équipement communal (qu’a-t-il à faire dans cette affaire?) a versé 20 millions auxquels il convient d’ajouter encore la participation de 8 millions que l’Etat a versé en début d’année. Aujourd’hui, on nous  demande plus de 2 millions par année. C’est ce que coûte l’entretien du stade Pour quatre ans. Pour faire quoi ?

Est-ce pour le FC Servette qui végète en fin de classement en Challenge league (ancienne ligue B). Et pour longtemps. L’actuel président, Majid Pishyar, n’a rien entrepris de sérieux pour étoffer une équipe qui joue devant 800 personnes dans un stade de 30'000 places. Il  faudrait au minimum 5'000 spectateurs par match. Lorsque Marc Muller craint que l’image de Genève soit compromise si le stade est mis en faillite, j’avoue sourire doucement.

Est-ce pour de somptueux matchs de football, remplissant gradins et caisses du stade ? Depuis son inauguration en 2003, le stade de Genève n’a connu que quelques matchs amicaux de l’équipe suisse. Hormis trois matchs de l’Eurofoot et un concert de Johnny Halliday, rien d’autres en 72 mois. Le seul match sérieux fut celui qui opposa Bourgoin contre Munster, le 14 janvier 2006. C’était un magnifique match de… rugby.

Est-ce pour l’organisation d’évènements particuliers (concerts, locations)? Rien à l’horizon, depuis son inauguration.

L’exposé des motifs mérite d’être lu avec attention. Les arguments en faveur d’un subventionnement public sont souvent affligeants, tel celui de la vocation du stade au sein de la Genève internationale (?) ou celui du siège de l’UEFA qui se trouve à 30 kilomètres (re?). Et ce n’est pas, et de loin, une liste exhaustive.

Alors que faire d'un stade de 30'000 places ? Les responsables reconnaissent eux-mêmes qu’il est surdimensionné. Et dans un quartier destiné à être urbanisé. A vrai dire, les responsables de la Fondation ne savent pas quoi répondre. Il leur faut une année supplémentaire pour répondre à cette question. Mais aussi pour repousser la menace du comité référendaire qui souhaite s’opposer à cette aide financière pour flinguer le stade. Les députés sont également sans réponse et veulent ignorer la mise en faillite qui aurait du être prononcée depuis longtemps sans l’aide obstinée de l’Etat. Un attachement qui ressemble à un refus de voir la vérité en face. Le stade, dans son organisation actuelle, est en fin de vie. Il est aux soins palliatifs. Il est sous perfusion financière. Pas d’acharnement au frais de l’Etat ! Vendons-le ! Donnons-lui une chance de retrouver sa santé avec un management privé. Et n’oublions pas de remercier les responsables de cette nième débâcle genevoise.

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