Clandestins : hors la loi point de salut ! (25 février 2010)

C’est la bataille ! Elle conduit à la mutinerie. A Genève, à Lausanne, socialistes, verts et démocrates-chrétiens guerroient pour que les jeunes clandestins puissent accéder aux places d’apprentissage et aux écoles professionnelles. Revêtues de bons sentiments, ces propositions visent ni plus ni moins à rendre légale l’illégalité d’un statut que les autorités de ces mêmes cantons s’obstinent à ignorer. La démocrate chrétienne Anne-Marie Von Arx-Vernon le sait très bien. Auteur d’une motion en faveur d’un chèque-apprentissage, elle reconnaît, dans Le Courrier du 24 février, que sa demande « frise le code ».

Les règles sont pourtant connues et ne peuvent être contournées. Un clandestin est une personne qui réside en Suisse illégalement. Elle y est hors la loi. Mathilde Captyn, députée verte, le sait elle aussi très bien, elle qui a déposé récemment une résolution pour
que le Conseil d’Etat intervienne auprès de l’Assemblée fédérale pour tordre la loi (ce qu’elle appelle pudiquement « créer les bases légales ») afin que les enfants des clandestins puissent avoir accès à l’apprentissage et à la formation professionnelle.

Accorder des droits à ceux qui violent la loi, c’est se jeter dans une impasse, c’est contredire l’Etat de droit.
Un bon exemple est donné par Pierre Imhof, rédacteur du site « Domaine public », qui se demande quelle légitimité aurait la police lausannoise ou les inspecteurs du travail chargés de lutter contre le travail au noir et qui devraient donc dénoncer ce qui se passe dans leurs propres bureaux.

Si cette génération de clandestins veut jouir des mêmes droits que ceux qui sont légalement installés en Suisse, ils doivent régulariser leur situation, avec les risques que cela comportent. C’est en premier lieu à leurs parents d’être responsables, de donner l’exemple, eux qui ne l’ont pas montré en résidant illégalement dans notre pays.

A titre personnel, je n’ai rien contre une régularisation de ces jeunes qui, pour une grande partie, se sont intégrés et ont bénéficié d’un enseignement public payé par les contribuables. Cette dépense publique, à laquelle n’ont pas participé leurs parents, mérite mieux qu’un retour dans la clandestinité et son cortège d’aides sociales à nouveau aux frais des contribuables. Mais il ne saurait être question que d’un retour vers la légalité pleine et entière, ne serait-ce que pour leur servir d’exemple. Rien ne sert de forcer la porte de dame Helvétie : elle ne s’ouvrira qu’à ceux qui respectent nos lois !

 

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