Cher Boris, (28 février 2010)

Il faut que je réponde à votre blog du 26 février. Non pas parce que vous vous rangez dans les rangs de ceux qui veulent en fin de compte ignorer la clandestinité mais parce que vous me reprocher de chercher à « précariser et à alimenter le fantasme sécuritaires les concernant ». Il me semble donc nécessaire de préciser quelques points.

Je ne m’oppose pas à la présence d’enfants de clandestins dans nos écoles. L’accepter comme le font nos autorités, c’est évidemment prendre en compte leur statut, celui de leurs parents. Donc, parlons d’eux. Toutes ces personnes vivent une situation sans avenir. Si ce n’est celle d’être utilisé comme de la chaire à patron jusqu’au moment où elles seront obligées de rentrer chez elles. C’est leur situation actuelle, que cela plaise ou non. Le marché de l’emploi étant ce qu’il est, elles sont corvéables à merci tant qu’elles resteront dans la clandestinité. Comment fermer les yeux sur un statut proche de l’esclavage ? Elles doivent donc se régulariser. Et accepter que les autorités suisses ne puissent peut-être pas leur répondre favorablement. Cette réflexion me semble être celle du bon sens. A moins que vous n’acceptiez le travail au noir.

De cette situation, ni l’Etat ni les défenseurs des clandestins ne veut en parler. Ils proposent simplement d’ignorer les difficultés en offrant un chèque-service, l’accès aux soins, à l’enseignement et maintenant à l’apprentissage. Ils donnent autant de messages contradictoires aussi bien aux parents qu’aux enfants. Comment ces derniers vont-ils se développer dans une société qui leur offre avec un enseignement public, des copains, des habitudes, une histoire, une intégration et donc un pays d’accueil et dont ils seront exclus un jour ou l’autre ? La faute n’est pas dans le camp des pouvoirs publics ou dans les lois que je défends mais dans celui des parents. Ces derniers doivent eux-aussi assumer leur part de responsabilité dans le choix qu’ils ont fait en forçant la porte de notre pays. Ils doivent mettre de l’ordre dans leur vie pour qu’il y en ait dans celle de leurs enfants.

Quant à la question du fantasme sécuritaire, je ne me souviens pas l’avoir abordé dans le traitement de ce dossier.

Peut-être vous rencontrerai-je demain matin devant les micros de Pascal Décaillet. L’occasion de continuer ce débat et de vous serrez la main. (A l’heure où je rédige ce papier, la réponse ne m’est pas encore donnée).

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