Exécutif de la Ville : Alors, gestion déloyale ou pas ?

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Il y a, d’un côté, le classement de la procédure pour gestion déloyale des intérêts publics en Ville de Genève. Le classement d’une affaire par le Ministère public intervient lorsqu'aucun soupçon justifiant une mise en accusation n'est établi ou lorsqu'il apparaît qu'aucune infraction n'a été commise.

Pendant cette procédure, cinq membres du Conseil administratif de la Ville de Genève ont été mis sous les feux des projecteurs. Deux d’entre eux ont été blanchi : Sami Kanaan et Sandrine Salerno. Pour les trois autres, le simple fait d’avoir remboursé des frais professionnels jugés discutables par la Cour des comptes puis déclarés suspects par le Parquet, a permis à ce dernier, malgré tout, de classer l’affaire : ces dépenses sont «éthiquement discutables mais pénalement indifférentes». Dans son communiqué de presse, le Ministère public reconnaît toutefois que, par exemple pour Guillaume Barazzone, ce dernier a reconnu «d’emblée le caractère injustifié de nombreuses dépenses». Et de décider de son propre chef de rembourser 80'000 francs, une somme considérable pour un magistrat municipal et qui a choqué plus d’un Genevois. Le classement de cette affaire est donc difficilement compréhensible, qui plus est un mois après les élections municipales. Que faire de ce communiqué de presse qui précise que « L’instruction a confirmé l’existence de graves lacunes dans la définition des frais professionnels et leur contrôle »?

Lorsque que le Parquet nous inflige sa formule «éthiquement discutables mais pénalement indifférentes», comment ne pas penser à l'ancienne ministre française Georgina Dufoix, engluée dans l'affaire du sang contaminé et sa fameuse réplique "responsable mais pas coupables"? Il suffit donc de réparer le dommage causé pour satisfaire le Ministère public. Quelques centimes mis dans le parcmètre après avoir dépasser le délai devrait donc suffire pour s’éviter une amende. 

Il y a, d’un autre côté, l’opinion publique. Elle n’est pas tendre avec sa justice après cette ribambelle d’affaires politiques qui finissent en queue de poisson après de longs mois d’enquêtes. Ou qui n’en finissent pas, comme l’affaire concernant Pierre Maudet. Une justice qui laisse perplexe la population est une justice qui n’en est plus vraiment une. Parce qu’en inculpant des élus du peuple sans avoir un solide dossier, sur des présomptions certes, mais en s’aventurant de cette manière sur le terrain politique, elle porte un double discrédit : celui de l’institution, que nombre de Genevois ont toujours plaisir à critiquer, celui de la personne, de son honneur. L’affaire concernant Simon Brandt en est une démonstration, avec des conséquences lourdes pour lui-même et ses proches, pour son parcours professionnel et pour son parcours politique. L’opinion publique mais aussi une bonne partie des politiciens genevois, de tout bord, reste insatisfait. Ils attendent du Procureur général, qui vient d’être réélu tacitement, qu’il rende justice. Clairement. Après ce classement et les explications de son communiqué de presse, qui sait si il y a eut gestion déloyale ou pas ?

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