Politique - Page 3

  • Primes, indemnités et débours : Le jeu de la mort

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    Les deux excellents rapports que vient de nous rendre la Cour des comptes renvoient les députés à leurs commissions respectives : les finances et le contrôle de gestion. Diminution des effectifs promis (-5%), système d’indemnités à démanteler, objectifs fixés par le Conseil d’Etat pour la  gestion prévisionnelle partiellement acquis et ceux concernant le recrutement commun à tout l’Etat carrément pas atteints. Inefficacité et inefficicience : c’est indiqué à la page 3 – rapport N° 28).

    La Cour qualifie l’organisation actuelle des ressources humaines de complexe car décentralisée. Il apparaît que l’Office du personnel de l’Etat n’a pas de lien hiérarchique et fonctionnel sur les ressources humaines départementales. Ces dernières occupent 177 emplois à temps plein pour un coût total de 45 millions. Au final, ce sont quelques 2'500 fonctions qu’il faut regrouper en 210 métiers. 2'500 fonctions pour 16'000 fonctionnaires, cela fait 6,4 employés pour une fonction.
    -    T’es quoi, toi ?
    -    Secrétaire… Et toi ?
    -    Moi aussi, je suis secrétaire. Tu gagnes combien ?
    -    Bien plus que toi…
    -    Comment ça ! On fait le même boulot…
    -    Pas vraiment, moi je peux taper sur le clavier toutes les lettres, même les majuscules…

    Dans son second rapport concernant les primes, les indemnités et autres frais de débours, il résulte  des travaux de la Cour des comptes que ces petites gâteries extra-législatives ont concerné pas moins de 10'194 personnes et se sont élevées à 79 millions de francs. Dans la plupart des départements, ce taux s’est élevé entre 2% et 4% des traitements en moyenne. En revanche, ce taux se situe à 18% pour les policiers qui peuvent intégrer jusqu’à 10 indemnités distinctes, dont notamment une indemnité pour inconvénients de service représentant 15% du traitement à l’engagement.

    Jusqu’à quelle somme ces fonctionnaires auraient trouvé normal d’être payés par de l’argent public pour le travail qu’ils faisaient ?  Une expérience comparable à celle du jeu télévisé de la mort aurait été amusante, voire instructive. Le jeu de la mort : petit à petit, un joueur augmente les décharges électriques sur un homme qu’il ne connaît pas. Par palier, il le fait souffrir jusqu’à lui infliger des décharges potentiellement fatales. A la fin de ce crétin de jeu, on explique aux joueurs qu’ils ne sont pas si méchants que ça mais seulement victimes d’un environnement hostile représenté par une autorité forte. Transposons ce jeu: petit à petit, on offre de l’argent aux fonctionnaires, jusqu’à qu’ils connaissent de sérieux problèmes moraux. Mais quel est donc leur niveau de refus ? Une fois atteint, nos fonctionnaires seraient sans doute aux prises avec leur conscience. Un psychologue leur expliquerait alors qu'il est bien normal d’arrondir ainsi ses fins de mois, l’environnement hostile, dominé par des supérieurs autoritaires les ayant empêché de retrouver leur bon sens.

    Mais laissons là ce qui n’est qu’une divagation nocturne. Reste que ces faits dénotent une mentalité bien particulière au sein de certains services. La Constitution genevoise en prend un coup. L’outrecuidante! Elle ose préciser que l’administration de l’Etat de Genève et des communes doit être fonctionnelle, efficace  et structurée de manière à éviter des lenteurs, des travaux faits à double et d’une manière générale, des dépenses sans relation avec le résultat recherché. C’est peut-être la Constitution genevoise qui a besoin de psychologues. Paraît qu’il y en a quelques-uns qui pourraient faire l’affaire du coté de la Constituante.

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  • Discrétion médiatique

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    Hier soir, le Grand Conseil a accepté à l’unanimité une résolution UDC. Le fait, sans être rare, doit être relevé par blog interposé puisque la presse a diffusé cette bonne nouvelle mais en s’abstenant de mentionner notre parti. Il en fut ainsi sur le site du jour de La Julie tout comme sur les ondes matinales de Radio-Cité.

    Le vote unanime du Parlement effacerait-il aux yeux des journalistes l’origine d’une proposition ? Si tel est le cas, je m’empresse de vous annoncer que cet après-midi le Parlement adoptera certainement une nouvelle proposition UDC. Adoptée à l’unanimité par la commission des finances, elle vise à modifier la Constitution afin de soumettre la Constituante au contrôle de la Cour des comptes.

    On n’est jamais mieux servi que par soi-même !

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  • Un 2 janvier, qui d’autre que Christoph Blocher peut jouer à guichet fermé?

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    Au lendemain du réveillon, il fallait avoir beaucoup culot pour inviter la population à une réunion politique. C’est pourtant ce que Christoph Blocher a fait en terre bernoise. Et pour se faire un peu de publicité, le recours à la provocation chère au Zurichois n’a pas été inutile. Il fallait le comprendre à l’annonce pour le moins curieuse de son opération de 2005. La plupart des journalistes romands n’y ont vu que du feu. L’indignation qu’ils ont manifestée a contrasté furieusement avec les commentaires amusés de leurs homologues suisse-allemands. Là où, par exemple, Urs Gfeller de la radio suisse romande dénonce un dictateur de pacotille qui « jette une ombre définitive sur l’image que l’histoire ne manquera pas de retenir de lui », les gazetiers d’outre Sarine ont bien rigolés de l’aveu de Christoph Blocher sur. Grandiloquence des Romands, juste proportion des Alémaniques. Morale bon marché des uns, sourire des autrs. Et un gagnant dans cette « affaire » du début 2010 : Christoph Blocher.

    Parce qu’il fallait tout de même l’oser : tenir conférence un 2 janvier ! Avec un thème aussi peu sexy que l’évocation de trois personnalités du Seeland, le premier conseiller fédéral UDC en la personne de Rudolph Minger, un ancien conseiller national Ulrich Ochsenbein et le peintre préféré de Christoph Blocher, Albert Anker.

    La conférence s’est tenue à Aarberg, fief de Samuel Schmid. A trois mois des élections cantonales, cette manifestation est un coup d’épaule donnée au parti bourgeois démocratique. L’opération a été une totale réussite parce que Christoph Blocher possède un art consommé de la médiatisation. Il a le chic pour attirer les projecteurs sur sa personne et capter l’attention de l’opinion public. L’annonce de son opération secrète n’a servi qu’à atteindre son objectif : remplir une salle et marquer plus profondément le territoire bernois de l’empreinte UDC en ce début de campagne électorale.

    Par le bout du nez ! C’est ainsi qu’ont été mené la plupart des journalistes romands, victimes d’un dégât collatéral lors d’un tir médiatique. Pris à leur propre jeu, en quelque sorte !

     

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  • Une médaille au service de la cause communiste

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    Le 29 janvier 2010, le Conseil administratif de la Ville de Genève célèbrera officiellement M. Eolo Morenzoni, membre du parti communiste suisse, ancien brigadiste international de la guerre d’Espagne et lui remettra la médaille «Genève reconnaissante». Créée le 11 mai 1928, cette médaille est destinée à marquer la reconnaissance de la Ville de Genève à ses généreux donateurs ainsi qu’à d'anciens fonctionnaires «méritants». Dans les années 1990, des artistes, musiciens, écrivains, ont également reçu cette récompense, le Conseil administratif voulant marquer sa gratitude à des personnalités ayant contribué par leur talent à la connaissance, au rayonnement et à la richesse symbolique de la Ville.

    En quoi ce Tessinois mérite-t-il la reconnaissance de Genève? En rien! Seule la manie qu’a la gauche à s’auto-glorifier, à infliger au bon peuple ses héros, à livrer sa version de l’histoire, explique ce geste. Le tout aux frais des contribuables, bien entendu.

    La Suisse s’est penchée à plusieurs reprises sur ces volontaires engagés dans les rangs des républicains lors de la Guerre Civile espagnole. A cette époque, la justice militaire suisse condamnait ces activistes à la prison pour affaiblissement des forces défensives du pays. Insupportable pour la gauche. Comment accepter qu’une personne au service du communisme soit condamnée à l’opprobre? La conseillère fédérale Ruth Dreifuss, dans une allocution officielle, avait qualifié la lutte des combattants suisses en Espagne contre la dictature fasciste de courageuse, de nécessaire au maintien de la démocratie dans la République espagnole, puis avait conclu à la pleine réhabilitation politique et morale de ces volontaires.

    Elle interviendra en 2008 grâce à une initiative parlementaire déposée par des élus. C’est l’occasion de mettre en valeur les idéaux révolutionnaires qui provoquent tant de nostalgie sur les bancs socialistes. Le rapporteur de la commission des affaires juridiques, Carlo Sommaruga, loue l’idéal démocratique (tel que défendu par les communistes espagnols) plus important à ses yeux que le respect des lois : «Cette proposition de réhabilitation ne vise aucunement à remettre en cause l’article 94 du Code pénal militaire qui interdit de s’engager dans une armée étrangère. Son seul objectif est de faire comprendre que, compte tenu de la place qu’occupe la démocratie dans l’échelle des valeurs de la Suisse, compte tenu aussi de ce que l’histoire nous a appris depuis, le combat pour l’idéal démocratique doit primer sur l’application aveugle de la loi.».

    Le Parlement, sauf l’UDC, accepte ce projet de loi. Les brigadistes suisses de la guerre d’Espagne sont réhabilités.

    Dans un article paru dans Le Courrier (14 avril 2009), M. Morenzoni déplore qu’ainsi «nous évitons de l'examiner. Il faut que notre jeunesse connaisse la politique menée par le Conseil fédéral de l'époque.». Les brigadistes suisses ont été tour à tour emprisonnés pour leur engagement au service d’une armée (ou d’une cause) étrangère puis réhabilités. Il faut encore revisiter l’histoire de manière à satisfaire la gauche helvétique. Et leur accorder une médaille.

    «Genève reconnaissante» suffira. Après les généreux donateurs, les fonctionnaires méritants et les artistes, l’exécutif de la Ville de Genève nous propose un brigadiste international. Il y aura d’autres occasions de célébrer l’un de leurs: défenseurs des demandeurs d’asile déboutés, squatters, clandestins, etc. Et pourquoi pas le prisonnier de Guantanamo arrivé récemment à Genève? Ne font-ils pas tous passer l’idéal démocratique avant l’application bornée des lois?

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  • Pour 2010, l’UDC veut moitié moins de demandeurs d’asile

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    Difficile pour la population de le comprendre. Et plus encore plus difficile à l’exécutif pour l’expliquer.

    Alors qu’il est impossible de trouver un appartement à Genève et que des milliers de résidents doivent s’expatrier, voilà que l’Hospice Général nous annonce qu’il est urgent de bâtir 600 nouveaux pour accueillir de nouveaux requérants d’asile.

    Alors que le gouvernement a peiné durant quatre ans pour construire 6’000 logements sur les 8’000 promis, voilà que Berne nous attribue des contingents exorbitants de nouveaux demandeurs d’asile.

    Difficile à expliquer, vous dis-je.

    Durant cette législature, la crise du logement est une priorité pour le Conseil d’Etat. Ne l’a-t-il pas clairement affirmé dans son discours de Saint-Pierre ? Comment les requérants d’asile pourraient-ils passer devant les Genevois ?

    Or, on connaît la capacité du gouvernement à défendre ses résidents. Autant prendre les devants. C’est ce que s’est dit le groupe parlementaire UDC qui a déposé ce jour une résolution « invitant le Conseil d’Etat à demander au Conseil fédéral de réduire de moitié le quota de réfugiés attribués à Genève ».

    Si le Grand Conseil accepte cette résolution, le Conseil d'Etat aura 6 mois pour y donner suite.

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