Politique - Page 5

  • Otages en Libye : Les musulmans de Suisse sortent du bois

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    En Suisse, les leaders musulmans sont dans les starting block. Un article paru dans Le Courrier du 7 septembre nous apprend la création prochaine d’un comité des sages constitué de personnalités issues de l’islam. Elle est dans l’air, pour reprendre la formule des deux rédacteurs de l’article. Le projet est même à l’ordre du jour précise l’inévitable Hafid Ouardiri.

    Quel ordre du jour ? On n’en saura pas plus. Mais quelques lignes plus loin, l’article nous apprend que l’on évoque un «Haut Conseil des musulmans». Et de rappeler que la libération de Florence Aubenas a été obtenue au moins en partie à la faveur de l’intervention d’une délégation de Français musulmans. Sans le citer, référence est faite au Conseil français du culte musulman. Son rôle dans la libération de l’otage française reste à prouver. Mais qu’importe. L’affaire des otages suisses détenus en Libye semble être le bon moment pour faire avancer le projet d’un comité des sages. Plusieurs personnalités musulmanes sont d'ores et déjà pressenties pour en faire partie, telles Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherches sur le monde arabe et Mahamed Sahnoun, ancien diplomate algérien. Le réseau musulman de Suisse semble acquis et bien préparé à ce projet.

    Ce Conseil suisse du culte musulman est-il réclamé par les autorités suisses ? Il semble que non. Va-t-il jouer un rôle autre que diplomatique en Suisse ? Il semble que oui. Il sera chargé d’apporter, selon l’article de presse, un soutien aux autorités suisses pour régler des problèmes «que se soit au niveau local, national ou international». Annoncé pour faciliter les relations entre la Suisse et les pays musulmans, le futur comité des sages est prêt à s’investir bien au-delà de la détention de nos deux compatriotes en Libye. Il ne le dit pas ouvertement. Mais on le comprend à la lecture de l’article signé par Mohammad Farrokh et Sid Ahmed Hammouche.

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  • La LEPA inquiète les socialistes : voilà qui est rassurant !

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    A bout touchant. D’ici la fin de ce mois, la loi sur les établissements pour personnes âgées (LEPA) sera sans doute adoptée par les députés siégeant à la commission des affaires sociales. Ce sera la conclusion de longs travaux, de nombreuses auditions, d’âpres discussions et finalement d’un texte retravaillé par les services du chef du DSE en tenant compte des remarques des commissaires. François Longchamp a bien joué le coup. A part le MCG qui a tenté vainement de bloquer les travaux de la commission, seuls les socialistes ont manifesté une hostilité constante, quelque soit les modifications proposées.

    La conférence de presse des socialistes n’est donc pas surprenante si ce n’était que les questions qu’ils soulèvent ont reçu maintes fois réponses. Leurs préoccupations ne sont finalement que celles de garder la main sur ce dossier comme sur celui de la défense des employés du secteur des soins. En quelque sorte, les angoisses des socialistes nous rassurent : la LEPA est un bon outil qui permettra à l’Etat de gérer le secteur important des EMS. Pour mémoire, rappelons qu’en 2007, l'Etat a versé 205 millions aux EMS, dont 121,7 via les prestations complémentaires, le reste la subvention de fonctionnement. En 2010, l'Etat ouvrira 231 nouvelles places en EMS.

    Les trois fantasmes socialistes
    Quelle est place de la personne âgée dans la société ? Selon les socialistes, la LEPA n’est qu’une loi de gestion (ce qu’elle est !) et ne donne pas la définition d’une véritable politique des personnes âgée. Cette question n'a rien à faire dans une loi sur les EMS. La place de la personne âgée est précisément dans la société, dans sa famille, parmi ses proches. C'est d'ailleurs l'avis du peuple genevois qui a voté en juin 1992 la loi sur l'aide et les soins à domicile - la dernière hausse d'impôt que le peuple ait accepté, 1 centime additionnel - pour permettre aux personnes âgées de rester aussi longtemps que possible dans leur cadre de vie habituel. Ce n’est pas la seule loi qui se préoccupe de la place de la personne âgée dans le concept EMS. La loi sur la santé se penche, article 24, sur la "promotion de la dignité en fin de vie" et définit, article 100, les différents établissements de soins soumis à des obligations légales strictes. Enfin, la loi sur le réseau de soins et le maintien à domicile (qui remplace la loi de 1992), votée le 26 juin 2008, définit clairement le but du réseau de soins (retour à domicile) et le rôle des EMS.

    Autre fantasme des socialistes, la LEPA ne clarifie pas les prestations minimales à offrir. On trouve la réponse à cette inquiétude dans la LEPA qui précise les sources de financement des EMS (article 19). Les revenus de l'établissement, dans le cadre de l'autorisation d'exploitation, sont notamment le prix de pension facturé aux résidants, le forfait versé par les assureurs maladie, la subvention cantonale. Quant aux prestations fournies aux résidants, elles sont comprises dans l'article 15 qui est le texte même de l'IN 125.

    Enfin, les socialistes veulent maintenir mordicus la FEGEMS dans la loi. L'obligation de s'affilier à une organisation faîtière plutôt qu'à une autre viole la liberté d'association, voilà pourquoi elle est supprimée de la loi. Mais rien n'empêche les EMS de rester sous l'égide de la FEGEMS, ce qui est d'ailleurs souhaitable pour simplifier les choses.

    L’UDC soutiendra donc ce projet. Plusieurs articles l’ont interpellée et la réponse qu’a donné le texte révisé les a convaincu de l’accepter. Ces articles longuement discutés par les députés udécéistes me donneront l’occasion d’un nouveau blog. Le moment venu.

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  • Votations du 27 septembre : rien ne sera résolu à coup de milliards !

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    Lors de son passage à Infrarouge, Pascal Couchepin n’a pas résisté au plaisir de citer les montants de base des rentes d’invalidité. Ils se situent entre 1’140F et 2’280F pour une rente complète. Sa remarque n’était pas sans faire comprendre qu’il n’y avait là pas matière à susciter carrière…

    Mais ces chiffres ne veulent pas dire grand chose. Ainsi à Genève, comment vivre avec cette seule rente ? Il faut donc évoquer les prestations complémentaires pour avoir une idée plus précise sur l’offre genevoise en la matière. Je vous invite à découvrir les barèmes genevois (2006!) ci-dessous et vous laisse le soin de les comparer avec vos revenus. Et, accessoirement, de comprendre pourquoi, depuis 1990, le nombre de rentiers AI a augmenté de 130'000 bénéficiaires pour atteindre près de 300’000 aujourd'hui. Les sommes en jeu sont suffisamment confortables pour faire réfléchir plus d’un travailleur qui a mal au dos ou que le réveil déprime chaque matin. Malgré les dernières révisions de l’assurance, il y a encore trop de personnes qui espèrent profiter du système. A noter que de tous les régimes sociaux (assistance publique, RMCAS, AVS, etc.) les barèmes concernant l’AI sont les plus élevés.

    Lorsque de tels revenus sont en jeu (8'249F pour un couple d’invalides en charge de 2 enfants), il convient d’être infiniment plus rigoureux dans l’attribution de cette assurance. Même si, à entendre le Conseiller fédéral démissionnaire, nous courrons le risque de troubles sociaux en cas d’une trop grande sévérité dans l’attribution de ces rentes (!).

    La solution que l’on nous propose le 27 septembre n’en est pas une: refusez là, sans état d’âme!

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  • Yves Nidegger vous salue bien !

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    Lorsque l’affaire du fils Kadhafi éclate en juillet 2008, Yves Nidegger est le seul politicien à voir plus loin que le bout de son nez. Il critique vertement l’arrestation puis l’emprisonnement d’Hannibal Kadhafi, une action qu’il juge disproportionnée et très maladroite. Et de rappeler les liens économiques – donc humains – qui lient ces deux pays.

    Dans le landerneau genevois, c’est la secousse. Il est aussitôt accusé de mépriser notre justice, les libéro-radicaux n’étant pas les derniers à attaquer notre Conseiller national. Damne, la plupart des acteurs impliqués dans ce dossier estival est issu des rangs libéro-radicaux (PG et juge d’instruction), socialistes (Conseiller d’Etat chargé de la police et de la justice) et même démocrate-chrétiens (Anne-Marie Von Arx-Vernon a su parfaitement médiatiser sa défense des deux domestiques molestés).

    Une année plus tard, l’élu UDC est à nouveau sous les feux de l’actualité. Ces positions sont les mêmes mais les douze mois passés lui donnent raison. Deux otages sont détenus en Libye, de nombreuses entreprises suisses ont perdu des fortunes et les relations avec ce pays sont si tendues que Swiss n’ose toujours pas rétablir ses vols vers Tripoli. Un Conseiller fédéral a du présenter des excuses nationales sans pour autant être assuré du retour de nos otages en Suisse. Le Conseil d’Etat, et avec lui de nombreux parlementaires, ont joué aux cowboys dans la Genève internationale qu’ils aiment tant. Alors qu’ils transpirent à la seule idée que l’agrandissement de l’OMC puisse être refusé, ils se montrent incapables de faire la différence entre diplomatie et coup politique. Ils ont montré leur incapacité à penser Suisse avant de penser Genève. Ils se sont montrés aussi hargneux contre le fils Kadhafi qu’ils se montrent laxistes pour combattre toute la crapulerie qui se plaît dans notre canton.

    Voilà les piètres résultats de nos autorités cantonales.

    Yves Nidegger doit aller au Conseil d’Etat. Et la liste UDC N°9 doit l’y mener !

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  • La sécurité : - J’ai fait mon boulot…

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    Ces derniers temps, certains lecteurs de blogs (les courageux !) font part d'une certaine lassitude devant les nombreuses interventions dans lesquelles il est question de sécurité.

    - C’est pas faux, aurait dit Karadoc…

    Mais au début d’une campagne électorale, comment de pas parler de ce sujet ? Je vais tenter de le faire différemment. Voilà donc, observé par l’autre bout de la lorgnette, un petit bilan parlementaire de la sécurité à Genève. Pour mémoire, en moins d’une année, la droite a déposé sur le bureau du Grand Conseil plus d’une vingtaine de textes. Les députés ont fait leur boulot. Ou plus exactement une partie de leur boulot. Parce qu’une fois ces textes déposés, ils somnolent en commission ou attendent sur l’ordre du jour, toujours d’un bleu azuré.

    Ainsi en est-il de ces textes dont les auteurs ne se soucient plus guère de l’urgence de la question.

    - J’ai fait mon boulot…

    Seul, peut-être, un poète pourrait décrire ce moment de grande solitude qu'éprouve le député, un samedi matin, devant les 179 points inscrits à l’ordre du jour, toujours d’un bleu azuré.

    Le député, ingénuement, se demande :

    - Mais où est donc passée ma motion…

    Et, stupéfait, il se donne réponse :

    - Bin ça alors, au point 123, ce sera pour 2010…

    Malin comme pas deux, un député a fini par trouver la solution. Il demande crânement l’urgence sur un point… urgent. Après quelques mois d’urgences, il y a deux ordres du jour. L’un, toujours d’un bleu azuré et l’autre. Qui devient gris comme un jour de pluie. Qui se discute entre initiés lors de la première séance, entre 17h et 17h30. Très vite, sans reprendre son souffle. Le président, presqu’honteux, procède lui aussi rapidement au vote. Tellement vite que la moitié du Parlement ne sait pas quoi voter. Les députés, soudainement inquiets, tournent la tête à droite, toujours à droite, c'est l'expérience qui parle, pour voir ce que vote leur voisin. Ils voient. Ils votent. Ouf. Il n’y a que les socialistes qui font la grimace. A leur droite, il n’y a plus personne.

    - F’est quoi c’te chenit, dit Alberto en peu agacé...

    Et voilà que tout l’ordre du jour, d’un bleu azuré est chamboulé au point qu’il en devient tout gris. Et les députés aussi font évidemment grise mine.

    Le président, caché derrière son noeud-pap et un brin paternaliste, ouvre la séance.

    - Mes enfants, nous commençons par l’urgence M143'885'838-G, au point 379 de notre ordre du jour…

    C'est la panique! Dans un gigantesque bruit de feuilles froisées, d'anneaux de classeurs que s'ouvrent, qui se ferment, qui pincent les doigts, et son voisin de 100 kg qui empêche tous mouvement sur la tablette CFF qui sert de table aux députés, de rapports gros comme Le Savoir qui vous tombent sur les pieds et les élastiques qui jaillissent dans la stratosphère du Parlement, la séance démarre.

    Mais alors, et la sécurité ? Même pas. Le Parlement a ses urgences comme d’autres ont leurs pauvres à aider. Et pas ceux des autres.

    - Et la sécurité ?
    - J’ai déjà donné, j’ai fait mon boulot !

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