A travers les travées - Page 5

  • Tempête dans une coupe de champagne

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    Qui est surpris d’apprendre que le groupe parlementaire PLR ait finalement accepté de soutenir la signature de l’Accord cadre, ce piège mortel pour notre souveraineté ? Y a-t-il véritablement doute quant à l’inclination pro Union européenne quasi-naturelle de ce parti si proche des associations patronales ? Bien évidemment, non ! Le groupe, tout comme le parti bourgeois*, sont d’ardents défenseurs de la libre-circulation et soutiendront bien évidemment l’une des principales étapes sur le chemin de l’adhésion à l’UE qu’est la signature de l’Accord cadre. Une fois intégré  institutionnellement à l’appareil de l’UE, le chemin à emprunter avant d’être membre à temps complet de l’UE ne sera plus qu’une ballade de santé pour l’establishment suisse.

    Sauf surprise… Le récent passage sur le plateau de Pascal Decaillet de Darius Azarpey, jeune PLR, démontre que la route n’est peut-être pas si plate, pas si droite, pas si lisse que cela pour le parti bourgeois. La course bruxelloise ne se fera sans doute pas sans passer plusieurs fois par les stands. Interrogé sur la libre circulation, que Marie-Agnès Bertinat venait de dénoncer comme principale responsable d’un chômage des jeunes genevois deux fois plus important à Genève que dans le reste de la Suisse, il a ouvert les coulisses du PLR. D’une part en relevant que les critiques émises contre la libre circulation par Benoît Genecand n’ont pas déchaîné la colère attendue des barons du PLR mais aussi qu’ils seraient quelques uns à y songer. Que représente cette fronde ? Difficile de le savoir. Auront-ils le courage de lancer ce débat aujourd’hui confisqué par les associations patronales ? Difficile d’y répondre.

    Mais une chose est sûre : débat il y aura, grâce à l’UDC et à son initiative contre la libre circulation. Si l'initiative était acceptée par le peuple, les autorités auraient un an pour négocier la fin de l'accord sur la libre circulation avec Bruxelles. Si aucune solution n’était trouvée, le Conseil fédéral devrait le dénoncer dans le mois qui suit. Déposée l’été passé, elle attend d’être traitée par les Chambres, votations fédérales oblige. Mais les Suisse n’ont attendu le calendrier parlementaire pour faire savoir que le rapprochement avec l’UE (l’Accord cadre) figurait parmi les thèmes qui les préoccupaient (voir sondage SSR récemment paru). Selon ce même sondage, l’UDC ne progresserait pas. Mais elle laisse loin derrière elle les autres partis dont le point commun est justement la volonté plus ou moins avouée de signer l’Accord cadre.


    *Les délégués du PLR se sont focalisés, fin juin 2018, sur les relations Suisse-UE. Ils ont adopté une résolution soutenant la libre circulation et un papier de position pour une politique européenne forte.

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  • Julian Assange : la Suisse peut mieux faire

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    C’est d’abord le cri d’alarme d’une maman, Christine, dont le fils, Julian Assange, s’abîme dans l‘enfer d’une pièce de quelques mètres carrés, dépourvue de lumière, reclus dans l’ambassade de l’Equateur, à Londres. Depuis 2012, ce dernier n’ose pas quitter cette «prison moderne» pour prisonniers politiques. Les Britanniques l’attendent jour et nuit, dans le couloir, pour le remettre aux Américains qui lui vouent une haine sans pitié, qu’ils soient républicains ou démocrates, allant jusqu’à souhaiter qu’il soit abattu. Ce cri, je l'ai entendu. Il me force à sortir de ma réserve.

    C'est ensuite Julian Assange lui-même, ce lanceur d’alerte. Il a publié des masses d’informations à caractère officiel sur son site mondialement connu, WikiLeaks («leaks» signifie «fuites» en anglais). On pense notamment aux courriels envoyés et reçus sur le serveur personnel d’Hilary Clinton lorsqu'elle était Secrétaire d'État. A la grande fureur des gouvernements américains, de quelque couleur politique que ce soit. Donald Trump a déclaré que son arrestation était une priorité, souhaitant avec sa délicatesse habituelle « qu’il soit exécuté ». Les pressions sont terribles soit sur les Britanniques, soit sur les Équatoriens. Et même sur les autorités suisses, l’affaire Postfinance restant en travers de la gorge de nombreux Suisses qui ont bien compris la soumission de nos élus à la vindicte américaine.

    Que l’on soit pour ou contre, que l’on considère Julian Assange comme un héros ou un traître voire un espion, il est pour moi évident qu’il est un fervent défenseur des droits de l’homme telle que la Suisse le conçoit. Et puis il y a aussi la Ville de Genève qui s’est déclarée « capitale de la paix et des droits humains » et qui a reçu récemment Mme Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. D'où ma demande déposée sur le bureau du Conseil municipal.

    Sans parler de la notion d’Etat de droit, largement bafouée par les USA dans cette affaire. Voici quelques jours, une juge américaine a refusé de dévoiler les chefs d'accusation retenus contre le fondateur de WikiLeaks qui a publié en 2010 de nombreux documents confidentiels américains concernant des crimes de guerre, de nombreux coups d’Etat et autres intrigues.

    Le conseiller national UDC Jean-Luc Addor a demandé au Conseil fédéral que l’on accorde le droit d’asile à Julian Assange (Interpellation 16.4161 du 17 mars 2017). La réponse de nos autorités peut se résumer en une phrase : Julian Assange n’est pas le bienvenu en Suisse.

    Nous prenons acte de l’embarras du Conseil fédéral. Mais il lui reste la possibilité de proposer ses bons offices et entreprendre toutes les démarches nécessaires à la sauvegarde de la vie et de l’intégrité corporelle de M. Julian Assange. C’est ce que demande ma résolution que je dépose aujourd'hui.

    Pour sauver l’honneur de ces zélateurs des droits de l’homme.

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  • Affaire Maudet, ça sent le burnout politique

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    On reste étourdi, presqu'assomé, devant la tournure que prend au fil des mois l'affaire Maudet. Une chose est sûr, les citoyens sont captifs des caprices du magistrat PLR dont il n'est pas inutile de rappeler que son parti, même divisé, lui accorde sa confiance. Sept Conseillers d'Etat sont en charge de la bonne marche de la République. L'un d'eux est inculpé, et pas le moindre puisqu'il dirige le département de la sécurité qui regroupe entre autre la police et l’Office de la détention qui travaillent directement avec le Procureur général chargé d'instruire son dossier.

    Une réorganisation peu sérieuse est envisagée l'automne passé. L'on voudrait nous faire croire qu'à six magistrats, tout va bien se passer. C'est une bonne blague que ce discours officiel. Il suffit de parler avec l'un ou l'autre magistrat pour l'entendre avouer qu'il est en réalité surchargé et accaparé par les retombées inévitables de l'affaire Maudet, une véritable affaire d'Etat. Qui donc aura le courage de crever l’abcès ? On espérait que cela aurait pu venir de son propre parti. Peine perdue. Des autorités genevoises elle-même ? Elles semblent tétanisées par leur collègue. Par les autorités fédérales qui susurrent aux oreilles des journalistes ? Pas plus.

    C'est finalement le Procureur général qui bouscule l'inertie de notre gouvernement en mettant les points sur les "i". Il faut le remercier. La réorganisation du Conseil d'Etat n'est pas pertinente et l’embarrasse au quotidien dans ses relations avec l'exécutif. Son travail s'en trouve compliqué. Le débat sur la séparation des pouvoirs n'est pas de mise à ce niveau et Olivier Jornot a parfaitement raison de se prononcer sur les performances de l'exécutif. Une nouvelle organisation sera donc décidée. Pierre Maudet sera t'il mis totalement sur la touche? Va t'il falloir que les citoyens prennent eux-même en main cette sale affaire, ce que les élus ne peuvent assurer : la bonne marche de nos institutions? Des gilets jaunes et rouge devront-ils manifester devant l'Hôtel de Ville pour dire leur soutien et leur attachement aux Institutions, si malmenées par un seul homme et des élus si peu concernés ?

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  • Plus de voies autoroutières : une perpétuelle course-poursuite

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    L’extension de notre réseau routier, à l’horizon 2030, et plus particulièrement la volonté exprimée en début d’année par Simonetta Sommaruga d’élargir les autoroutes à 6 voies, m’inspire diverses réflexions. J’en ai fait part quelques uns dans mon précédent blog (6 janvier 2019).

    Restons sur l’autoroute Genève-Lausanne, inaugurée pour l’Expo nationale de 1964 et inchangée depuis lors. Voilà plusieurs dizaines d’années qu’elle est saturée. Sans parler des nombreux chantiers qui perturbent bien évidemment le trafic sur cet axe important.

    Pourquoi 6 voies ? Madame la Conseillère fédérale reprend les propositions faites dans le message sur le développement des routes nationales, paru en septembre dernier. Pourtant, je ne peux m’empêcher de m’interroger : les propositions énumérées dans ce message sont-elles faites pour répondre à la situation actuelle ou est-ce en prévision d’un trafic prévu pour 2030 et qui sera de plus en plus conséquent, rançon de la très forte immigration subie et aussi prévue pour ces prochaines années ?

    Pour celles et ceux qui roulent fréquemment sur cette autoroute d’un autre âge, voici de nombreuses années qu’ils attendent ces fameuses 6 pistes. Alors si l’on parle du futur, n’est-ce pas d‘infrastructures routières de 8 voies que nous devrions prévoir ? 6 voies, c’était pour hier, pas pour demain !

    Les mêmes réflexions m’animent pour l’extension de la gare Cornavin. Il s’agit d’un projet qui ne va tarder à démarrer et qui prévoit de construire un nouveau quai sous-terrain avec deux voies ferrées supplémentaires. Le réseau ferroviaire entre Cointrin, Cornavin et Lausanne est aujourd’hui saturé. Est-ce que ces deux nouvelles voies seront suffisantes pour absorber un trafic avec des trains plus nombreux, des horaires cadencés et allongés et une utilisation optimum des infrastructures existantes ? Pourquoi ne pas avoir songé de suite à la construction de deux quais, afin de recevoir 4 nouvelles voies ? 2 voies supplémentaires, c’était pour hier, pas pour demain !

    Le Conseil fédéral et ses deux Chambres nous infligent un accroissement rapide de la population que nous impose la libre-circulation. Pourtant nos élus manquent singulièrement d’ambition pour adapter nos infrastructures (quelles qu’elles soient) à une demande en constante augmentation qu’ils privilégient pourtant. Réflexion faite, nous investissons des sommes énormes pour ne rattraper finalement que notre retard.

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  • Plus de voies autoroutières : un remède sans la guérison ?

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    La «NZZ am Sonntag» évoque le dernier message du Conseil fédéral adressé au Parlement en matière de mobilité. Après ses préoccupations écologiques, citons entre autres sa Stratégie énergétique 2050 (votée en 2017) ou encore l'arrêté fédéral sur les voies cyclables et les chemins et sentiers pédestres (voté l’an dernier), notre gouvernement semble enfin de soucier de la grande majorité de ses concitoyens qui utilisent leurs automobiles pour se déplacer soit à titre privé, soit à titre professionnel. Et surtout, il prend acte de la croissance importante de notre population et donc des automobiles qu’elle possède, suite à sa politique libre-échangiste.

    Malgré les cris hystériques des Verts qui défendent à la fois une immigration sans restriction (sauf celle de posséder un véhicule à moteur) et des mesures pour préserver les ressources de notre pays, ces Messieurs-Dames de Berne prennent enfin la mesure de la surdensification qu’ils nous imposent et ses conséquences catastrophiques pour la qualité de la vie et la nature en Suisse. Parmi celles-ci, évidemment, la Suisse connait un fort accroissement de son parc moteur. En 2017, selon les statistiques fédérales, 6,1 millions de véhicules routiers à moteur étaient immatriculés en Suisse. Ces chiffres ont globalement progressé de 32% par rapport à l'an 2000.

    Et ce, malgré d’autres statistiques avancées par la gauche démontrant qu’en pourcentage, de plus en plus de personnes abandonnent leurs voitures. Il faut dire qu’il faut avoir les moyens de se la payer et, qui plus est à Genève, de trouver un endroit pour la parquer. Sans torpiller son budget familiale.

    Dans leur vision d’autoroutes « à l’américaine » qui ne manquera de défigurer certaines parties de notre pays, le Conseil fédéral compléte ainsi l’arsenal des transports publics ferroviaires plus qu’engorgés. La Suisse ressemblera donc de plus en plus à ses grands voisins, avec ses larges rubans d’asphaltes sinuant à travers notre paysage alpestre ou encerclant nos cités.

    Mais ne boudons pas notre plaisir! Pour une fois, Genève n’est pas oubliée et il y a urgence de désenclaver notre petit canton pour lui offrir une vraie autoroute la rattachant à la Suise. Reste qu’en continuant sa politique libre-échangiste, dans quelques années, six voies autoroutières seront peut-être suffisantes. Il faudra alors reprendre la proposition de l’UDC : les quotas, seuls solutions pour maîtriser sérieusement le surdéveloppement de notre petit pays.

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